Qui est laissé pour compte et pourquoi ? Les cinq facteurs clés de l’exclusion selon les Nations Unies

« Les dix prochaines années …/… seront les plus critiques de notre génération ». Ce constat est porté par l’Assemblée Générale des Nations Unies qui précise aussi que ces années futures prennent aussi une importance nouvelle puisqu’il s’agit de reconstruire en mieux après la pandémie de COVID-19.

Le programme des Nations Unies pour le développement a identifié les éléments qui permettent d’évaluer les différentes exclusions vécues par nos concitoyens. En effet, la seule pauvreté économique ne suffit pas pour expliquer les inégalités et les mécanismes qui laissent les personnes « sur le bord de la route ». Ces 5 facteurs intéresseront particulièrement les travailleurs sociaux soucieux d’élaborer des diagnostics pertinents permettant d’agir sur différents leviers

Les gens sont laissés pour compte quand ils n’ont plus la possibilité de faire des choix et de se saisir des opportunités qui s’offrent à eux. Toutes les personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté peuvent ainsi être considérés comme des « laissées pour compte », tout comme ceux qui subissent des discriminations. Ce qu’elles vivent  limitent leurs possibilités d’agir  dans la société. Cet article tente de comprendre comment on peut devenir un « laissé pour compte » et pourquoi il est nécessaire d’identifier cinq facteurs à évaluer pour pouvoir obtenir des réponses efficaces.

1er facteur : les discriminations

Toute personne peut en être victime. Mais les discriminations sont multiples. Elles provoquent des injustices selon les situations rencontrées. L’exclusion ou les mauvais traitements auxquels les personnes sont confrontées peut provenir d’un ou de plusieurs aspects de leur identité (attribués ou supposé). Cela commence par exemple par le fait d’être une femme, mais cela peut aussi concerner l’apparence physique, le handicap, l’origine ethnique, l’âge, le milieu social, l’orientation sexuelle…  Tout cela est régulièrement dénoncé dans les médias et la loi prévoie de condamner les auteurs de discrimination

2ᵉ facteur : la géographie

L’endroit où vous habitez peut vous exclure. Certains lieux favorisent l’isolement, la vulnérabilité (face aux maladies par exemple), le manque d’accès aux services publics, les difficultés de déplacement (manque de transports), mais aussi manque d’accès à l’information (telles les carences de l’Internet en zone rurale). Les différences d’infrastructure en raison de son lieu de résidence provoque des inégalités

3ᵉ facteur : la gouvernance

Nous sommes très attachés en France à l’égalité de traitement. Or selon les politiques régionales, départementales et communales, une même situation peut se traduire par des réponses très différentes. On peut être désavantagé en raison de politiques locales qui favorisent tel ou telle catégorie de la population. Ainsi dans certaines villes, les personnes âgées peuvent être très aidées, mais les jeunes beaucoup moins ou encore pas du tout lorsque l’on est jeune et d’origine étrangère. Les décisions budgétaires ont des impacts sur la vie des gens. Ceux qui sont en capacité d’influencer ou participer de manière significative aux décisions qui les concernent obtiennent plus facilement gain de cause.

4ᵉ facteur : le statut socio-économique

Nous avons tous un capital social et économique. C’est une évidence de penser que nous ne partons pas dans la vie sur un pied d’égalité. Nous sommes marqués par notre histoire, celle de nos parents ou du moins de ce qui nous a été transmis. Les privations, les désavantages en termes de revenus,  l’espérance de vie et le niveau d’instruction sont à prendre en considération. Certains ont ainsi moins de probabilités de rester en bonne santé, de bien se nourrir et d’être instruits. D’autres ne peuvent répondre à la concurrence du marché du travail…

5ᵉ facteur : les chocs qui fragilisent

Ce que l’on appelle les « accidents de la vie » peuvent provoquer des traumatismes qui empêchent de vivre correctement et sereinement. On peut être  laissé pour compte lorsque l’on est vulnérable aux risques liés aux stress, aux conflits, aux déplacements, aux grands mouvements de migrants, mais aussi à la dégradation de l’environnement, et  aux catastrophes naturelles et autres types d’événements climatiques.  Le traitement de l’épidémie de Covid 19 a aussi provoqué un choc important pour la population qui n’y était pas du tout préparée et qui n’avait pas les moyens de s’informer.

 

C’est en identifiant les impacts de ces cinq facteurs d’inégalité que l’on pourra mieux aider les personnes qui subissent différentes formes d’exclusion. Il s’agira aussi de leur permettre de comprendre qu’elles ne sont pas la cause unique de leur malheur comme beaucoup le pensent. Cette déculpabilisation est essentielle pour permettre à la personne de se reconstruire.

 

 

Photo Assemblée plénière des Nations Unies (Co) undp.org

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