Didier Dubasque
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RSA Jeunes : La belle entourloupe des différents gouvernements depuis la présidence Sarkozy

Seulement 508 jeunes perçoivent RSA jeune à travers tout le pays. Plus frappant encore, certains départements comme les Hautes-Alpes, la Corrèze, la Creuse, et d’autres, ainsi que les territoires d’outre-mer comme la Guyane et Mayotte, ne comptent aucun allocataire. Dans quatorze départements, on ne trouve qu’un seul bénéficiaire, et dans douze autres, dont la Loire Atlantique, seulement deux. La Gironde, département où le nombre d’allocataires est le plus élevé, en compte tristement que 29. Mais comment en est-on arrivé là ?

L’objectif fixé de 200 mille jeunes allocataires, avait été initialement calculé par le ministère du Budget. Un calcul opéré en 2009 lors de la création de la mesure. C’est ce qu’avait expliqué à l’époque Martin Hirsch, ancien haut-commissaire aux solidarités actives. Mais voilà, dès le départ, il ne fallait pas que la mesure, annoncée dans les médias, ne coûte trop d’argent.

Comment le faire ? Tout simplement en mettant en place des conditions d’obtention irréalisables.  « Les derniers chiffres publiés par la CAF confirment la pleine réussite du sabotage puisque ce RSA jeunes, présenté dans les documents officiels, ne bénéficie qu’à 508 allocataires » explique dans son blog l’économiste Michel Abhervé.

Qu’est-ce que le RSA jeune ?

Ce RSA particulier était une initiative promue par Martin Hirsch, . Il a constitué une composante clé du programme « Agir pour la jeunesse » lancé par Nicolas Sarkozy en septembre 2009. Ce dispositif voulait apporter des moyens de substance et de formation alors que  150.000 jeunes sortaient chaque année du système scolaire sans aucune qualification. Pour les jeunes, cette aide vise à faciliter leur insertion sociale et professionnelle, tout en leur assurant un minimum de ressources.

Plusieurs conditions doivent être remplies pour être éligible au RSA Jeunes. Tout d’abord, le candidat doit avoir entre 18 et 25 ans. Une exception notable concerne les moins de 25 ans ayant au moins un enfant à charge ou étant enceinte. Dans ce cas, l’âge minimum n’est pas un critère.

Puis vient la mesure qui réduit drastiquement le nombre d’allocataires potentiels. Il est impératif d’avoir travaillé au moins deux ans à temps plein (soit 3.214 heures) au cours des trois années précédant la demande. Soit deux ans et deux mois de travail à temps plein sur les trois dernières années. Cette condition préalable visait officiellement à s’assurer que les bénéficiaires ont contribué au système de Sécurité sociale.

En fait, c’est cette condition qui empêche à de nombreux jeunes d’y accéder. Lorsque, à 18 ou 20 ans, on a travaillé plus de deux années consécutives, il est d’abord possible de percevoir une indemnité chômage. (Sa durée d’indemnisation est égale au nombre de jours travaillés précédemment multiplié par 1,4).

Une belle entourloupe

Cela n’a pas empêché le gouvernement de communiquer sur ce RSA. Il laisse croire que de nombreux jeunes peuvent en bénéficier comme avec cette affiche dont il faut surtout lire les petites lignes :

RSA jeune

Ceux qui sont susceptibles de solliciter le RSA jeune ne sont pas celles et ceux qui en ont le plus besoin. Cette prestation ne peut en l’état actuel répondre aux attentes de ceux qui sont en déshérence qui n’ont pas de diplôme ni aucun revenu de subsistance. Même si d’autres dispositifs comme gérés par les missions locales existent, comme le contrat d’engagement jeune (qui a remplacé la garantie jeune), ils ne peuvent répondre à tous les besoins.

Dire alors que si le RSA jeune ne se développe pas à cause du non-recours est une belle entourloupe. C’est un peu le même système que pour le dispositif « Prime Rénov ». Censée être ouverte au plus grand nombre, les refus sur critères se multiplient. Même le dépôt de la demande en ligne souffre d’impossibilités qui empêchent de la solliciter.

Mais qu’importe, la communication gouvernementale ne s’embarrasse pas de tels détails. Il suffit de faire croire qu’une prestation existe même si elle n’est pas opérationnelle. Que des centaines de milliers de jeunes continuent de galérer n’est visiblement pas le problème du gouvernement actuel, ni non plus de ceux qui l’ont précédé.

Sources

 


Crédit photo : wayhomestudio – www.freepik.com

 

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