Didier Dubasque
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Revue de Presse | ASE : Et les parents ? / Hausse des violences conjugales / Inondations : « J’ai perdu ma dignité »

Bonjour et bienvenue à cette revue de presse, une fenêtre ouverte sur les enjeux sociaux et humains qui façonnent notre société. Aujourd’hui, nous plongeons dans des récits et des analyses  qui mettent en lumière des réalités souvent méconnues ou négligées. De la situation délicate des parents confrontés au placement de leurs enfants par l’aide sociale à l’enfance, aux chiffres alarmants des violences conjugales, chaque article ne peut que vous intéresser. Nous explorerons également la détresse des exilés à Calais, victimes d’inondations et d’indifférence. Chaque sujet qui vous est proposé est une invitation à comprendre et à réfléchirce que produit notre société. Installez-vous confortablement et… Bonne lecture.

 


Aide sociale à l’enfance : et les parents, que deviennent-ils ?

Cet article de Slate.fr  aborde une problématique sociale et familiale complexe et souvent négligée : le devenir des parents lorsque leurs enfants sont placés par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Tout  commence avec l’histoire de Jenifer, une mère dont les enfants ont été placés suite à des difficultés financières et familiales. Cette situation n’est pas isolée, comme le montre l’exemple de Catherine, une autre mère célibataire confrontée à des problèmes similaires.

En 2021, selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), environ 377.000 mesures d’aide sociale à l’enfance étaient en cours. Ces mesures, qu’elles soient administratives ou judiciaires, ne sont pas toujours bien comprises ou acceptées par les familles concernées. C’est assez logique.  Elles peuvent entraîner des complications, notamment lorsque les parents se retrouvent confrontés à leurs propres vulnérabilités et à des conditions socio-économiques difficiles. Emmanuel Gratton, psychologue et sociologue, souligne l’importance de l’accompagnement des parents dans une dynamique de coconstruction plutôt que de domination.

Les conseils départementaux cherchent à diversifier les options de prise en charge, en tenant compte des coûts et de l’efficacité des différentes méthodes. Cependant, Me Lamy, avocate spécialisée en droit de la famille, pointe du doigt le manque de communication et d’explication aux parents concernant les mesures prises par le tribunal. Cette lacune est d’autant plus problématique en cas de barrières linguistiques ou de manque d’instruction.

Azélys Marin, journaliste et juriste à la fois rappelle dans son article la dimension économique des mesures ASE : « … l’intervention à domicile d’un travailleur social est moins coûteux: environ 8 euros par jour, contre 45 à 50 euros pour un suivi renforcé avec hébergement et autour de 120-130 euros (parfois jusqu’au triple) pour un placement traditionnel, d’après un rapport parlementaire daté du 6 juin 2019.

La mission des travailleurs sociaux est difficile et délicate. Ils jouent un rôle clé dans l’application des décisions judiciaires, tout en respectant l’autorité parentale. Ils doivent naviguer entre les difficultés des familles et leurs propres représentations. David Storez et Olivier, deux professionnels du secteur, reconnaissent les défis liés à cette mission, notamment en termes de gestion des émotions et de la relation avec les familles. L’article met également en lumière les problèmes logistiques, comme la saturation des espaces de rencontre et les difficultés géographiques, qui compliquent le maintien du lien parent-enfant. Le placement des enfants hors du domicile familial, bien que parfois nécessaire, peut aggraver la situation, surtout dans un contexte de pauvreté. (lire l’article de Slate.fr)

 


Les violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2022

L’année 2022 a été marquée par une hausse alarmante des violences conjugales dans notre pays. Le nombre de victimes de violences commises par un partenaire ou un ex-partenaire a atteint 244.000 selon les données du Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure, publiées ce mois-ci. Cela correspond à une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance à la hausse, observée depuis 2019, révèle une réalité inquiétante : le nombre de victimes enregistrées a doublé depuis 2016.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où la parole des victimes se libère progressivement et où les services de police et de gendarmerie améliorent les conditions d’accueil de ces dernières. Malgré cela, la part des victimes rapportant des faits antérieurs à l’année d’enregistrement reste stable, à 28 %. Les violences conjugales se manifestent principalement sous forme de violences physiques, représentant deux tiers des cas. Les femmes sont les principales victimes de ces violences (86 %), tandis que les auteurs sont majoritairement des hommes (87 %). Des départements tels que la Seine-Saint-Denis, la Guyane, le Pas-de-Calais, le Nord et la Réunion enregistrent les taux les plus élevés de victimes pour 1 000 habitantes âgées de 15 à 64 ans.

