Didier Dubasque
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Revue de presse : 10 ans de plans avec le Canard Enchainé / Le salaire des éducateurs / réforme du RSA : ce sera en 2025

Bonjour et bienvenue à cette première revue de presse de l’année 2024 ! Aujourd’hui, nous plongeons au cœur des attentes et des promesses qui marquent le secteur du travail social. Le Canard Enchaîné, avec l’article de Lauriane Gaud, souligne un décennie de rapports et de promesses gouvernementales non tenues. Puis, Cécile Moine pour Capital nous offre un éclairage sur la réalité quotidienne et la rémunération des éducateurs spécialisés. Nous explorerons également les controverses autour de la réforme du RSA et ses implications, ainsi que d’autres sujets sous forme de liens tels que la santé mentale des Français face à l’inflation, les défis de l’accueil familial, ou encore les difficultés rencontrées par les travailleurs sans papiers. Cette revue de presse est une invitation à comprendre les enjeux actuels et futurs du travail social et de la solidarité. Installez-vous confortablement et… Bonne lecture !


Dix ans de plans pour sortir de la précarité les travailleurs anti-précarité

Le Canard Enchaîné paru hier nous rappelle dans un article signé Lauriane Gaud le peu de cas qui est fait des travailleurs sociaux depuis plusieurs années.  En voici en résumé (l’article n’est pas accessible en ligne) :  Le Pacte des Solidarités, cette nouvelle merveille annoncée par Emmanuel Macron, promet de sortir les plus pauvres de leur misère grâce un budget oscillant entre 13 et 20 milliards d’euros selon les experts. Ce plan devrait, en théorie, révolutionner la vie des travailleurs sociaux à compte de cette année 2024.

La journaliste nous rappelle alors une série de promesses de plans non mis en œuvre par le passé. Dernières en date, les préconisations du livre blanc du travail social récemment remis à Aurore Bergé par le Haut Conseil du travail social. Le rapport plaide pour une « action rapide » en matière de revalorisation des salaires et d’amélioration des conditions de travail. Une nécessité, quand on sait que les travailleurs sociaux sont soumis à un taux d’accident du travail et de maladie professionnelle trois fois supérieur à la moyenne nationale. La journaliste rappelle que cela fait une décennie que des rapports s’empilent, décrivant les mêmes problèmes sans qu’aucune solution concrète ne soit mise en place.

En 2015, la députée Brigitte Bourguignon avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la souffrance des professionnels de l’action sociale. Le gouvernement Valls, dans un élan de générosité, avait alors annoncé un plan d’action. Et en 2016, le Conseil national de la protection de l’enfance a été créé, rappelant les moyens qui manquent dans le secteur. En 2020, La Cour des comptes en a remis une couche en soulignant la pénibilité et la faible attractivité du secteur. Mais qui écoute la Cour des comptes, au sein du gouvernement ?

En 2022, le livre vert du travail social a été publié, suivi de près par le rapport de Denis Piveteau, tous deux pleins d’espoir et de bonnes intentions. Et maintenant, Aurore Berger, la ministre des Solidarités, promet du changement avec la création d’un Institut National du Travail Social. Une « étape clé », dit-elle. Mais entre nous, avons-nous réellement des raisons de croire que 2024 sera l’année du grand changement ? Les rapports se sont succédé comme les résolutions du Nouvel An : on veut y croire dur comme fer… jusqu’à ce qu’on retombe dans les vieilles habitudes. Alors, chers collègues, gardez espoir, mais ne rangez pas encore vos parapluies. Après tout, on ne sait toujours pas quand le prochain déluge de promesses non tenues risque de s’abattre sur nos métiers toujours autant dévalorisés.

 


Salaire : combien gagne un éducateur spécialisé en 2023 ?

