Protection de l’enfance : les mesures d’Adrien Taquet déçoivent / «Qui peut affronter la vie seul à 18 ans ?» / La CAF lèse des allocataires » du RSA

Protection de l’enfance : le plan du gouvernement laisse les professionnels sur leur faim

Le secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la santé Adrien Taquet a présenté lundi une série de mesures, dotées d’un budget de 80 millions d’euros. Une dotation largement insuffisante au regard des besoins. (ça on le savait déjà). Le journal Le Monde précise qu’il y a urgence.

« Malgré 8 milliards d’euros consacrés en 2018 au secteur de la protection de l’enfance, la situation est explosive ». La journaliste   rappelle que « sur l’ensemble du territoire, environ 341 000 mineurs sont pris en charge, la moitié environ étant placés en établissements ou en familles d’accueil. Mais dans bon nombre de départements, les dispositifs d’accueil sont saturés, les mesures judiciaires de placement mettent des mois à être exécutées, et les professionnels de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) n’en finissent plus d’alerter. »

L’article décline les mesures prises. Il y a celles pour faciliter l’adoption simple, mais aussi les procédures d’agrément des familles d’accueil avec la création d’un fichier national. Tout un volet est consacré à la prévention des situations de danger. avec l’entretien prénatal précoce (qui décèle les situations mais ne les traite pas). Il s’agit aussi « d’améliorer le traitement des informations préoccuppantes »

«On attendait une politique nationale de protection de l’enfance, on a une série d’intentions, très peu de mesures opérationnelles et des oublis scandaleux» explique Lyes Louffok, qui intervient systématiquement dans les débats sur ce sujet au titre de son statut d’ancien enfant placé (devenu un militant incontournable de leur cause). En colère, il résume : « Cette stratégie est une vraie déception pour les enfants placés. » Il l’explique en détail dans une tribune signée avec Michèle Creoff intitulée « Protection de l’enfance: les enfants placés resteront à la porte du Nouveau Monde« .

«Qui peut affronter la vie seul à 18 ans ?»

Le journal Libération propose là une bel article de témoignages d’anciens enfants placés en marge de la présentation de la « stratégie nationale de prévention et de protection ». La journaliste Anaïs Moran a interrogé Maëlle, Stéphanie, Joao, Michaël, Léo et Anne-Solène. Que nous disent-ils ?

  • Anne-Solène, 34 ans : « Tout le monde devrait avoir un parcours sans rupture »
  • Joao, 23 ans : « Les mineurs isolés ne sont pas des enfants de seconde zone »
  • Léo, 27 ans : [nous sommes] « Une jeunesse sans toit ni foi en l’avenir »
  • Maëlle, 33 ans : «Il faut rétablir une vision plus équilibrée de l’ASE»
  • Stéphanie, 31 ans : « Le lien du sang doit-il l’emporter sur le bien-être de l’enfant ? »
  • Michaël, 29 ans : « Nous avons besoin d’une instance indépendante de contrôle »

« Une stratégie digne de ce nom aurait pourtant le pouvoir d’améliorer le quotidien des 300 000 enfants et adolescents suivis et pris en charge par ce système de protection. Sachant que l’ensemble de ses acteurs, les travailleurs sociaux en première ligne, trop peu nombreux, trop isolés et rarement valorisés, sont au bord de la rupture. » (lire l’article de Libération)

Minima sociaux : La CAF lèse des bénéficiaires du RSA

La situation, soulignée par le journal l’Humanité, concerne les parents notamment les pères qui ont des  enfants en garde alternée. Les allocations familiales ne leur versent qu’un revenu de solidarité active de célibataire. Une situation loin d’être isolée. Pour l’instant, la présence d’un ou plusieurs enfants, une semaine sur deux, dans le cadre d’une garde partagée, n’est pas reconnue. Ils ne sont pas considérés à charge par la Caisse d’Allocations Familiales dans le calcul des prestations comme le RSA.

