Didier Dubasque
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Soutenez les « plumés d’infopro » ! / Chat GPT pour les maisons France service / MDPH : des délais ahurissants

Grève des pigistes de la Gazette des communes : 70 articles bloqués. Une pétition en ligne.

Les pigistes revendiquent une meilleure rémunération et une place dans les négociations salariales.  Le conflit social s’intensifie au sein de la rédaction de la Gazette des communes (et de la Gazette Santé Social), où les journalistes pigistes en sont à leur troisième semaine de grève pour une durée indéterminée. La raison de cette mobilisation est leur exclusion des négociations obligatoires annuelles de salaires.

Depuis plus de dix ans, leur pouvoir d’achat a diminué jusqu’à 40%, principalement en raison de l’absence de revalorisation salariale, à l’exception d’une hausse de 3% obtenue en 2022 suite à un mouvement social. Cette situation est d’autant plus difficile à vivre pour les pigistes avec l’inflation actuelle. Depuis le début de la grève le 24 avril dernier, 70 articles destinés au lectorat de La Gazette des communes sont bloqués, et aucune proposition de sujet n’a été envoyée par les journalistes rémunérés à la pige.

En conséquence, la production du « Club Santé Social » a chuté, passant de 12 à 15 articles par semaine à seulement 4 ou 5. La revue de ce lundi sera tronquée, avec un dossier en moins et une rubrique Carrière allégée ; celle de la semaine prochaine le sera encore davantage. Les pigistes, attachés à la qualité de l’information qu’ils produisent, appellent à la solidarité de leur lectorat.

Plus de 3.000 personnes ont déjà signé une pétition qui sera adressée à la direction du groupe Infopro Digital, propriétaire de La Gazette des communes. On apprend aussi dans cette pétition que la direction du Groupe Moniteur n’applique pas le mode de calcul conventionnel de la prime d’ancienneté pour les journalistes pigistes. Même si le syndicat patronal de la presse spécialisée, la FNPS, a clairement expliqué ce mode de calcul. La direction continue de le faire “à sa sauce”, grignotant ainsi la rémunération des journalistes les plus précaires de quelques euros à plusieurs dizaines d’euros chaque mois.

Les grévistes espèrent obtenir gain de cause et réintégrer les négociations salariales, afin de garantir une rémunération plus juste et une meilleure reconnaissance de leur travail. Pour les soutenir, faites comme moi et mes collègues, n’hésitez pas à signer la pétition en ligne sous forme de lettre ouverte. (Je me demande si les pigistes des autres médias de la presse sociale ont des problèmes similaires. Si oui, peut-être peuvent-ils se coordonner ?) (lire la lettre et signer la pétition).

 


Les services publics vont expérimenter l’Intelligence Artificielle, dont ChatGPT, pour répondre aux usagers

L’idéologie du « solutionnisme technologique » a encore frappé. À partir de septembre prochain, 200 agents de maisons France services disposeront de plusieurs outils d’intelligence artificielle(IA), dont ChatGPT, pour répondre aux questions que leur posent les « exclus du numérique ». Ces usagers qui se plaignent de la disparition des guichets des administrations seront renseignés non plus par des agents des administrations concernées, mais par les outils issus du numérique.

Le déploiement de France services sera poursuivi avec 2.750 « points de contact » fin 2023. La qualité de service sera renforcée grâce au doublement du temps de formation des agents précise la communication gouvernementale. S’agira-t-il de les former à maitriser les questions à poser à l’intelligence artificielle appelée à devenir leur assistant professionnel ? Ce point n’est pas précisé dans le document.

Thomas Leroy de BFMTV précise avoir interrogé le comité interministériel de la transformation publique. Il nous apprend que les agents pourront s’appuyer sur ChatGPT, Bloom et LLaMA. Ce sont des modèles d’Intelligence Artificielle développés par différentes entreprises, dont Meta, la maison-mère de Facebook.

L’expérimentation, prévue pour durer six mois, ne remplacera pas les agents, qui devront toujours vérifier et corriger les réponses fournies par l’IA avant de les transmettre aux usagers. (Somme-nous certains qu’ils le feront ?). Ces professionnels de l’aide seront en quelque sorte des répétiteurs des informations fournies par les intelligences artificielles.  Afin de garantir la sécurité des données, les agents ne poseront que des questions générales et ne devront fournir aucune information personnelle ou confidentielle lors de l’utilisation des modèles d’IA. Un premier bilan de l’expérimentation sera effectué en février 2024. (lire l’article de BFMTV)

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Handicap. « Votre dossier sera étudié dans un an. » Les délais de traitement ahurissants de la MDPH du Calvados

Quelle galère ! Les agents de la MDPH du Calvados font face à une augmentation conséquente des demandes entraînant des délais de traitement allant jusqu’à un an pour certaines requêtes. Les personnes handicapées en attente de prestation se retrouvent souvent démunies, comme Cyril, interrogé par Boris Letondeur journaliste à France 3 Normandie. Cyril voit son statut de travailleur handicapé compromis. Sophie, quant à elle, a dû attendre près de deux ans pour obtenir l’aménagement d’une salle de bain pour son fils hémiplégique.

La directrice de la MDPH du Calvados, Manuela Magnan, admet que les délais se sont dégradés ces dernières années. Mais ce sont les usgaers qui trinquent. Les conséquences de ces délais prolongés se répercutent sur les demandeurs, comme Mélanie, dont le fils atteint du syndrome Williams-Beuren a finalement obtenu un accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) en CE1 après un an et demi d’attente, mais avec un retard d’apprentissage important. La MDPH du Calvados, qui compte actuellement 13 agents pour traiter 40.000 dossiers, fait face à une charge de travail écrasante pour ses employés et manque de moyens pour embaucher de nouvelles recrues.

Pour remédier à cette situation qui ne me parait pas spécifique au Calvados, une brigade temporaire de huit à dix agents en CDD arrivera en septembre. Septembre, c’est bien loin quand on attend face à une pile de dossiers qui augmente. La MDPH espère également réduire les délais de traitement en cessant de limiter la durée de certains dispositifs, comme les RQTH (la reconnaissance de travailleur handicapé). Mais qu’en est-il pour les MDPH des autres départements ? Si vous avez des infos, n’hésitez pas à envoyer un commentaire qui paraitra en bas de cette info. (lire l’article de France 3 Normandie)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Un grand merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : dessin illustrant la lettre ouverte des journalistes pigistes de la Gazette des communes

 

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