Pourquoi le travail social communautaire ne se développe pas suffisamment en France ? 

Le travail social communautaire est peu développé en France. Il lui a été préféré le développement social local. Pourtant dans les pays anglo-saxons, organisation communautaire et développement communautaires sont largement reconnus, pratiqués et institutionnalisés. Mais pourquoi  ?

Certains pays d’Europe, comme la Hollande, l’Italie, ont inscrit les modèles d’actions communautaires dans leur politique sociale, en France, le travail communautaire ne s’est pas vraiment développé car le mot « communautaire » est la plupart du temps confondu avec les communautarismes qui fait craindre la revendication des références culturelles, religieuses et des appartenances singulières, contraires au modèle républicain. Le terme « communautarisme’’, néologisme apparu dans les années 1980, en référence aux revendications de certaines « minorités » d’Amérique du Nord, est employé dans un sens plutôt péjoratif. Il désigne une forme d’ethnocentrisme ou de sociocentrisme qui donne à la communauté une valeur plus importante qu’à l’individu, avec une tendance au repli sur soi, et les valeurs qui servent de référence sont essentiellement traditionnelles. En France, notre modèle citoyen accepte mal les communautés perçues comme en concurrence avec la « communauté nationale ». Les communautés virtuelles sont plus acceptées…

Pour autant des pratiques communautaires existent en France particulièrement dans certains champs, dont celui de la santé publique qui a pour objectif l’amélioration de la santé, la sécurité et la sûreté des citoyens ainsi que la promotion de la santé afin d’améliorer la prospérité et la solidarité, dans un objectif de générer et diffuser les connaissances en matière de santé. L’approche communautaire en santé publique « vise à identifier et analyser les problèmes de santé d’une population, avant d’aboutir à une programmation et à une évaluation des actions de santé en associant la population à toutes les étapes du processus »(1). La santé communautaire consiste en des pratiques partenariales, pluridisciplinaires, mêlant ou croisant des activités de soins et des approches sociales ou d’environnement.

L’action communautaire cherche à établir un mouvement, développe une approche globale et participative des personnes pour résoudre leurs problèmes collectifs, et a pour but de promouvoir la citoyenneté et la démocratie. Le développement communautaire est la participation consciente et organisée de la communauté en vue de son propre développement(2). Quant à l’approche communautaire, elle est un processus social dans lequel des groupes définis partageant les mêmes besoins et qui vivent dans une région géographique circonscrite, cherchent activement à identifier leurs problèmes et à établir des mécanismes pour répondre à leurs besoins de façon consensuelle et durable. Enfin la participation communautaire est la participation active des individus à l’identification et à la résolution appropriée de leurs problèmes. Cette participation peut être incitée ou spontanée.

(1) Bauman M., Canet D., Chalons S., Santé communautaire et action humanitaire, Rennes, EHESP, 2001

(2) Didier Minot, Président de RECIT, Réseau des Ecoles de Citoyens. La mutualisation des méthodes porteuses d’éducation émancipatrice constitue l’axe d’action principale de RECIT.

Photo :  12189075@N04 damien « La communauté »  Prise le 5 février 2009 Certains droits réservés

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