Didier Dubasque
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La multiplication des courriels au travail, une opportunité ou un fardeau ?

Dans un monde où la technologie est omniprésente, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’impact des outils numériques sur le travail quotidien. Les professionnels de tous les secteurs se plaignent souvent de passer trop de temps devant leurs écrans, au détriment de leur mission principale. C’est particulièrement vrai pour les assistantes de service social « condamnées » à utiliser dans de multiples plateformes administratives de gestion des droits. Cette préoccupation ne concerne pas uniquement le monde du travail, mais touche également notre vie personnelle. Ainsi, la question qui se pose est de savoir si l’utilisation de ces outils est réellement bénéfique, indispensable, envahissante ou excessive.

En effet, il est indéniable que le numérique a envahi nos vies, tant professionnelles que personnelles. Il est devenu difficile d’imaginer notre quotidien sans messagerie électronique ou applications en tous genres. Mais alors, comment distinguer l’utile de l’excessif ? Chaque situation est unique et les avis divergent quant à l’impact de nos usages du numérique sur notre travail et nos relations humaines.  Certains pensent même que ce sont les logiciels qui ont pris la main, qui en quelque sorte dirigent nos choix. Même si l’on en n’est pas encore là, il est certain que l’intelligence artificielle va nous rendre de plus en plus dépendant.

Accro aux mails

Prenons l’exemple des courriels : une étude réalisée en 2021  par Mailto, une start-up spécialisée dans l’amélioration des pratiques digitales, révèle qu’un professionnel reçoit entre trente et soixante courriels par jour. Un chiffre logique quand on sait que près de 1.4 milliards de mails sont envoyés par jour en France ! Il y a selon Médiamétrie plus de 42 millions d’utilisateurs de courriels pour 70 millions d’habitants donc 60% de la population totale.

Vous le savez, l’usage des outils numériques peut parfois être contreproductif et créer plus de problèmes qu’il n’en résout. Toutefois, il est important de rappeler que nous sommes responsables de la manière dont nous les utilisons. Un simple appel téléphonique peut souvent remplacer un long échange de courriels, mais encore faut-il y penser, car il est tellement plus facile de déposer un message auquel votre correspondant ne peut répondre aussitôt. On évite ainsi le risque du dialogue et de la contradiction.

Toujours plus de temps à écrire pour répondre

Cette gestion est non seulement chronophage, mais également source de stress. Certains dirigeants sont même allés jusqu’à interdire l’utilisation de la messagerie le vendredi, préconisant la communication directe pour résoudre les problèmes. Les assistants dotés de l’IA proposent désormais des réponses complètes aux messages que vous recevez. Il  vous propose une réponse positive, négative ou personnalisée selon le contexte de votre message. Va-t-on encore avoir le temps de les lire ?

Une autre étude souligne que le temps passé sur le courrier électronique peut représenter entre 25% et 30% du temps de travail total. Les collègues que j’ai pu interroger sur ce sujet estiment que c’est plutôt entre 30 et 40%. Cette omniprésence numérique nuit-elle à notre capacité à nous concentrer sur des tâches plus profondes ? Là encore, les avis divergent. Mais pour ma part, je reste convaincu que nous assistons à une sorte de perte du travail profond, ce travail qui nous permet de nous centrer sur une même tâche pendant un temps conséquent sans être dérangé ou sollicité par des notifications.

Ce n’est pas l’idéal pour la planète non plus.

Il est important aujourd’hui de prendre en compte l’impact environnemental de notre utilisation du numérique. L’Ademe estime qu’une entreprise de 100 personnes génère, uniquement par l’envoi de courriels, l’équivalent de 14 allers-retours en avion entre Paris et New York. Le numérique représente 5% des gaz à effet de serre, soit autant que l’aviation civile. Attention je n’ai pas dit que c’est une bonne raison pour prendre l’avion !

Face à ces enjeux, la réflexion doit être menée au sein des équipes. Il nous faut savoir déterminer une utilisation raisonnée et équilibrée des outils numériques et en premier lieu celle de nos messageries. Prenons le temps de nous parler ! L’objectif est de trouver un juste milieu entre productivité, bien-être au travail et préservation de notre environnement. Ce n’est pas une mince affaire !

Sources :

 

photo : freepik AAuE7mAGNC3DW34rFvbHhMYavGIv9znLB0X53CLmbYka=s96 c  user18526052

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