La liste des professionnels concernés par le « Ségur social » / Une journée avec une assistante sociale

Ségur de la santé : le gouvernement lève le voile sur les métiers concernés par les dernières revalorisations

Le magazine Capital revient sur la réunion avec les organisations patronales et syndicales représentatives de la filière socio-éducative, vendredi 8 avril. C’est là que le gouvernement a dévoilé la liste des métiers qui seront concernés par les prochaines augmentations salariales dans le cadre du Ségur de la santé. Si globalement, les organisations syndicales se sont dans un premier temps félicitées de ces annonces, elles en ont très vite souligné les limites, indique la journaliste du document de travail, présenté aux partenaires sociaux vendredi dernier.

Elle publie la liste des professionnels de la filière socio-éducative censés bientôt bénéficier d’une revalorisation salariale dans le cadre du Ségur de la santé :

  • Éducateurs spécialisés ou techniques (ou autres éducateurs dès lors qu’ils exercent cette fonction) ;
  • Encadrants éducatifs de nuit (y compris les maîtres et maîtresses de maison, surveillants de nuit qualifiés exerçant les fonctions d’encadrants éducatifs de nuit) ;
  • Éducateurs de jeunes enfants, dès lors qu’ils interviennent dans un établissement ou service médico-social ou social dans certains secteurs* ;
  • Moniteurs éducateurs ;
  • Moniteurs d’atelier ;
  • Chefs d’atelier ;
  • Responsables ou encadrants techniques d’atelier ;
  • Moniteurs d’enseignement ménager ;
  • Assistants de service social ou assistants sociaux spécialisés ;
  • Techniciens de l’intervention sociale et familiale ;
  • Conseillers en économie sociale et familiale ;
  • Psychologues ou neuropsychologues ;
  • Cadres de service éducatif et social, paramédical ;
  • Responsables et coordonnateurs de secteur ;
  • Chefs de service éducatif, pédagogique et social, paramédical ;
  • Mandataires judiciaires ou délégués aux prestations sociales ;
  • Animateurs ou moniteurs exerçant une fonction éducative au bénéfice des personnes vulnérables dans certains secteurs* ;
  • Techniciens en compensation sensorielle (notamment les interprètes en langue des signes, les instructeurs de locomotion, les avéjistes, les codeurs LPC)

 

Les « encadrants éducatifs de nuit » (mais est ce la bonne définition des surveillant(e)s de nuit ?) sont concernés tout comme les maitres et maitresses de maison qui initialement semblaient être oubliés. Mais attention, cela ne va pas être simple, car il va quand même y avoir des exclus :

« L’exécutif a introduit un nouveau critère d’éligibilité à cette nouvelle vague de revalorisation, à la surprise des organisations syndicales. Ainsi, elle sera accordée aux salariés “qui exercent effectivement et à titre principal les fonctions de la filière socio-éducative visées (et non sur critère de diplômes par exemple)”, peut-on lire dans le document de travail du gouvernement, qui précise que “cet exercice principal correspond à une fonction a minima à hauteur de 50% du temps de travail envisagé”.

« Certains personnels administratifs et techniques (secrétaires, employés de restauration, chauffeurs…), censés être exclus de ces revalorisations, pourraient donc être concernés, à condition qu’au moins la moitié de leur temps de travail soit consacré à l’accompagnement » précise l’article.

« Autre point de crispation, et non des moindres : la liste communiquée par le gouvernement est censée être définitive et n’est donc pas amenée à évoluer ».  Quoi qu’il en soit, de nombreux professionnels ont peur d’être (encore) oubliés et c’est très compréhensible… (lire l’article de Capital)

Il y a aussi la liste des secteurs d’intervention sociale concernés :

« Les secteurs versant la revalorisation sont ceux qui bénéficient d’une compensation financière pour l’octroi de la revalorisation de 183€. Il s’agit des secteurs visés à l’article L312.1 du code de l’action sociale et des familles auxquels ont été ajoutés des secteurs proches mais relevant du milieu ordinaire pour, conformément aux souhaits formulés par nombre d’acteurs, prendre en compte les solutions inclusives dans le parcours des personnes vulnérables.

Sont ainsi éligibles à la compensation des surcoûts pour les employeurs les établissements, services, résidences et structures autorisées, déclarées, habilitées ou agrées accompagnant les publics vulnérables des secteurs suivants :

  •  accompagnement des personnes âgées ;*
  • accompagnement des personnes handicapées ; (y.c. les habitats inclusifs destinés aux personnes handicapées et aux personnes âgées de l’article L2811 du CASF)
  • protection et aide sociale à l’enfance ;
  • protection judiciaire de la jeunesse ;
  • protection juridique des majeurs ;
  • accompagnement des publics en difficultés spécifiques ;
  • accompagnement des adultes et jeunes adultes en difficulté sociale
    • champ des structures d’accueil et hébergement des personnes sans domicile, y compris les accueils de jour, des équipes mobiles chargées d’aller au contact des personnes sans abri ;
    • des foyers de jeunes travailleurs et du logement accompagné ou intermédié au sens du code de la construction et de l’habitation, de l’accueil et de l’accompagnement des demandeurs d’asile relevant du CASF et du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile)…

 

Vous vous y retrouvez ?

