Didier Dubasque
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RSA : «une régression» «terrifiante», des collectivités s’inquiètent / Les disputes entre frères et sœurs

Martin Hirsch charge la réforme du RSA, « une régression » « terrifiante »

Martin Hirsch, l’ancien directeur de l’AP-HP et initiateur du revenu de solidarité active (RSA) en 2009, s’est alarmé sur France Info du projet de réforme du RSA. Il pourrait obliger les allocataires à exercer une activité sans garantie de rémunération. Rappelons que cette réforme du RSA voulue par le gouvernement s’inscrit dans la refonte plus large de Pôle emploi, qui deviendra bientôt France Travail. Dans un rapport, Thibaut Guillay préconisait que tous les allocataires du RSA devaient s’inscrire à Pôle emploi et effectuer 15 à 20 heures hebdomadaires d’activité.

Pour Martin Hirsch, il y aurait une « régression sociale comme il n’y en a pas souvent ».  Le travail obligatoire pour les bénéficiaires du RSA pourrait alors ne pas être rémunéré. Il précise qu’il ne voit pas de problème avec l’obligation d’inscription à Pôle emploi, mais que tout travail justifie un salaire. Il rappelle qu’il s’est battu pour que les allocataires du RSA reprennent le travail et que toute heure de travail soit en face d’une fiche de salaire, avec les droits sociaux qui vont avec.

L’ancien haut-commissaire aux Solidarités actives s’inquiète de ce que le projet de réforme du RSA pourrait « réinventer le travail sans salaire » . Cela pourrait transformer un allocataire en une main-d’œuvre sans droit, ce qui serait une régression sociale. Il pense toutefois que le gouvernement joue sur l’ambiguïté pour des raisons politiques et ne peut pas imaginer que l’on aille jusqu’à ce point. En mars dernier, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, avait pourtant expliqué que le RSA était « un droit » et que les sanctions seraient appliquées si les bénéficiaires ne participaient pas aux offres de formation adaptées. Il est revenu sur ses propos depuis. La députée Renaissance Brigitte Klinkert explique quant à elle que « ce n’est pas du travail gratuit » ni « du bénévolat obligatoire ». L’idée « c’est de lever tous les freins liés à l’emploi, la santé, la mobilité ou la garde d’enfant, et de remobiliser les personnes pour leur permettre de retrouver un emploi ».

(lire l’article du Huffington Post)

Des collectivités territoriales s’inquiètent

Il est « Inacceptable de pointer du doigt de soi-disant assistés » déclarent en commun la métropole de Lyon et les départements de Loire-Atlantique et d’Ille-et-Vilaine. Ces collectivités territoriales qui participent à l’expérimentation du RSA sous condition ont signé un courrier commun pour dénoncer tout « chantage à l’allocation ». Récemment, la Seine-Saint-Denis avait souhaité se retirer de la liste des territoires volontaires pour l’expérimentation pour la même raison.

Dans leur communiqué, les élus déclarent : « Nous sommes convaincus que l’accès de toutes et tous à un emploi digne doit être une priorité nationale. Il est inacceptable de pointer du doigt de soi-disant assistés alors que les pouvoirs publics ne leur offrent pas tous les leviers et aides pour sortir de la précarité. Collectivement, nous devons travailler vers l’objectif de ne laisser personne sans solution ».

Les élus de gauche estiment que les personnes allocataires du RSA ont besoin d’être mieux accompagnées pour lever leurs difficultés. Elles n’ont pas besoin d’être davantage sanctionnées alors qu’elles vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Ils dénoncent ce « chantage à l’allocation » à travers un pointage des heures d’activité.

Lire à ce sujet :

 


Disputes entre frères et sœurs : les parents doivent-ils intervenir ?

Voilà un article intéressant signé Alejandro Cano Villagrasa, professeur de psychologie de Valence en Espagne. Il est publié par le site The Conversation. L’auteur aidé en cela par une orthophoniste nous parle d’un sujet qui concerne toutes les fratries. Des frères et sœurs se disputent pour différentes raisons et les parents peuvent se demander s’ils doivent intervenir ou laisser les enfants résoudre les conflits eux-mêmes. Pour comprendre quand et comment intervenir, il est important de comprendre les émotions des enfants et leur développement, explique-t-il.

Les enfants naissent avec six émotions primaires, qui se complexifient avec l’âge. (la joie, la tristesse, la colère, la peur, la surprise, le dégoût). Leurs émotions sont souvent intenses, changeantes et simples. Les différences de tempérament peuvent également influencer les relations fraternelles.

Les disputes sont utiles pour aider les enfants à identifier ce qui les met en colère, à établir des limites et à apprendre des stratégies de gestion de problèmes. Mais les parents ne doivent pas laisser les enfants seuls à régler leurs différents. Les parents peuvent offrir des lignes directrices pour aider leurs enfants à résoudre les conflits et à acquérir des compétences sociales et émotionnelles. L’article précise la place et le rôle des parents.

Ils peuvent jouer le rôle de médiateurs en restant calmes, et en donnant aux enfants le temps de calmer leurs émotions. Bien évidemment, ils ne doivent pas prendre parti et accepter les émotions des enfants sans les juger. Ils doivent plutôt aider les enfants à identifier leurs émotions tout en encourageant l’empathie et en favorisant une communication assertive.

Dans certaines situations, comme des disputes violentes ou des abus entre frères et sœurs, les parents doivent intervenir directement. Ils doivent rester calmes, séparer les enfants et leur donner le temps d’intégrer leurs émotions avant d’appliquer les stratégies mentionnées précédemment. En fin de compte, les parents doivent agir envers leurs enfants de la manière dont ils aimeraient qu’ils agissent entre eux, car les enfants apprennent en observant les adultes qui les entourent. (lire l’article de The Conversation)

 


La phrase à retenir

Elle nous vient de Lotfi Ouanezar. Il est directeur Général d’Emmaüs Solidarité. Interrogé par Pôle Emploi qui lui demande « Que préconisez-vous pour améliorer l’attractivité des métiers du social ? », Sa réponse :

« Les employeurs doivent prêter une attention particulière aux conditions de travail proposées à leurs salariés. Cela passe par le respect entre vie personnelle et vie professionnelle, par la préservation de temps d’échanges entre professionnels, et par l’accès à la formation pour favoriser l’évolution de tous les parcours. J’ajouterais que le management des équipes doit être opéré en pleine conscience de la complexité des problématiques qu’elles rencontrent sur le terrain. » Voilà qui est joliment dit ! (lire cet interview)


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Photo : Capture d’écran vidéo de Martin Hirsch interrogé par France Info

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