Didier Dubasque
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Revue presse | Une AS chez les agriculteurs / Livre blanc : saison 2 / AS à l’EN : « nous faisons un beau métier »

Bonjour et bienvenue à cette revue de presse. Aujourd’hui, nous vous invitons à plonger dans des histoires et des analyses  qui touchent directement à la vie de ceux qui, souvent dans l’ombre, œuvrent pour un monde meilleur. De l’accompagnement des agriculteurs en détresse en Haute-Vienne à l’engagement sans faille des services sociaux de l’Éducation Nationale, chaque article est une fenêtre ouverte sur des réalités méconnues ou sous-estimées. Et puis le Média Social nous apprend de son côté que Le président du HCTS porteur du livre Blanc du travail social ne lâche pas l’affaire. Matthieu Klein vient de rencontrer les députés à l’Assemblée Nationale. Olivier Bonnin nous en fait le compte rendu. Enfin n’oublions pas les multiples liens vous permettent d’approfondir de nombreux autres sujets Bonne lecture !

 


« Madame, je veux en finir, je n’en peux plus » : on a suivi une assistante sociale au chevet des agriculteurs en Haute-Vienne

À l’occasion du Salon de l’agriculture, ce portrait de Marion Desbordes, assistante sociale MSA, nous plonge dans la réalité souvent dure des agriculteurs. Le journaliste Raphaël Godet nous fait découvrir l’histoire de Jean-Michel, éleveur près de Limoges. Il lutte non seulement contre les difficultés financières de son exploitation, mais aussi contre ses pensées suicidaires, une triste réalité pour un nombre significatif d’agriculteurs. Marion parcourt 70.000 km par an pour soutenir ces hommes et ces femmes, et a suivi Jean-Michel durant deux ans et demi, témoignant de la complexité de ces situations où la solitude et la pression peuvent mener au pire.

La MSA rapporte que les agriculteurs ont 30% de risque en plus de se suicider par rapport à d’autres professions. Les drames sont fréquents, et chaque suicide est un choc pour les équipes d’assistants sociaux, qui se forment à l’évaluation du risque suicidaire pour mieux intervenir. Le récit de Marion sur son expérience avec un agriculteur en détresse illustre l’importance de la présence et de l’écoute en ces moments critiques.

La difficulté d’aborder les problèmes de santé mentale et surtout la crainte du jugement sont des barrières en milieu rural. Le témoignage de Jean-Michel exprime cette fierté qui empêche souvent les agriculteurs de demander de l’aide. Face à cela, Marion et ses collègues doivent user de discrétion pour ne pas alerter l’entourage des personnes qu’elles visitent.

Pour combattre cet isolement, la MSA a développé un réseau de sentinelles, formant des personnes du milieu agricole à détecter les signes de souffrance chez leurs pairs. C’est une initiative qui commence à porter ses fruits, comme l’atteste Véronique Lefèvre, agricultrice et sentinelle elle-même.

En dépit des difficultés, l’article montre aussi des moments de légèreté et d’espoir. Il y a par exemple cette demande insolite d’un agriculteur à l’assistante sociale pour l’aider à participer à « L’amour est dans le pré » (la solitude est aussi un réel problème). Ces instants de répit contrastent avec la dureté d’un quotidien difficile et rappellent l’importance de l’accompagnement dans la lutte contre la détresse humaine. (lire le reportage de France Info)

 


Le Livre blanc du travail social trouve des relais parmi les députés

Olivier Bonnin, du Média Social, signe là un article particulièrement instructif sur les suites possibles pouvant être données au Livre Blanc du Travail Social. Il nous apprend que Mathieu Klein ne lâche rien. Le président du Haut Conseil du travail social (HCTS), a récemment présenté à l’Assemblée nationale un Livre blanc contenant des recommandations pour améliorer la situation des travailleurs sociaux.

La majorité des députés, à l’exception notable du Rassemblement national (RN), ont accueilli ces recommandations avec intérêt. (Le RN estimant que le rapport enfonce des portes ouvertes et ne propose rien de bien intéressant). Ce Livre blanc, qui a impliqué des centaines de professionnels du secteur, pose les problèmes tels qu’ils sont avec notamment la faible rémunération des travailleurs sociaux, et les 30.000 postes vacants liés à la crise d’attractivité de nos métiers.

Les députés socialistes envisagent de déposer une proposition de loi qui reprendrait les recommandations du Livre Blanc relatives aux rémunérations, aux formations, aux conditions de travail et à la lutte contre le non-recours aux droits. Arthur Delaporte, député du Calvados, a mentionné que cette proposition de loi pourrait être présentée d’ici avril 2024.

Enfin, Matthieu Klein a fait état de l’intérêt du gouvernement pour les propositions du Livre blanc, notamment en ce qui concerne la création d’un Institut national du travail social . Beaucoup pensent toutefois que l’on est bien loin du compte. Une rencontre est prévue avec la ministre des solidarités Catherine Vautrin pour établir une feuille de route s’appuyant sur les attentes exprimées dans le rapport. (Lire l’article du Média Social – abonnés)

 


Sandrine Rouvière, une Assistante Sociale à l’Éducation Nationale

Des dizaines de milliers de membres du personnel de l’État, notamment des fonctionnaires et des travailleurs sociaux, sont activement engagés dans la lutte contre les conséquences négatives du libéralisme et d’une législation jugée inhumaine. Le sociologue Pierre Bourdieu les qualifiait de « main gauche de l’État », en opposition à la « main droite » représentée par les hauts fonctionnaires du ministère de l’Économie. Cette dichotomie reflète les tensions entre ceux qui cherchent à atténuer les inégalités sociales et ceux qui sont perçus comme les gardiens de la rigueur budgétaire.

L’excellent site « cafepedagogique.net » donne la parole à Sandrine Rouvière, assistante sociale à Marseille. Elle illustre à sa manière cette situation. Travaillant depuis près de dix ans dans le domaine de l’éducation prioritaire, elle a construit un réseau étendu incluant les écoles maternelles et primaires qui, selon elle, ne bénéficient pas d’une attention suffisante de la part des autorités. Son action dépasse largement l’attribution de fonds sociaux. Elle soutient les familles dans des domaines aussi variés que le logement, la santé et les démarches administratives. Elle souligne les difficultés rencontrées par les travailleurs sociaux, qui sont confrontés à des tensions dans leurs interactions avec les institutions, y compris avec les enseignants.

Les assistantes sociales de l’Éducation Nationale travaillent en collaboration étroite avec les professionnels de santé scolaire pour répondre aux besoins changeants des élèves à mesure qu’ils grandissent. Les sujets traités sont variés allant de la protection de l’enfance aux problèmes liés à la sexualité chez les adolescents. Cependant, elles sont confrontées à un manque de moyens, avec des postes vacants non pourvus et des budgets insuffisants, malgré la reconnaissance de l’importance de leur métier. Rien de bien nouveau à ce sujet.

Alain Barlatier auteur de cet article conclut son reportage par ces mots de l’assistante sociale : « Nous faisons un beau métier, j’adore ce que je fais, et il faut absolument nous donner les moyens et la considération pour pouvoir continuer à travailler ensemble dans cette belle institution qu’est l’éducation nationale ».  (lire l’article de cafepedagogique.net)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Un grand merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : Portrait d’agriculteur debout dans un verger de pommiers default 02@wavebreakmedia_micro sur Freepik

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