Didier Dubasque
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Revue de presse : Lien Social : « Mon cœur saigne » / « Ils m’ont jamais lâché » / « Je n’ai pas internet »

Bonjour et bienvenue à cette revue de presse. Aujourd’hui, nous sommes en peine, avec la disparition, annoncée hier par sa rédaction, du journal Lien Social. Jacques Trémintin, est tout autant affligé par cette fin imposée car il y a travaillé pendant  30 années. Aujourd’hui la revue des éducateurs spécialisés disparait dans un silence assourdissant. Entrons ensuite dans l’univers des éducateurs de rue avec le documentaire « Ils m’ont jamais lâché » diffusé sur LCP.  Un film qui montre leur rôle essentiel dans les quartiers populaires.  Ensuite,  Dans un tout autre registre, Victor Mérat du Figaro nous emmène à Blangy-le-Château, une commune qui vit au quotidien la fracture numérique de ses habitants normands. C’est édifiant. En complément, ne manquez pas de cliquer sur les liens qui présentent de multiples articles dont un me parait remarquable celui d’Yves Faucoup sur le traitement libéral de la misère aux États-Unis. Ne manquez pas non plus  les États généraux du travail social au Canada qui ressemblent à notre Livre Blanc. Chaque article vous propose un regard particulier sur les enjeux sociaux actuels… Bonne lecture !


À 35 ans et des poussières, la revue Lien Social tourne sa dernière page.

Quelle tristesse ! La revue Lien Social a annoncé sa fermeture suite à une liquidation judiciaire prononcée le 25 janvier dernier. Cette décision fait suite à une période difficile marquée par un redressement judiciaire dû à des problèmes de trésorerie, exacerbés par les crises structurelles affectant à la fois la presse et le secteur social. Malgré les efforts déployés par l’équipe à Toulouse et les contributions continues des journalistes, chroniqueurs et autres collaborateurs à travers la France, le magazine n’a pas réussi à surmonter ses défis financiers. Le déficit persistant et le nombre insuffisant d’abonnés ont conduit au dénouement inéluctable de la liquidation de l’entreprise.

Lien Social, un magazine indépendant dédié aux travailleurs sociaux et aux journalistes spécialisés dans ce domaine, a joué un rôle important dans l’accompagnement et la promotion des pratiques professionnelles et la défense  des valeurs du travail social. Sa disparition représente une perte significative pour ses lecteurs, souvent décrits comme les « professionnels de l’invisible ». Toutefois, l’espoir demeure que les collectifs, associations, syndicats et individus actifs sur les réseaux sociaux continueront de partager et de promouvoir leurs luttes et initiatives. En conclusion, l’équipe de Lien Social remercie ses lecteurs pour leur soutien indéfectible et les encourage à persévérer dans leur rôle essentiel au sein de la société. (Lire le communiqué de l’équipe de Lien Social)

Lien social : mon cœur saigne

Ce cœur qui saigne est celui de Jacques Trémintin ancien éducateur à l’ASE, surtout connu pour ses milliers d’articles publiés dans Lien Social. Je connais bien Jacques, son texte émouvant nous dit ce qu’il ne parvient pas à accepter : La disparition d’un journal qui a marqué des générations d’éducateurs spécialisés et de chefs de services éducatifs. Que nous dit-il ?

Il dresse un parallèle entre la lutte des salariés de l’entreprise Lip en 1973 et celle des salariés de Lien Social en 2023. Il évoque la déclaration de Pierre Messmer, Premier ministre en 1973, annonçant la fin de Lip, et la similitude avec la proclamation du Tribunal de commerce de Toulouse en novembre 2023, déclarant la fin de Lien Social. Cette comparaison historique souligne la résilience et la détermination des salariés dans les deux cas, luttant pour sauver leur entreprise respective.

Jacques Trémintin nous parle aussi de l’effort sans faille des salariés de Lien Social qui, malgré l’annonce de la liquidation, ont continué à publier la revue, (exclusivement en version numérique). Il décrit cette persévérance comme un acte de résistance face à l’adversité, soulignant la qualité maintenue de la rédaction et la régularité des publications. Cette ténacité, loin d’être un déni ou un aveuglement, est présentée comme un exemple d’engagement et de respect profond pour leur mission.

Sa tribune aborde aussi les difficultés rencontrées par Lien Social pour trouver un repreneur qui respecterait son indépendance éditoriale. L’échec de la campagne de financement participatif sur Ulule a de quoi interroger. Malgré les efforts de quelques contributeurs, le soutien financier s’est avéré insuffisant face à l’énorme déficit financier de la revue. Cette situation contraste avec le nombre important d’abonnés sur les réseaux sociaux, provoquant dans l’équipe qui maintenait le journal à bout de bras une certaine désillusion et un sentiment d’abandon.

