Connaissez-vous les 3 formes de pauvreté et les 2 modèles d’exclusion qui mobilisent tant les travailleurs sociaux ?

Les travailleurs sociaux connaissent bien les différentes formes de pauvreté qui existent en France. Les sociologues et les économistes spécialistes des inégalités et des ruptures sociales (1) confirment aux-aussi que la pauvreté en France se répartit en plusieurs catégories avec la pauvreté intégrée, la pauvreté marginale, et la pauvreté de disqualification ou plutôt de déclassement. Nous sommes aussi confrontés à des processus d’exclusions de territoires pour des personnes dont personne ne veut. Elles sont de fait « condamnées » à errer d’un endroit à un autre. Ce sont elles aujourd’hui qui sont en quelque sorte  les nouveaux  « damnés de la terre » . Allons voir de plus près de quoi il s’agit.. Lire la suite

Vive la « Polyvalence de secteur » ! Un mode d’intervention au cœur de l’action des assistant(e)s de service social.

Même si le terme peut paraître désuet pour les « entrepreneurs sociaux » et adeptes du management, la polyvalence de secteur reste une mission de service public  portée par du sens et des valeurs. Il y a quelque années j’avais mis en place et recueilli avec une collègue des questionnaires et des réactions des professionnelles issues de la polyvalence de secteur (terme aujourd’hui de moins en moins utilisé dans les Conseils Départementaux). Ces collègues laissaient apparaître leur fort attachement à cette façon de travailler. Ce terme, un peu ancien, correspond à une des spécialités du service social. Certains assistants sociaux rappellent qu’ils ont à l’origine postulé dans les Conseils Départementaux justement parce que ce mode d’intervention correspond à leur attente et à leur choix professionnel. C’est encore le cas aujourd’hui. Certaines jeunes diplômées visent spécifiquement ce travail. En voici les raisons… Lire la suite

Vieux et chez soi : un manifeste pour le grand âge… Réconcilier la France… La chasse aux bénéficiaires du RSA bat son plein..

  • Vieux et chez soi : Un manifeste lance le débat sur la question du très grand âge et le sort des personnes placées dans des établissements où elles ne se voient plus d’avenir. «Nous publions ce manifeste pour une vieillesse libre et assumée jusqu’au bout de la vie. Parce que nous ne sommes pas satisfaits de la façon dont notre société organise aujourd’hui l’accompagnement jusqu’au bout de la vieillesse. Parce que les « vieux », qui n’ont plus ni la voix ni la force de décider pour eux-mêmes, se voient alors trop souvent imposer des conditions de vie contraires à ce qu’ils auraient souhaité, comme de devoir être assistés pour tous les actes de la vie, ou de finir en institution. Nous sommes résolument pour que chacun choisisse jusqu’au bout les risques qu’il veut assumer, comme les désirs et plaisirs qu’il souhaite encore, en toute responsabilité, s’autoriser. Parce que nous ne voulons pas subir demain ce même sort »…
  • Réconcilier la France : Yves Faucoup nous propose un article intéressant sur son blog « Médiapart ». Le Conseil économique social et environnemental vient en effet de publier son rapport annuel sur l’état du pays.  Il met particulièrement l’accent sur les inégalités. Yves Faucoup l’a lu pour vous. il nous précise que « Le taux de pauvreté dite « en conditions de vie » (répondant au moins à 3 critères négatifs sur 9 : arriérés de loyer, ne pas pouvoir se chauffer, ne pas posséder un lave-linge, ne pas pouvoir consommer une source de protéines au moins tous les deux jours, etc…) se situe à 11,1 %, avec de fortes variantes puisque pour les familles monoparentales ce taux atteint 30,4 % (c’est-à-dire que près d’un tiers des familles mono-parentales est en situation de pauvreté en condition de vie). 4 millions de personnes sont mal logées (rapport 2017 de la Fondation Abbé-Pierre) et 12,1 millions sont en situation « fragilisée » quant au logement. Les inégalités de patrimoine sont plus marquées encore. Si les 10 % les plus riches gagnent 24 % du total des revenus, ils possèdent 47 % du patrimoine total. A l’inverse, les 10 % les plus modestes perçoivent 3,5 % des revenus, et ne possèdent (quasiment) rien.
  • Précarité : La chasse aux bénéficiaires du RSA bat son plein. « Contrôle des comptes bancaires, chantage au bénévolat… certains départements dirigés par la droite organisent un flicage très serré des plus pauvres, sautant sur le moindre prétexte pour réduire ou supprimer leurs maigres allocations. Ailleurs, c’est la mesure prônée un temps par l’actuel ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le contrôle des comptes bancaires des allocataires, qui est choisie. Tout revenu annexe pouvant être retranché du montant des allocations (536,78 euros pour un bénéficiaire célibataire), la moindre économie, le plus petit cadeau, peuvent se retourner contre le bénéficiaire du RSA… »

