Pour une société qui prend soin, qui protège, qui accompagne… Soutenons le « pacte du pouvoir de vivre »

En ce début d’année, chaque candidat à l’élection présidentielle a publié ses vœux pour la nouvelle année. Mais savez-vous qu’il y a des Français qui leur ont aussi adressés leurs propres vœux sans faire de promesses ?

Il faut souligner l’intérêt de cette initiative citoyenne. Le 5 novembre dernier, invités sur France Inter, Laurent Berger – secrétaire général de la CFDT et Christophe Robert – délégué général de la Fondation Abbé Pierre, annonçaient la volonté du Pacte du Pouvoir de Vivre d’entrer en campagne. Non pas pour être élu, ni pour soutenir un candidat, mais pour que le débat public traite des enjeux fondamentaux qui n’ont que trop peu voix au chapitre.

Cette intention est devenue réalité à travers ce message adressé à l’ensemble des candidats :

Ce « pacte du pouvoir de vivre » – initié il y a 3 ans – est là pour rappeler qu’un débat riche et constructif est possible. D’horizons très différents, 65 organisations membres et 35 groupes locaux qui agissent notamment sur les questions de lutte contre le changement climatique, la réduction des inégalités, l’accès à l’emploi, au logement, à l’éducation et à la santé. Parmi les signataires vous retiendrez, pour le secteur social, l’engagement de l’APF France Handicap, ATD Quart Monde, l’association Territoires Zéro Chômeur, les CEMEA, Le CNAJEP, ESS France, la fédération COORACEEmmaüs, Léo Lagrange, la FAS, la fédération des Centres Sociaux… ( La liste est trop longue voir la suite ici ! )

Toutes ces structures ont élaboré 90 propositions communes qui visent à être reprises et débattues par les candidats. Les domaines sont très divers comme le montre ce schéma

tableau 1

Pour une société qui prend soin, qui protège, qui accompagne

C’est le premier axe de ces 90 propositions. Il n’est pas courant que ce sujet soit abordé au-delà le champ du sanitaire, crise COVID oblige. Mais là, ces propositions mises en avant intéressent particulièrement l’action sociale. Ces priorités à engager ne sont pas mises en avant par une grande majorité de candidats.  Entrons dans le détail des 8 premières propositions…

  1. Revaloriser les minima sociaux et instaurer un revenu minimum garanti. Il permettra de combattre efficacement la pauvreté, et qui doit assurer, à terme, des ressources d’au moins 50% du niveau de vie médian.
  2. Mettre en œuvre un revenu minimum garanti, sous conditions de ressources, accessible aux jeunes dès 18 ans, tout en leur garantissant un accompagnement dans leur parcours. Cette mesure doit être complétée par une réforme des bourses (et une hausse du plafond) de façon à éviter que les jeunes étudiants en situation précaire ne soient amenés à abandonner ou que cela ne mette en péril leurs études, faute de ressources.
  3. Favoriser la sortie des ménages modestes de la précarité énergétique. Il est proposé de doubler le montant du chèque-énergie. Il est nécessaire de rénover l’ensemble des passoires thermiques (ce qui permettra simultanément de réduire les émissions de gaz à effet de serre)
  4. Garantir l’accès et l’effectivité de des droits en luttant contre le non-recours. Comment ? Le pacte estime que l’automatisation des droits doit devenir une réalité pour que nous puissions tous bénéficier des prestations qui sont prévues par les textes
  5. Revaloriser les bas salaires dans les grilles de classification des branches, dans les entreprises et administrations. Nous devons tous percevoir une rémunération qui permette de vivre dignement. Or aujourd’hui c’est loin d’être le cas quand on travaille.
  6. Encadrer les écarts entre les plus hautes et les plus basses rémunérations et plafonner les rémunérations des dirigeants d’entreprise. C’est une question de justice sociale. Comment accepter ces rémunérations délirantes qui atteignent des sommets ?  Pour exemple sachez que de nombreux dirigeants ont perçu en 2019 une rémunération moyenne de 5 millions d’euros, qui représente 72 fois la rémunération médiane de leurs employés et 53 fois la rémunération moyenne des Français
  7. Instaurer un droit à la connexion. Mais pas à n’importe quel prix. Il s’agit de réponde à un certain nombre d’exigences universelles qui dépassent le seul accès théorique au réseau Internet : une formation initiale et continue à son utilisation, un accompagnement efficace, une aide financière, une connexion à un coût abordable, des sites Internet et des applications adaptés, une identité numérique simple et sécurisée.
  8. Accueillir dignement les réfugié.e.s et migrant.e.s, et garantir les conditions d’une inclusion réussie. Aujourd’hui c’est l’inverse qui est promu pas plusieurs candidats. Les étrangers qui vivent en France sont majoritairement une richesse. À nous de respecter les droits fondamentaux consacrés à l’échelle nationale, européenne et internationale. Les politiques d’asile et d’immigration doivent par ailleurs prendre en compte la diversité des situations