 Une victime de violences conjugales sur quatre signale les faits aux services de sécurité selon l’enquête de victimation Genese 2021. Cette statistique met en lumière un problème majeur : de nombreuses victimes ne parviennent pas ou n’osent pas signaler les violences subies. Les violences conjugales, telles qu’analysées dans ce rapport, englobent une variété d’infractions, allant des violences physiques aux violences psychologiques, en passant par les violences sexuelles et le harcèlement. Ce rapport, publié par le Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure en novembre 2023, offre un aperçu détaillé et préoccupant de la situation des violences conjugales en France en 2022. (Lire le rapport du ministère de l’intérieur).

 


« J’ai perdu ma dignité » : à Calais, les exilés seuls face aux inondations

Cet article de Reporterre dénonce la situation critique des personnes exilées à Calais, confrontées à des inondations suite au passage de la tempête Ciarán. Environ 4.000 personnes exilées vivent dans des conditions précaires, et le campement près de l’hôpital de Calais est inondé. L’ouverture temporaire de 687 places d’hébergement pendant la tempête, n’a pas suffi, d’autant que cette mesure n’a pas été reconduite par la suite.

Des familles, y compris des femmes enceintes et des enfants en bas âge, ont demandé en vain une aide d’urgence devant la sous-préfecture de Calais. La journaliste Julia Druelle souligne le manque de réaction des autorités face à cette situation, mettant en lumière la précarité des personnes exilées exacerbée par les conditions météorologiques extrêmes. La situation des personnes exilées à Calais est décrite par la journaliste comme désespérée.  Julia Druelle dénonce aussi un manque de réaction des autorités face à ce qu’elle nomme une crise humanitaire, soulignant l’absence d’une réponse adaptée à la situation pour fournir une aide d’urgence aux personnes affectées. Certaines photos de son reportage sont éloquentes.

Cet article met en évidence non seulement une absence de mesures adéquates pour répondre à la crise humanitaire, mais aussi le manque de compassion et de soutien envers ces exilés confrontés aux inondations. Ils vivaient déjà dans un grand dénuement, la tempête leur a tout enlevé. Cet article dénonce la violation des droits fondamentaux de ces personnes et appelle à une action urgente pour fournir une assistance adéquate et garantir la dignité des exilés qui sont actuellement dans une situation plus que critique. (lire l’article de Reporterre)

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Bonus

Un peu d’auto-promo ! « Je défends une vision un peu utopique »

J’ai eu l’honneur d’être mis en avant par les ASH ce week-end. Brigitte Bègue m’avait interviewé il y a quelques jours pour présenter mon travail sur ce blog. Merci à elle. J’aime bien la formule qu’elle utilise pour me qualifier : « retraité, mais pas en retrait ». Il est vrai que je ne me vois pas aller cultiver des choux et des carottes (même si c’est très bien aussi). J’aime écrire, ce qui explique mon intérêt pour tenter de mettre en valeur une certaine vision du travail social. Cette approche n’est pas si utopiste que cela puisque je rencontre encore aujourd’hui régulièrement des travailleurs sociaux (et travailleuses sociales) qui portent haut et fort des valeurs humanistes qu’elles mettent en action dans leurs pratiques.

Brigitte Bègue va quand même un peu loin quand elle dit que je suis un influenceur. Les influenceur(e)s que je vois sur les réseaux sociaux tentent principalement de vous vendre quelque chose. Pour ma part, je ne vous vends rien, je ne touche aucun revenu de cette activité.

Bref, je suis arrivé à un âge où le souhait de transmettre ce que j’ai appris dans toute une vie d’activité professionnelle reste aussi une façon de m’engager.  S’engager fait partie à mon avis de l’ADN des travailleurs sociaux. Et pour ma part j’ai toujours ce désir de promouvoir la cause du service social et plus largement de la lutte contre les inégalités. Et là, pour tout dire, il y a vraiment du boulot ! (lire l’article des ASH)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser

 

Photo créée par bearfotos – fr.freepik.com

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