et aussi 

  • Enquête sur la place et la défense des droits de l’enfant en France : accroître la connaissance des droits de l’enfant permet de mieux les protéger.  « Si l’on s’attache aux résultats de l’enquête, 52% de la population générale a connaissance d’au moins un droit de l’enfant.  Si 16% des personnes interrogées ont été témoin d’atteintes aux droits de l’enfant pendant les cinq dernières années, cette proportion s’élève à 22% parmi les personnes qui citent au moins un droit de l’enfant ../.. Le droit à l’éducation et le droit d’être protégé contre les maltraitances sont les droits les plus rapportés et donc les mieux connus de la population interrogée, respectivement 33% et 23%. Alors que les maltraitances physiques et verbales sont fréquemment observées, elles font peu réagir (53% et 50% de taux de démarches pour faire connaître la situation). Les situations de maltraitance, quand elles surviennent au sein de la famille, peuvent apparaître comme des problèmes « privés » dont la verbalisation peut être alors perçue comme une dénonciation.

 

Photo : PIXABAY

La double peine : Une des conséquences des violences intrafamiliales…

Aux Etats-Unis comme en Europe, Les femmes sont l’écrasante majorité des victimes de violences conjugales.  (85 pour cent  sont des femmes, tandis que 15 pour cent sont des hommes). Selon le Centre for American Progress, plus de 38 millions de femmes ont subi des violences physiques de leur partenaire à un moment donné dans leur vie, et tous les jours trois femmes sont assassinées par leur partenaire actuel ou précédent. Ce phénomène est tellement fréquent que chaque minute 20 personnes sont victimes de violence conjugale.  Une étude canadienne nous révèle que les violences domestiques augmentent de façon importante les risques pour les victimes de développer des troubles psychiatriques tels la dépression et la schizophrénie. Une « double peine » qu’il faut traiter et prendre en considération.

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Quand la détresse arrive au centre médico social…

Madame s’est présentée à l’accueil du bâtiment accompagnée de ses 4 enfants, ( âgés de 15, 9, 7 et 3 ans). Elle a avec elle des bagages. Elle pleure. C’est son fils aîné qui se dirige vers l’accueil en demandant à voir une assistante sociale. Toute la famille est alors dirigée vers le centre médico social (CMS) tout à proximité. Le centre est à coté de la gare. Les arrivants le repèrent vite. C’est aussi là le premier accueil inconditionnel. Il fonctionne depuis que le CMS existe et il n’a pas fallu mettre en place de procédure pour que les plus « perdus » viennent là. Lire la suite

La pauvreté médiatisée par M6 avec « rue des allocs » : faut-il s’attendre au pire ?

M6 diffusera le 17 aout prochain un documentaire « réalité » qui met en scène des allocataires du RSA et de l’AAH. Le concept de cet émission provient d’un programme déjà existant. C’est une adaptation de l’émission Benefits Street, diffusée en Angleterre sur Channel 4 en 2004. Elle avait à l’époque fait scandale car finalement elle stigmatisait les personnes filmées en les faisant passer pour des profiteurs sans morale. Cette médiatisation de la pauvreté n’est pas sans poser un certain nombre de questions. Lire la suite