RSA : un beau rétropédalage / Le café de L’ANTSG / Misery business : à qui profite l’économie sociale et solidaire ?

RSA et retraite : le rétropédalage

Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale et président du comité de campagne d’Emmanuel Macron, était hier matin l’invité du Grand entretien de France Inter. Il a tenté d’éteindre un début d’incendie après les propos pour le moins radicaux de son candidat au sujet du RSA mais aussi des retraites. Celui-ci avait déclaré « l’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine à une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle » condition nécessaire pour pouvoir percevoir le RSA.

Eh bien ce n’est plus le cas ! « Il ne s’agit pas de dire : c’est l’allocation contre un travail », a précisé Richard Ferrand.  « Ce que l’on souhaite, c’est tendre la main à ces personnes éloignées de l’emploi pour faire un point, savoir de quel accompagnement elles ont besoin, pour les faire revenir dans la société. » Bref, il s’agit d’appliquer ce qui existe déjà dans la loi sur le RSA en rendant effectif le volet insertion à la charge des Départements.  Seul problème non abordé : « la dernière étude de la Drees sur le sujet (2019), évalue qu’en 20 ans, les dépenses d’accompagnement des allocataires sont passées de 20 % à 7 % du budget dédié ». Finalement qui va payer ? Elisabeth Borne, ministre du Travail, qui elle aussi, est montée au créneau sur ce sujet, ne le précise pas…

Au sujet de la réforme des retraites, mon ami Yves Faucoup souligne sur Facebook le rétropédalage du président de l’Assemblée Nationale.  « Il a livré ce scoop selon lequel la retraite à points n’était pas abandonnée, mais serait applicable pour les nouveaux entrants (les futurs nouveaux salariés). C’est-à-dire que le dispositif s’appliquerait (à partir de 2023) au minimum dans 43 ans, soit en 2066 ! » Bref le changement sera opéré de façon progressive, selon Richard Ferrand à raison de « quatre trimestres par an pendant neuf ans ». Que faut-il croire ? En tout cas, tout ça, c’est bien de la comm’

(lire et écouter le grand entretien de France Inter)

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Les cafés de l’association nationale pour le travail social avec les groupes (ANTSG)

L’association nationale pour le travail social avec les groupes et des interventions collectives (ANSTG) dispose désormais d’un nouveau site qui a de l’allure. Il propose de nouveaux services. La présidente de l’association, Pascale Lafosse, précise qu’il s’agit d’un outil qui se veut collaboratif. Il vise à promouvoir des espaces de réflexion et des groupes d’échanges autour des pratiques professionnelles collectives.

Vous y trouverez des références techniques, mais également des « cafés du samedi en visio ». Ils ont pour objet de soutenir tous les étudiants, professionnels, qui souhaitent trouver des marges de manœuvre, pour rechercher avec les personnes qu’ils reçoivent des solutions collectives à la résolution de problèmes individuels. Le prochain Café du samedi est prévu le samedi 23 avril matin sur inscription. « Au plaisir de vous y retrouver pour penser et retrouver du sens ! » conclut la présidente dans le message qu’elle m’a adressé.

(accéder au site de l’ANSTG) (s’inscrire au café visio du 23 avril)

 


Misery business : à qui profite l’économie sociale et solidaire ?

La revue en ligne Ballast propose un long article sur les dérives de certaines entreprises de l’économie sociale et solidaire. Le journaliste freelance Jérémie Rochas rappelle en exemple des dérives de l’association « Equalis ». Le parquet du tribunal de Meaux avait ouvert une enquête préliminaire pour abus de confiance visant l’association après la découverte du salaire mirobolant de son directeur général. Le Canard enchaîné avait révélé les privilèges exorbitants du patron : « 11 400 euros net par mois, une Audi Q7 louée 2 097 euros par mois, un logement de fonction ». « Dans cette association, comme dans tant d’autres organisations, c’est une logique gestionnaire, violente et destructrice qui prévaut. »

Le journaliste tire aussi à boulet rouge sur le groupe SOS, devenu pionnier dans le secteur de l’entrepreneuriat social. Il représente de manière plus symptomatique encore un « mélange des genres ». Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves), organisation qui regroupe des « patrons solidaires » proche de Jean-Luc Borello cherche à occuper une place dominante dans l’Économie Sociale et Solidaire et à « s’accaparer un maximum de financements publics et privés. L’une des stratégies mises en œuvre pour se distinguer des autres associations consiste à attirer les jeunes « élites issues des grandes écoles de commerce et de management », en mettant en avant l’intérêt financier de l’action sociale. Le géant SOS détient ainsi 600 établissements et services. Il annonce un chiffre d’affaires de 1.107 millions d’euros en 2020 des chiffres vertigineux pour un secteur.

Tout cela est assez époustouflant et déroutant. Le « Social Business » semble avoir de beaux jours devant lui (lire l’article de la revue Ballast)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

 

Photo : capture d’écran Richard Ferrand sur France Inter le 23 mars 2022

 

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