Un drame social à venir / Les “incasables”, ça n’existe pas / Il faut des hébergements d’urgence pour les enfants

Pauvreté : le Secours catholique annonce un « drame social » à venir

Le Secours catholique-Caritas a publié son rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France. Le constat est alarmant, et va le devenir de plus en plus eu égard à l’inflation qui place les personnes déjà en situation de pauvreté dans une situation insoutenable. C’est, comme l’écrit le Secours catholique, la « chronique d’un drame social annoncé ».

Véronique Devise, présidente du secours catholique explique dans son édito que pour les personnes les plus vulnérables, chaque crise est une épreuve. Et chaque épreuve révèle l’essentiel de nos vies, comme l’état de notre société. C’est d’abord l’équilibre budgétaire qui est mis à l’épreuve.. Pour saisir la tension extrême dans laquelle se retrouvent les ménages rencontrés par l’association, il ne suffit pas de constater la faiblesse de leurs ressources (niveau de vie médian de 548 € en 2021). Il faut en mesurer la variabilité qui, notamment en période de crise, fait basculer des ménages moins précaires dans la pauvreté. Il faut surtout la conjuguer à l’importance des dépenses pré-engagées (loyer, chauffage, téléphone…) qui pèsent 60 % de leur budget (contre 30 % dans la population générale). Cette vidéo intitulée 3 minutes pour comprendre notre « État de la pauvreté en France » vous en dit un peu plus :

« Les situations de grande pauvreté perdurent et mettent à mal notre devise républicaine » rappelle la présidente du Secours Catholique. Elles constituent une restriction de liberté, quand le reste à vivre ne permet pas même de manger et de se chauffer, et surtout de se projeter dans l’avenir. Elles dénient l’égalité fondamentale entre êtres humains, censée se traduire en droits mais aussi en faits, en tenant l’engagement inscrit dans notre Constitution d’offrir à chacun « des conditions convenables d’existence ». Elles rendent difficile la fraternité, qui ne saurait se fonder sur de telles injustices ». On ne saurait dire mieux. (lire l’article de Maire-info) (lire le rapport du Secours Catholique intitulé « à l’épreuve des crises » )

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Les défis de Mohamed L’Houssni, précurseur de la protection de l’enfance

Ne manquez pas ce bel article du Monde qui nous présente Mohamed L’Houssni, surnommé MHL, éducateur spécialisé de Haute-Savoie. Ses méthodes – écoute des jeunes, mobilisation des bonnes volontés et des solutions sur mesure – ont contribué à faire évoluer la loi sur la protection de l’enfance, nous dit la journaliste

Âgé aujourd’hui de 58 ans, ce directeur de l’association d’aide à l’enfance Retis, a une certitude chevillée au cœur : Les “incasables”, ça n’existe pas, Il n’y a que des jeunes difficiles à aider, dit-il. Les mineurs à la dérive, c’est son métier, sa passion, sa vie. Il s’acharne à proposer aux jeunes en difficulté autre chose qu’un placement en foyer ou en famille d’accueil, synonyme d’arrachement affectif. Pourquoi pas chez des « tiers dignes de confiance », par exemple, ces proches, ces grands-parents, parrains-marraines ou même voisins-voisines, prêts à offrir leur foyer et leur soutien à un garçon ou à une fille en rupture de ban ? Cette possibilité figure noir sur blanc dans les textes depuis 1958, mais les juges pour enfants l’ont longtemps boudée, faute d’accompagnement des aidants.

L’article nous en apprend un peu plus sur le parcours de cet éducateur adepte du « réenchantement de la vie ». L’association qu’il dirige  est  financée par le département de Haute-Savoie, chaperonne 400 mineurs entre Annecy, Annemasse et Thonon-les-Bains. Pour eux, « MLH » a importé en France le concept de « conférence des familles », une méthodologie inspirée de la culture maorie de Nouvelle-Zélande : les proches du mineur et les personnes-clés de son entourage se réunissent pour élaborer ensemble un plan d’action, soumis ensuite aux travailleurs sociaux. (lire l’article du Monde)

 


Hébergement d’urgence des enfants : les élus des grandes villes alertent la Première ministre

Johanna Rolland, présidente de France urbaine, accompagnée de quarante maires de grandes villes et présidents d’agglomérations et métropoles ont adressé un courrier à la Première ministre Elisabeth Borne. Il vise à l’alerter, de façon transpartisane, sur la saturation des places d’hébergement dans les villes et l’augmentation du nombre d’enfants à la rue.

Malgré les annonces du Gouvernement, les maires de grandes villes et présidents d’agglomérations et métropoles restent très inquiets face à la situation d’enfants parfois très jeunes. Ils sont pour une part scolarisés dans les écoles, mais leurs familles dorment encore dans la rue ou dans des squats insalubres et dégradés. Les élus constatent des dispositifs d’hébergement d’urgence saturés sur leurs territoires. Malgré le 115, les nuitées hôtelières et les dispositifs d’hébergement proposés par les collectivités et associations de solidarité à leur charge, le sujet reste particulièrement prégnant

Face à cette situation, l’association d’élus de France Urbaine demande 3 choses il faut :

  1. Clarifier les compétences respectives de l’Etat et des collectivités sur la question de l’hébergement d’urgence : Faute de réponses adaptées, il revient souvent dans l’urgence et l’improvisation aux collectivités et associations de se substituer à l’État, en mettant à disposition des gymnases ou des lieux dédiés à l’accueil des publics. La régulation approximative des flux migratoires à l’échelle européenne fait peser de lourdes charges aux budgets des collectivités, rarement remboursées par l’État.
  2. Favoriser l’accès à l’emploi des réfugiés et demandeurs d’asile. Il faut pour cela proposer une offre de formations linguistiques de qualité et structurée à l’échelle des territoires : dix-huit mois à deux ans, c’est le délai moyen de traitement des demandes d’asile aujourd’hui en France.
  3. Faire vivre « l’Alliance des territoires » en matière d’accueil des réfugiés : la répartition équilibrée des réfugiés et migrants à l’échelle du territoire est indispensable face au manque de vision prospective de l’Etat. Les grandes villes, agglomérations et métropoles ne peuvent faire face seules aux phénomènes migratoires à répétition que les crises géopolitiques et climatiques risquent d’entraîner dans les prochaines années.

 

(Lire l’article de France Urbaine)

 


Lire aussi sur l’enfance.. (car c’était hier la journée internationale des droits de l’enfant pour le 33e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant. )

 

et aussi

 

La phrase du jour. Laurent Puech : « Je rêve d’un lieu d’accueil sans danger pour les parents » .

 

 

 

Photo MATHIEU GENON / SCCF extraite du rapport annuel du Secours Catholique

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