 

Il serait trop long de décliner ici les 90 propositions du pacte du « pouvoir de vivre ». C’est pourquoi vous pouvez télécharger ici le document qui s’y réfère.

Pour mieux cerner l’enjeu de cette initiative : Laurent Berger et Christophe Robert invités de Nicolas Demorand au 7/9 de France Inter.

 

Photo de l’article : capture d’écran de la présentation « des vœux des Français »

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2 réponses

  1. Bonjour, La CFDT est-elle cette organisation syndicale qui appelle à ne pas être dans la rue le 7 décembre 2022 alors que des dizaines de milliers de professionnel.le.s du social et du médico-social manifestent pour plus de dignité, pour une meilleure reconnaissance, pour de meilleurs salaires, pour plus de moyens, etc. Est-ce cette organisation syndicale qui à propos des collectifs affirme : « Pour ce qui est des collectifs, les salariés doivent bien prendre conscience qu’ils ne sont pas représentatifs et qu’ils ne participent donc jamais aux négociations. Leur « action » se limitera
    donc à animer la contestation sans à aucun moment pouvoir agir pour faire aboutir les
    revendications ». Une organisation syndicale qui se réjouit d’une augmentation de 2 centimes d’euros alors que 40 centimes devraient être octroyés a minima. Une organisation syndicale qui au nom du dogme de l’indépendance participe à une dépolitisation de la question sociale. La CFDT revendique le compromis jusqu’à frôler la compromission. Alors que le syndicat des employeurs Axess lance de pseudos discussions pour une convention collective unique étendue, la CFDT fait cavalier seul, ignore les autres syndicats de salariés, et propose de débattre d’un projet de convention collective unique qu’il n’a pas rendu public. ça suffit comme ça ! Vous l’aurez compris, il ne me paraît opportun de démarrer l’année 2022 par une promotion d’un syndicat gestionnaire qui ignore jusqu’aux revendications de ses propres adhérents. Voir par exemple la manifestation à Laval le 7 décembre ou des appels à manifester unitaires le 7 décembre 2021. Je m’arrête là mais il y aurait tant à dire… Dommage que vous ayez fait le choix de présenter cette initiative dont il pourrait être intéressant de discuter en mettant en exergue cette organisation syndicale. Votre site vaut mieux que cela ! Bonne année en luttes ! Bien cordialement. Didier Bertrand

    1. Bonjour Didier
      Personnellement je suis souvent en désaccord avec les pratiques de la CFDT même si je pense qu’il est toujours utile de se mettre autour d’une table et de discuter pour négocier autant que faire se peut. Bien évidemment, je regrette le manque d’engagement de ce syndicat auprès des mouvements des travailleurs sociaux tel celui de la dernière manifestation. Cela n’est pas nouveau, le récent travail de Cristina De Robertis sur le mouvent des assistant(e)s de service social 1990-1992 est éloquent sur les pratiques passées de ce syndicat qui avait à l’époque disqualifié le mouvement, et cela, de façon plutôt lamentable, il faut bien le dire. Mais là n’est pas pour moi le sujet dans cette info. Effectivement 2 syndicats contribuent à cette initiative, mais faut-il pour autant oublier le nombre conséquent d’organisations liées au travail social qui y participent et auxquels je reconnais leur pugnacité à défendre le travail social et les conditions de sa pratique. Ici, il s’agit d’interroger les candidats sur des aspects « oubliés » de leurs campagnes ou qui vont carrément à l’encontre de leurs idées. C’est pour cela que je considère cette initiative intéressante.

      Bien Cordialement

      Didier

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