Cet article de pour Capital apporte une vue d’ensemble sur la profession d’éducateur spécialisé en France, soulignant à la fois leur rôle essentiel dans la société et les aspects pratiques de leur carrière, notamment en termes de rémunération et d’avantages professionnels. Le métier représente plus de 65.000 professionnels en activité avec  environ 3.000 postes à pourvoir. Ces professionnels, employés majoritairement dans le secteur privé associatif (approximativement 80% selon l’ONISEP), mais aussi dans le secteur public, jouent un rôle vital dans l’accompagnement des personnes ayant des handicaps, des troubles du comportement ou des difficultés d’insertion sociale. Leur travail, qui nécessite « des nerfs solides » et de la patience, se pratique en collaboration avec divers acteurs. Les éducateurs spécialisés mènent également des actions de prévention auprès de publics vulnérables, comme les anciens détenus ou les victimes de maltraitance, pour prévenir la délinquance ou la toxicomanie. Tout cela, vous le savez déjà.

Concernant la rémunération, un éducateur spécialisé en début de carrière touche entre 1.500 et 1.900 euros net mensuels, suite à la revalorisation de 2022. Cette rémunération en début de carrière est fixée par la grille indiciaire des assistants socio-éducatifs et évolue avec l’ancienneté. De plus, les éducateurs spécialisés peuvent bénéficier d’avantages professionnels variés selon leur spécialisation, comme des indemnités compensatrices pour les frais professionnels et la possibilité de suivre des formations tout en percevant une partie de leur salaire.

Enfin, l’article aborde les avantages financiers spécifiques au secteur public et privé. Dans le secteur public, les éducateurs spécialisés fonctionnaires peuvent prétendre à diverses primes et indemnités, tandis que le secteur privé offre des avantages sociaux en nature comme les tickets restaurant ou l’accès à une mutuelle d’entreprise. Après dix ans d’exercice et une formation complémentaire, les éducateurs spécialisés ont la possibilité d’évoluer vers des postes d’encadrement, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles perspectives professionnelles. (lire l’article de Capital)

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Réforme du RSA : la généralisation des 15 heures d’activité obligatoires n’entrera en vigueur qu’en 2025

Vous le savez, la réforme du Revenu de Solidarité Active  intégrée dans la loi « pour le plein emploi » du gouvernement, prévoit une nouvelle conditionnalité pour les allocataires : la réalisation de 15 heures d’activités hebdomadaires obligatoires. Cependant, cette mesure, qui a suscité de vives critiques,  n’entrera en vigueur que le 1ᵉʳ janvier 2025. Le ministère du Travail et Pôle Emploi ont confirmé cette information à France-Info. Cette réforme s’inscrit dans une démarche plus large visant à encourager l’insertion professionnelle et à réduire le chômage.

Pour appliquer cette mesure, tous les allocataires du RSA devront être inscrits à France Travail, le nouveau Pôle Emploi, à partir de 2025. Actuellement, seulement 40% des deux millions de bénéficiaires du RSA sont inscrits à Pôle Emploi. L’inscription à France Travail sera automatique pour toute nouvelle demande de RSA à la CAF le 1er janvier 2025. Les allocataires devront établir et signer un contrat d’engagement avec leur conseiller, qui définira les activités obligatoires adaptées à leur profil, telles que des immersions en entreprise ou le passage du permis de conduire. Le nombre d’heures obligatoires pourra être ajusté en fonction de situations exceptionnelles, comme des problèmes de santé ou des contraintes de garde.

La réforme introduit également un nouveau dispositif de sanction nommé « suspension-remobilisation ». Si un allocataire ne respecte pas les heures d’activités prévues, le versement de son allocation sera suspendu. Toutefois, si l’allocataire se conforme par la suite à ses engagements, il pourra récupérer ses droits de manière rétroactive. Cette mesure a déjà été testée dans 18 départements, touchant environ 15 000 personnes, avec des retours jugés « encourageants » par l’assemblée des départements de France. Ces départements ont reçu un soutien financier de l’État pour faciliter l’expérimentation, y compris le recrutement de nouveaux conseillers. D’autres territoires devraient rejoindre cette expérimentation en 2024.

En parallèle, précise la journaliste Camille Marigaux, le gouvernement prévoit une revalorisation du RSA de 4,6% au 1er avril 2024. Cette mesure s’inscrit dans l’objectif plus large du gouvernement d’atteindre un taux de chômage d’environ 5% en 2027, contre 7,1% actuellement, en ciblant particulièrement les personnes éloignées de l’emploi. (lire l’article de France Info)

 


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Photo : drobotdeandrobotdean sur Freepik

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