Suppression des allocations, le retour / Pourquoi les aides sociales sont des droits ? / -25% de morts violentes au sein des couples depuis 2006

Suppression des allocations, le retour

Lien Social nous explique que « la disqualification des parents revient dans le discours de l’exécutif pour résoudre des problèmes de société. Pourtant, ces dispositifs ont été marqués par leur échec ». Cet article fait référence aux expériences passées qui visaient à sanctionner les parents considérés comme défaillants. Joël Plantet nous rappelle que c’est une « vieille, très vieille recette… » ../… « Depuis longtemps, ce présupposé de « parent démissionnaire » est utilisé politiquement. Nées à la fin des années 80, les politiques de responsabilisation parentale, avec ses sanctions et ses stages parentaux, sont fondées sur l’idée simpliste que les supposées défaillances parentales doivent être corrigées…  » Dans son article Joël Plantet fait référence à ce qui s’est passé en 2005, 2006, 2010… Cette  « pénalisation des familles en difficulté » est en fait l’exact contraire de la démarche d’accompagnement.  Il rappelle que ce sont bien des réponses éducatives qu’il convient d’apporter. Il fait enfin référence à la réaction du CNAEMO qui  » refuse « de voir transférer la responsabilité collective des dysfonctionnements sociaux sur la seule responsabilité individuelle des familles ». Encore une histoire de mauvais pauvres conclut-il. ( lire l’article de Lien Social)

Pourquoi les aides sociales dont-elles des droits acquis sans contrepartie ? 

Le journal l’Humanité donne la parole sur ce sujet à Henri Sterdyniak, animateur des Économistes atterrés, Danièle Linhart, sociologue du travail ainsi qu’à Manuel Blanco et Christine Sovrano syndicalistes de la CGT. (Christine Sovrano est aussi membre du Haut Conseil du Travail Social).

  •  Henri Sterdyniak, rappelle qu’il manque en Francee 2,5 millions d’emplois à plein-temps (en soustrayant ceux qui ne sont pas pourvus). Les demandeurs d’emploi n’en sont pas responsables car ce ne sont pas eux qui recrutent. « Les chômeurs dans leur quasi-totalité, beaucoup de bénéficiaires du RSA recherchent un emploi, un emploi convenable, payé selon les normes salariales ». En même temps, de nombreux besoins sociaux sont mal satisfaits ». « La France a besoin de plus de personnels notamment dans les services publics » au contact avec la population. L’économiste rappelle l’article 5 du préambule de la Constitution de 1946, « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi », mais ce doit être un emploi convenable.
  • Danièle Linhart, sociologue du travail nous explique que l’on assiste à « une sorte de diabolisation sourde et grandissante de la population des chômeurs ». « Les enquêtes sociologiques » dit-elle, « mettent en évidence les difficultés des chômeurs (matérielles, sociales et psychologiques). Pourtant, le regard porté sur eux devient de plus en plus méfiant. Nombre de concitoyens manifestent une certaine exaspération à leur égard. L’exemple de ce qui s’est passé en Suisse sur ce sujet n’est guère concluant. La sociologue conclue en posant 2 questions : « le bénévolat ne relève-t-il pas du libre arbitre ? Le droit au travail rémunéré n’est-il pas constitutionnel ? » Elle rappelle elle aussi L’alinéa 5 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 entièrement repris dans la Constitution de 1958
  • Manuel Blanco et Christine Sovrano rappelle d’emblée que « Depuis de la fin du XVIIIe siècle, la question d’un droit à l’assistance a donné lieu à un débat autour d’un pseudo-effet pervers des aides sociales qui donnerait naissance à une « classe oisive ».  « Tous au banc des accusés  » disent -ils  « la personne en arrêt-maladie percevant des indemnités journalières, la personne en situation de handicap qui a le droit a une allocation adulte handicapée, le « bénéficiaire » du minimum vieillesse, le retraité, l’accidenté du travail, le jeune qui touche des allocations-logement, etc. » Il concluent sur un petit rappel salutaire à mon sens : « Qui sont réellement les assistés ? N’est-ce pas les entreprises ayant touché entre 60 et 80 milliards d’euros d’exonérations de cotisation, 47 milliards d’euros de Cice pour cette année, 6,5 milliards d’euros de crédit impôt recherche, sans aucune contrepartie, pas même de créer de l’emploi ? Un État peut-il réellement mettre sur le même plan la compétitivité des entreprises et la solidarité avec des personnes dans des situations de fragilité ? »

(lire l’ensemble de ces contributions sur le site de l’Humanité)

Morts violentes au sein du couple : derrière les discours alarmistes, une baisse de 25% depuis 2006

Laurent Puech, assistant social, ancien président national de l’ANAS et animateur du site secretpro.fr vient de créer un blog intitulé « protections-critiques » qui vise à « décrypter la protection en travail social » . C’est, annonce-t-il, « un regard critique sur les logiques de protection et les protecteurs à l’heure de l’aide bienveillante… » Les articles publiés sont référencés, argumentés et prennent à contre pied les idées reçues, ce qui est assez salutaire dans ces périodes troubles où les fausses informations se diffusent mieux que celles qui sont exactes. Pour preuve, cet article qui aborde la question des morts violentes au sein des couples : « Le début d’année 2019 est marqué par des messages alarmistes indiquant une explosion du nombre de femmes tuées par leur conjoint. Des comptabilités se sont mises en place, par des collectifs militants ou des médias » nous explique Laurent Puech, mais indique-t-il aussitôt  » l’examen des données fiables réunies chaque année depuis 2006 par la Direction de l’Aide aux Victimes du Ministère de l’Intérieur indique une tendance contraire aux discours alarmistes : depuis 2006, le nombre de femmes tuées au sein du couple ne cesse de baisser et a atteint son point le plus bas depuis que l’enquête annuelle existe ». (lire l’article de Laurent Puech)

et aussi

Fins de mois difficiles, impayés, vente de patrimoine… Des familles asphyxiées face au «coût faramineux» des Ehpad

« Pour une personne âgée sur deux, la facture s’élève à au moins 1 850 euros par mois. Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas.. » nous explique le journal Le Monde.  Béatrice Jérôme raconte l’expérience douloureuse de Thierry Dormeau, 50 ans, contrôleur de gestion en Seine-et-Marne : « Nous formions jusqu’à ce jour la famille modèle, très soudée, très solidaire, raconte-til . « Il aura suffi de trois mois pour que ce bonheur soit détruit ».  La brouille a éclaté lorsqu’il a fallu partager la facture de l’Ehpad entre les enfants. Le journal Le Monde recueilli une quarantaine de témoignages en réponse à son appel  lancé sur son site.  «Les plus mal loties sont les classes moyennes inférieures, qui ne sont ni assez pauvres pour avoir des aides sociales, ni assez riches pour faire face au coût. En somme, les catégories modestes, profil type des “gilets jaunes”!», observe Serge Guérin, sociologue, spécialiste du vieillissement. (lire l’article du Monde)

 

sélection des articles réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre

photo : 50908214@N00  Laurent GUEDON Quelques photos de la manifestation du 4 octobre 2005 Some photographs of the social mouvement (October 4, 2005) : use freely  Certains droits réservés

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