Pourquoi et comment les travailleurs sociaux se saisissent des outils numériques dans leur travail ?

Parlons  aujourd’hui des travaux du groupe numérique du Haut Conseil du Travail Social que j’anime en lien avec la DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale) dans le cadre d’un mandat qui nous a été confié en juin 2017. Le groupe  se réunit depuis à raison d’une fois par mois. Je n’avais pas pris le temps de rédiger d’article à ce sujet sur ce blog. C’est l’occasion de vous présenter le texte produit par le goroupe de travail. qui se traduit par une série de recommandations votées en juillet dernier par l’assemblée plénière du HCTS. Texte que vous pouvez trouver en ligne depuis peu sur le site du Haut Conseil. vous pouvez aussi  le télécharger ici.

Mais « pourquoi et comment les travailleurs sociaux se saisissent des outils numériques dans leur travail » ?

La présentation en ligne ici (cliquez sur ce lien)  vous permet de savoir qui fait partie du groupe, comment nous avons travaillé et ce qui a été jusqu’à présent rédigé car ce travail continue avec la rédaction de fiches techniques qui, je l’espère, seront utiles pour tous.

Il y a beaucoup à écrire sur le numérique. Il y a par exemple les outils utilisés par les travailleurs sociaux, les demandes des personnes accompagnées, la place et le rôle de chacun, l’accès aux droits, le partenariat… Bref nous avons tenté de construire collectivement une analyse partagée dans le but d’apporter des éléments de réflexion  en faisant des propositions

L’ambition du HCTS est aussi de pouvoir apporter des outils utiles, de faire des propositions en direction des travailleurs sociaux, de leurs encadrements et directions en tenant compte de la situation actuelle, notamment des personnes accompagnées,  souvent en difficulté face au numérique dès lors qu’elles ne maitrisent pas les outils ou ne disposent pas de connexion internet

Comment est structuré ce texte ?

  1. Nous avons d’abord voulu définir ce que recouvre le terme de numérique car chacun a sa propre interprétation
  2. nous avons structuré notre analyse en 3 parties :   1. La transition numérique est un enjeu pour le travail social, 2. Cette « transition » requiert de la vigilance et oblige l’analyse partagée. 3. elle nécessite un accompagnement de l’évolution des pratiques des professionnels
  3. Une série de recommandations tente de rappeler ce qui est nécessaire pour que cette transition ne provoque pas de nouvelles exclusions (car c’est bien de cela qu’il s’agit). Ces recommandations sont en direction des services de l’Etat et des collectivités, des institutions qui développent des services en ligne et enfin en pour les travailleurs sociaux, leurs encadrements et directions

Quelles sont les idées développées ?

Voici une sélection des principaux points abordés étant entendu qu’il y en a beaucoup d’autres. Les recommandations se déclinent sur  14 pages, et nous n’avons pas l’impression d’être allé au bout du sujet tant il est complexe et conséquent. Voici les 4 grandes idées à retenir :

1. Le numérique impacte les pratiques professionnelles et les organisations de travail et peut amplifier le non-recours aux Droits. Il favorise la mise en œuvre de services nouveaux

2. Des outils de communication et d’échanges sont à sécuriser dans le respect du Droit mais aussi des principes éthiques et de la déontologie

3. L’accès et le maintien des Droits doivent être renforcés. Les travailleurs sociaux ne peuvent porter seuls cette dimension.

4. Le numérique oblige à enrichir la réflexion professionnelle en reconnaissant et en s’appuyant sur le pouvoir d’agir et les compétences des personnes accompagnées

Les Recommandations du Haut Conseil du Travail Social

Cette série de recommandations a été votée à l’unanimité ce qui est une validation importante au regard des personnes et des organisation qui siègent au sein de cette instance. Pour que le numérique soit un outil de la solidarité, il est nécessaire que chacun des acteurs responsables dans ce qu’ils engagent se mobilisent et prennent en compte cette série de propositions. Là aussi c’est un résumé, c’est ce qui est apparu essentiel mais le texte décline d’autres préconisations :

  • Pour l’État et les collectivités

Il est nécessaire de permettre et de favoriser l’emploi des médiateurs sociaux et des médiateurs numériques (structuration des métiers) et de rendre les interfaces  cohérentes entre elles (notamment celles des services publics et administrations qui gèrent des droits

  • Pour les institutions gestionnaires de services en ligne

Il faut associer travailleurs sociaux et personnes concernées dès la conception des applications. Les utilisateurs doivent pouvoir dire ce qu’il faut faire pour que les interfaces soient simples et compréhensibles par tous. (il faut aussi qu’elles fonctionnent )

Il faut aussi continuer d’offrir des lieux  traditionnels d’accueil en « face à face ». Il faut pouvoir continuer de pouvoir se parler de personne à professionnel sans passer systématiquement  par une messagerie (ou un robot répondeur)

  • Pour les travailleurs sociaux, les encadrements et leurs directions

Il est nécessaire que les projets de service incluent le numérique comme une question à part entière, et qu’ils permettent la mise en œuvre des services adaptés sans forcément remplacer ce qui déjà fonctionne bien.

Nous devons tous respecter la loi  notamment sur le partage d’informations et avoir une pratique « mesurée et réfléchie » de l’usage des outils (comme par exemple avec les messageries)

Il est important que mettre en place des formations adaptées et de produire des savoirs sur les usages des outils numériques aussi bien des savoirs d’expériences des travailleurs sociaux que ceux des personnes accompagnées.

les travailleurs sociaux doivent pouvoir alerter sur les éventuels dysfonctionnements des outils afin que des réponses soient apportées

 

Bien évidemment il y a beaucoup d’autres points à aborder.  Je vais intervenir prochainement dans des colloques et tables rondes  traitant du numérique : à Nantes où il sera question de numérique et du pouvoir d’agir des personnes le 3 décembre, aux assises des solidarités numériques à Bordeaux où là il sera question d’éthique dans les pratiques numériques. Ce sera le 6 décembre matin. Puis ce même jour mais  l’après midi je serais à Poitiers pour parler des évolutions des pratiques professionnelles liées aux usages du numérique. Bref, je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer !

à télécharger :

« Pourquoi et comment les travailleurs sociaux se saisissent des outils numériques »

 

Photo : lors d’une assemblée plénière du HCTS

 

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2 réponses

  1. Travailleurs !
    Travailleurs sociaux !

    Est-ce un terme approprié ?
    Lorsque l’on est titulaire d’un.DE en Sciences Sociales..

    Nous sommes en 2018 si je ne me trompe !.

    Meilleures salutations.
    Élise

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