Le « mal être » des travailleurs sociaux de l’ASE / Chasse aux sorcières en Loire Atlantique / Un jeune sur quatre est pauvre

Protection de l’enfance : «Les travailleurs sociaux sont enfermés avec leur mal-être»

Dans son livre «Enfants placés, il était une fois un naufrage», Marie Vaton offre une plongée dans l’univers de l’Aide sociale à l’enfance et de ses dysfonctionnements, en donnant largement la parole aux professionnels débordés. Elsa Maudet, journaliste à Libération a interrogé sa collègue auteure de cet ouvrage.

« Au fil des pages, » écrit-elle « les exemples de dysfonctionnement s’amoncellent. Il y a les enquêtes bâclées parce que les éducateurs et assistantes sociales suivent trop de dossiers en même temps, cet impératif de désengorger les tribunaux qui pousse à éviter les placements sur décision judiciaire, les enfants maintenus au domicile familial faute d’effectifs pour traiter des informations préoccupantes… Avec des conséquences dramatiques, comme pour cette petite fille contrainte de continuer à vivre avec un père qui l’offre à un réseau pédophile, ces fillettes victimes d’agressions sexuelles par le fils de leur beau-père ou ces enfants transformés en esclaves par la famille dans laquelle ils ont été placés ». L’enchaînement de situations défaillantes donne la nausée mais révèle l’urgence à se porter au chevet de la protection de l’enfance. Et à écouter ses travailleurs. dit-elle.

Les travailleurs sociaux sont les véritables héros du livre, plus que les enfants précise toutefois Marie Vaton Ce sont eux qu’on veut entendre. Les enfants, leurs trajectoires, c’est toujours frappant, ça émeut toujours. Mais il faut essayer de comprendre le système. « Les travailleurs sociaux sont enfermés avec leur mal-être et leurs secrets. Quand ils sont en train de travailler sur une évaluation, ils savent que la situation peut déraper d’un jour à l’autre, qu’ils vont rentrer le vendredi soir chez eux, sauf que le week-end ils n’arrivent pas à dormir, à être présents pour leur famille, pour leurs enfants, parce qu’ils se demandent : «Est-ce que j’ai bien fait ? Est-ce que j’aurais dû alerter le juge ? Est-ce que j’attends encore trois jours, est-ce que le gamin ne risque pas d’être fracassé ou violé ?»

En fait, ils vivent avec ça tout le temps, avec la peur de mal faire ou de ne pas avoir vu. D’ailleurs, il y a plein de problèmes de divorce chez ces travailleurs. On les voit un peu comme des personnalités désincarnées, mais ils ont leur vie ». (Lire l’interview de Marie Vaton paru dans Libération)


Chasse aux sorcières en Loire Atlantique

Et si votre employeur pouvait vous licencier en fonction de votre opinion ou votre engagement citoyen ? Jacques Tremintin s’émeut à juste titre dans Lien Social au sujet d’une affaire qu’on aurait cru d’un autre temps. Une cheffe de service, Christel Husson, 10 mois avant son recrutement, a pris la parole publiquement lors du mouvement des Gilets Jaunes. Elle avait été filmée et ses propos avaient été diffusés sur les réseaux sociaux. Elle a été licenciée  non pas sur un défaut de compétence ou une faute professionnelle pendant son travail, mais pour ce qu’elle a pu dire par le passé.

« Ce qui est peut-être le plus surréaliste, c’est que cette accusation d’avoir  exprimé son opinion fait l’objet, noir sur blanc, d’une formulation dans un arrêté officiel de licenciement » précise Lien Social. Comme si une telle motivation était légitime et pouvait parfaitement se justifier. Jacques Trémintin précise même qu’un huissier de justice a été commis pour fouiller sur des comptes Facebook et trouver les traces laissées par la salariée. Il n’y avait été pourtant question ni du social, encore moins de son futur employeur qu’elle ne connaissait pas à l’époque. Et depuis, la Cheffe de service s’en était tenue à une stricte obligation de réserve. Mais, manifestement, l’expression citoyenne de ses convictions l’avaient marquée au fer rouge. Sommes-nous de fait face à une interdiction professionnelle liée à un délit d’opinion ? La question mérite d’être posée. (lire l’article de Lien Social)


Un jeune sur quatre est pauvre

De plus en plus de jeunes Français vivent sous le seuil de pauvreté. Une situation dont il leur est difficile de sortir nous explique Hugo Albandea pour le magazine Sciences Humaines. Selon l’INSEE une personne pauvre sur 2 (52 %) a moins de 30 ans. Cette donnée n’intègre pas les étudiants vivant seuls tout en dépendant des parents, ou les jeunes obligés de revenir dans le foyer familial car ils ne peuvent plus s’assumer financièrement.

Si on se restreint aux majeurs, les 18-29 ans constituent la population la plus touchée par la pauvreté en France selon l’Observatoire des inégalités. Ils représentent 21 % des pauvres, contre 12 % pour les 30-39 ans ou 4 % pour les 64-74 ans. « Parmi les jeunes, les plus exposés à la pauvreté sont les 18-24 ans, précisément ceux que le revenu de solidarité active (RSA) laisse de côté. » (lire l’article de Sciences Humaines)


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La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

photo créée par wayhomestudio – fr.freepik.com

 

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