La journaliste Camille Bauer présente le parcours de Frédéric, la cinquantaine habitant dans le Cher. Il accueille une semaine sur deux ses 2 enfants.  » Selon la CAF, l’affaire est simple. En juillet, en remplissant un formulaire avec son ancienne compagne, Frédéric a renoncé aux prestations non divisibles octroyées par la CAF – toutes sauf les allocations familiales ». Bien évidemment il ne le savait pas ce qui fait dire à  Florie Gaeta, administratrice CGT de la CAF du Cher, « ces petits arrangements avec la loi n’ont qu’un objectif : faire des économies ».  (lire l’article de l’Humanité)

 

Revue de presse réalisée avec le concours de Michelle Verrier Flandre

Photo (compte twitter  Adrien Taquet). Le secrétaire d’Etat en charge de  la protection de L’enfance en visite au service d’accueil d’urgence d’Arnouville géré par le groupe SOS, une structure de l’aide sociale à l’enfance (ASE) du Val-d’Oise

 

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4 réponses

  1. depuis plus d’un an que les gilets jaunes ont tiré la sonnette d’alarme sur la précarité sociale, situation qui fait un peu pensé à ce qu’on avait vécu à la création du RMI où l’on avait découvert des personnes en grande souffrance qui venaient ouvrir ce nouveau droit, je me demande où sont passé les travailleurs sociaux qui n’ont pas réagit à la baisse de l’APl et encore moins à la phrase scandaleuse de notre président sur « les pauvres qui font n’importe quoi!! »
    a quand une mobilisation des travailleurs sociaux pour défendre les personnes dont ils sont chargés de l’accompagnement et qui souffrent sans que beaucoup ne s’en émeuvent !!
    mais on prépare Halmoween c’est sans doute plus important

  2. les Travailleurs sociaux des maisons des solidarités de la haute Garonne sont en droit de retrait depuis vendredi dernier pour 20 d’entre elles et depuis 2 semaines pour deux autres.. De nombreux autres services de la direction enfance et famille sont aussi en droit de retrait.
    Cela signifie que l’action sociale sous toutes ces formes est paralysée depuis plusieurs jours afin de faire réagir les responsables..
    Pourquoi ce droit de retrait? Pour dénoncer des conditions de travail insuffisantes, un manque de moyen qui impacte notre accompagnement au quotidien. Des dispositifs d’accueil saturés. Tout cela génère beaucoup de souffrance au travail.
    Les travailleurs sociaux aujourd’hui disent STOP.
    Nous attendons aujourd’hui des propositions de l’exécutif.

    1. je suis fière de ce que vous faite mais ici à Montceau les Mines je dois dire qu’une majorité de mes collègues ne se bougerons pas trop heureuse qu’on les maintienne dans un rôle de simple administratif (en secteur il n’y a pratiquement plus de visites à domicile ni de partenariat avec les mairies !). Pour les grèves … ben je crois bien être seule ! et le syndicat majoritaire ne ses mobilise pas plus puisqu’on lui offre de nombreux avantages (avancement, poste sur mesure…) pour les museler. Je suis écoeurée de voir que notre coeur de métier a disparu et que les usagers continuent à souffrir… seuls
      Efectivement l’essentiel c’est de préparer les fêtes, de aire les pauses cafés et les pauses clopes et les gens en souffrance ça attendra !!!

      1. Ici, tout est partie d’une équipe …. et finalement petit à petit on a rejoint le mouvement et on s’est aperçu qu’on était tous en souffrance.
        Le coeur de notre métier est l’accompagnement et nous n’avons plus le temps.
        Les familles, les enfants ont besoin de nous et on se doit d’être là pour eux.
        D’où le STOP!!
        On est environ 500 travailleurs sociaux en STOP et c’est dommage car rien n’est relayé par la presse.
        Alors c’est sur nous n’avons pas de fumier, ni de tracteur, nous n’avons pas de train, nous n’avons pas d’élèves pour faire pression. Nous n’avons que nous et notre volonté d’y croire encore!

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