Didier Dubasque
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Revue de presse | Quand « l’éduc » fait famille d’accueil / RSA : un travail de sape / Les minima sociaux à la baisse pour certains

Bonjour et bienvenue à cette revue de presse. Dans cette édition, j’ai sélectionné pour vous les actualités qui me paraissent les plus intéressantes de ces derniers jours. Elles donnent à réfléchir sur certaines évolutions : travail social, RSA, absentéisme au travail, etc.  Sans oublier la liste des liens pour les infos sans résumés.  Installez-vous confortablement et plongez-vous dans ces infos et n’hésitez pas à les partager !


L’éducateur héberge un ex-enfant placé mis à la rue : la protection de l’enfance face à ses carences

Mickaël, 18 ans, a été placé par la protection de l’enfance depuis son plus jeune âge. Après avoir atteint la majorité, il se retrouve à la rue. Julien H., son « accompagnateur social » a décidé de l’héberger, franchissant ainsi une ligne rouge en travail social. Cette situation relatée sur Ouest France par le journaliste Maxime Pionneau met en lumière les carences de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en Maine-et-Loire. Mickaël est le « résultat de tous les dysfonctionnements de l’ASE », selon Dominique, une travailleuse sociale qui connait bien le jeune.

Julien H., intervenant sans expérience en protection de l’enfance, a été embauché pour suivre des enfants placés à l’hôtel, faute de places dans les structures adéquates. Le jeune Mickaël, qui possède des anxiolytiques « à dose létale », se retrouve à la rue ce qui est particulièrement risqué. C’est ce qui l’a fait réagir.

La collègue de Julien H critique le fait que l’ASE délègue la prise en charge de jeunes à des agences privées à but lucratif, mettant à la fois le jeune et le professionnel en difficulté. « Julien fait le boulot d’un travailleur social sans vraiment l’être » dit-elle. De leur côté, Julien et Mickaël envisagent une action en justice.  L’accompagnateur social exprime son désarroi : « Si on était plus accompagné, avec plus de moyens, je n’aurais pas été obligé de m’investir autant ».

Cette situation soulève des questions importantes. L’intervention de professionnels non diplômés, une intervention « humanitaire » qui dépasse le cadre légal, le désarroi des professionnels, et bien évidemment le manque de moyens et de structures adaptées. (lire l’article de Ouest-France)

 


RSA : le travail de sape de la droite

L’Assemblée nationale se prépare à examiner une réforme du Revenu de Solidarité Active (RSA). Cette réforme, qui a déjà été adoptée en première lecture par le Sénat, conditionne le RSA à quinze heures d’activité hebdomadaires et introduit un nouveau régime de sanctions. Le texte sera examiné pendant la session extraordinaire à partir du 18 septembre en commission et du 25 en séance plénière.

La gauche s’oppose justement à cette réforme, la qualifiant de « chasse aux précaires ». Plusieurs sénatrices de gauche ont critiqué les « heures d’activités obligatoires » comme étant stigmatisantes et inégalitaires. Elles ont également souligné que la nouvelle sanction, appelée « suspension-remobilisation », pourrait avoir des conséquences graves pour les personnes déjà en situation précaire.

Le texte est reparti du Sénat avec plusieurs points durcis, notamment la limitation du remboursement des sommes suspendues à trois mois d’allocation. Les élus de gauche déplore un texte « empiré » et s’apprête à « mener la bataille » contre cette réforme qui remet en cause les fondements du pacte républicain.

« Le prochain budget devrait prévoir des crédits, sachant que l’exécutif envisage de ponctionner les recettes de l’Unedic pour financer, entre autres, l’intensification de l’accompagnement. Si chacun des allocataires du RSA avait quinze à vingt heures par semaine, à raison de quarante-cinq semaines par an, calculait l’économiste Guillaume Allègre dans Libération en mai, cette mesure coûterait 10 à 20 milliards d’euros ».(lire l’article de Libération)

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Fiche de paie : le nouveau « montant net social » peut pénaliser les bénéficiaires de la prime d’activité

Le « montant net social », récemment ajouté sur les fiches de paie, viserait à simplifier les démarches pour les bénéficiaires de prestations sociales comme le RSA et la prime d’activité, explique la journaliste Nina Le Clerre sur BFMTV. Cependant, ce changement implique également une modification de la base de calcul de ces prestations. Cela va fatalement entraîner une baisse du montant versé à certains bénéficiaires.

La CGT et d’autres organisations syndicales critiquent vivement cette mesure. Elles affirment qu’elle risque de réduire le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres. Par exemple, un salarié éligible à la prime d’activité pourrait voir sa prime passer de 159 euros à 123 euros par mois en raison du nouveau calcul basé sur le « montant net social ». Le montant net social intègre en plus du salaire la contribution employeur pour la prévoyance, pour la retraite supplémentaire, les titres-restaurant ainsi que la participation employeur aux frais de garde d’enfant ou le forfait mobilité durable. Tous ces éléments entrent désormais dans le calcul du revenu du salarié précaire et diminueront d’autant les montants du RSA et de la prime d’activité. Ce sont, rappelons-le, des minimas sociaux différentiels.

Le gouvernement prévoit d’automatiser le versement des prestations sociales d’ici à 2027. Bien que cette mesure puisse réduire le taux d’erreur et augmenter le taux de recours aux prestations, elle soulève des questions sur l’équité et l’impact financier pour les bénéficiaires actuels. La CGT estime que cette « simplification » cache en réalité un changement de la base des ressources servant à définir le montant des aides. Bref il n’y a pas de petits profits et ce sont les salariés les plus précaires qui vont y perdre. Et le gouvernement déclare lutter contre la pauvreté ? (lire l’article de BFM)

 


Bonus

Stress, anxiété, nouvelles organisations… L’absentéisme prend de l’ampleur dans les entreprises françaises

L’absentéisme en entreprise a connu une hausse significative en 2022, avec un taux atteignant 5,3% dans le secteur privé en France. Cette augmentation de près de 10% par rapport à l’année précédente est principalement due à un nombre croissant de salariés qui s’arrêtent au moins une fois dans l’année. De nouveaux secteurs et profils sont désormais touchés, notamment dans les services en informatique, la finance et l’assurance.

Les nouvelles organisations du travail, mises en place en réponse à la crise sanitaire, sont identifiées comme l’une des principales causes de cette hausse. Selon l’étude du cabinet WTW, ces changements n’ont pas été suffisamment accompagnés, particulièrement en ce qui concerne la gestion du télétravail et du droit à la déconnexion.

Les jeunes salariés sont particulièrement affectés, avec une hausse de l’absentéisme de 15% à 17% chez les 20 à 29 ans et les 30 à 39 ans entre 2021 et 2022. La santé mentale, le stress et l’anxiété sont également des facteurs croissants d’absentéisme, exacerbés par le télétravail et l’isolement social. (lire l’article du Midi Libre)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci !

Note : Ce sera l’unique revue de presse de ce mois de septembre. Je ne dispose pas de suffisamment de temps pour les rédiger, n’étant pas disponible ce mois-ci. Elles seront remplacées par des articles préparés le mois dernier que j’avais mis de côté. Le retour à la normale est prévu en octobre.

Photo de stockking sur Freepik

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