Jacques conclut en rendant hommage à l’équipe de Lien Social pour son courage et sa dignité face à une fin inévitable. Il rappelle la longue histoire de la revue, depuis son premier numéro en 1988, soulignant son rôle essentiel dans l’accompagnement des travailleurs sociaux pendant plus de trois décennies. La fermeture de Lien Social, actée par le Tribunal de commerce en janvier 2024, marque la fin d’une époque et laisse un vide dans le quotidien de nombreux lecteurs et professionnels du social, désormais orphelins d’une précieuse source d’information et de réflexion.  (lire la tribune sur Tremsite, le site de Jacques Trémintin)

 


Sur LCP, un documentaire pour comprendre le rôle des éducateurs de rue

Cet article de Lise Laroye, publié sur le site de La Vie, nous fait découvrir l’univers des éducateurs de rue à travers le documentaire intitulé « Ils m’ont jamais lâché ».  Diffusé sur LCP (en replay jusqu’au 6 décembre), ce documentaire, réalisé par Paule Muxel, nous montre un aperçu du quotidien de ces professionnels dans les 14ᵉ et 19ᵉ arrondissements de Paris, à Épinay-sur-Seine et à Saint-Denis. Il donne à voir et à comprendre leur rôle essentiel dans les quartiers populaires.  Ils vont à la rencontre des jeunes en difficulté pour les soutenir et les aider à trouver « un chemin dans la vie ».

Le documentaire révèle ce à quoi sont confrontés ces éducateurs dans leur mission de prévention spécialisée. Caroline, une éducatrice à Paris, partage son expérience sur la construction de la confiance avec les jeunes, un processus qui demande du temps et qui reste une condition pour établir une relation d’aide efficace. Les témoignages des jeunes adultes, ayant bénéficié de l’accompagnement de la Fondation Jeunesse Feu Vert, confirment l’impact positif de ces travailleurs sociaux sur leur parcours. C’est super ce qu’ils disent.

L’article soulève aussi un problème majeur avec la difficulté de recruter de nouveaux éducateurs de rue. C’est en partie dû à des salaires peu attractifs. En 2023, le Comité national de liaison des acteurs de la prévention spécialisée comptait 3.600 éducateurs de rue dans notre pays, un nombre très insuffisant pour répondre aux besoins croissants dans ce domaine.

Ce documentaire est passionnant. Il fait apparaître cette mission comme l’une des plus nobles de la profession d’éducateur spécialisé. Les invités au débat après la diffusion en direct sont restés très discrets quant aux menaces qui pèsent sur la prévention spécialisée. Il y a de cela cinq ans, une interview dans Lien Social faisait état de trois tiers : un tiers des clubs de prévention qui ont disparu, un tiers qui a vu ses moyens réduits et un dernier tiers qui serait renforcé. Aujourd’hui, pas moins de 17 départements ne comporteraient pas de services de prév’ dans les quartiers. (lire l’article de La Vie) (visionner le reportage sur YouTube 52′)

 


«Je n’ai pas internet ici, et je n’y connais rien» : en Normandie, le recensement à l’épreuve de la fracture numérique

Bienvenue dans le monde réel ! Le journaliste Victor Mérat présente dans le Figaro la réalité de la fracture numérique en Normandie. Ce reportage se concentre sur le village de Blangy-le-Château dans le Calvados, lors du recensement national. Mais cela vaut pour de nombreuses communes dans tout le pays. L’article décrit les galères rencontrées par les habitants, en particulier les personnes âgées, pour simplement participer au recensement de l’Insee.

Le recensement, qui se déroule du 18 janvier au 17 février, concerne les communes de moins de 10 000 habitants et doit être effectué tous les cinq ans. Bien que le questionnaire puisse être rempli en ligne, de nombreux habitants dépendent de la visite d’un agent recenseur pour les aider.  Le journaliste décrit les rencontres entre Yves Laurelli, l’agent recenseur, et les résidents d’un village, révélant les difficultés rencontrées par ceux qui n’ont pas accès à Internet ou qui ne sont pas à l’aise avec la technologie.

L’article souligne aussi l’importance du recensement pour les communes, car les subventions de l’État en dépendent. Il met en évidence les efforts déployés par la mairie de Blangy-le-Château pour faciliter le processus, notamment en mettant en place des permanences pour aider les habitants. Les témoignages des résidents, tels que Jessica, une mère de famille, et Pierre, un octogénaire, illustrent les problèmes quotidiens liés à l’absence de connexion Internet fiable et la complexité perçue des sites gouvernementaux. Merci de le confirmer ! (lire l’article du Figaro)

 


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Photo : Dessin de Jiho à l’annonce de la disparition de Lien Social. Jiho est le dessinateur emblématique de la revue qu’il a illustré pendant de si nombreuses années (je crois même depuis ses débuts)

 

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