 


Une journée avec une assistante sociale : « Notre travail, c’est d’autonomiser les gens »

Sébastien Dubois du journal Le Populaire du Centre a suivi pendant une journée Sophie Noilhac, assistante sociale au Département de Haute-Vienne. « Elle est le fil d’Ariane des démunis, des invisibles, de ceux dont la flamme vacille. La métaphore est apparue comme une évidence » pour le journaliste, et cela, dès le début de la journée. Comment expliquer cette image ? « Peut-être à sa façon de guider les citoyens qui viennent la voir dans les labyrinthes de l’administration, des sigles, des procédures » écrit-il.

« Il faut les écouter, dit-elle. C’est important d’écouter. Et de les entendre aussi. » …/… « La maman qui lui fait face, dans un petit salon encombré de meubles trop massifs, est « en colère ». Elle met longtemps à le dire, mais son corps tremblant et son regard empli de larmes de rage, parlent pour elle. « Je ne veux pas que vous placiez mes enfants, lui reproche la mère de deux filles, une lycéenne et une enfant de quatre ans. Mais il n’en est pas question, répond Sophie. Si vous m’aviez rappelée, je vous l’aurais dit. »

Le lien assuré avec la famille par l’assistante sociale et sa collègue technicienne d’intervention sociale et familiale (TISF) est primordial. La mère est malmenée par son ado et n’arrive pas à se détacher de la cadette. « On sait qu’il n’y a pas de maltraitance, la rassure Sophie Noilhac. Mais en revanche, vous avez besoin d’un accompagnement. » Et d’un peu de « confiance en vous ». « On va vous aider », promet Sophie…

Ce reportage aide à percevoir le quotidien des assistantes sociales qui prennent le temps d’écouter et d’accompagner celles et ceux qui en ont le plus besoin et qui le leur rendent bien. Tel cet homme âgé qui opine un «merci» reconnaissant à chaque remarque. Dans ses yeux, cette assistance est une lueur d’espoir. « Aider les gens, je ne me verrais pas faire autre chose », conclut Sophie. (lire l’article du Populaire du Centre)


Bénévolat en contrepartie du RSA : testée en Alsace, la mesure est limitée

Associer des heures d’activité au versement du RSA : la proposition, qui figure au programme de plusieurs candidats à l’élection présidentielle, est déjà expérimentée depuis quelques années en Alsace, pour un résultat très limité, explique l’AFP dans un article publié par Sud Ouest. Cinq ans après, la mise en œuvre de cette décision, seuls 1 298 allocataires du RSA sur 43 000 en Alsace sont engagés dans le programme de bénévolat, soit seulement 3 % d’entre eux,

la stratégie de la Collectivité européenne d’Alsace, « de retour à l’emploi pour tous » ne fonctionne pas pour de multiples raisons. le dispositif n’est pas accessible à tous. « Les personnes qui vivent des situations difficiles, des problèmes familiaux, de santé, de logement, ne sont pas forcément en capacité » d’y prendre part, explique une assistante sociale du CIDFF qui accueille cette forme de bénévolat contre RSA

L’article rappelle que la Cour des Comptes insiste, elle, sur l’importance d’améliorer, au niveau national, le suivi socioprofessionnel des titulaires du RSA. Condition nécessaire pour que l’insertion puisse être engagée : Sa vision est partagée par les allocataires eux-mêmes : ils sont trois fois plus nombreux à réclamer « un meilleur suivi » qu’une « augmentation de l’allocation ». (lire l’article publié par Sud-Ouest)


lire aussi :

 

Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

 

photo : default 04  wayhomestudio freepik

 

 

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Une réponse

  1. Bonjour, j’ai une petite question : les 2 conditions à savoir le métier et le le lieu d intervention sont elles cumulatives ? Et puis j ai appris que les assistantes sociales du crous et scolaire ne seraient pas concernées. Le beau discours du 18 février n était en fait qu un beau discours et à nouveau le social est dénigré. Nous sommes loin de ce discours où soit disant les travailleurs sociaux sont essentiels. Pas tous apparemment. Certains l auront et d’autres non… nous sommes loin d’une revalorisation globale du salaire des travailleurs sociaux et notamment des assistants sociaux. Quelle déception.

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