« Macron a-t-il abandonné les plus démunis » et de quoi les personnes pauvres ont-elles besoin ? La question financière est incontournable

  • Plan pauvreté : Macron a-t-il abandonné les plus démunis ? Arte dans son émission 28′ a mis autour d’une  table Nicolas Duvoux, sociologue, spécialiste de la pauvreté et de la précarité,  Brigitte Bourguignon, députée LREM, présidente de la Commission des Affaires sociales, et Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. L’émission recevait auparavant Antoine Laurent qui au bord de l’Aquarius, tente de sauver des migrants en méditerranée. En France, l’ascenseur social est plus que jamais bloqué pour les plus pauvres : les experts de France Stratégies, organisme rattaché au gouvernement, ont réalisé une étude portant sur un échantillon d’environ 80 000 individus âgés de 27 à 44 ans et ont évalué leur situation de 2011 à 2014. Les conclusions de cette étude ne sont pas très encourageantes. Le creusement des inégalités de revenus provoque des inégalités importantes d’évoluer et de sortir de la pauvreté. Un enfant de cadre supérieur de la génération étudiée a 4,5 fois plus de chances qu’un enfant d’ouvrier d’appartenir aux 20% les plus aisés. Et près de 20 fois plus de chances d’appartenir aux 1% les plus aisés. Vous trouverez ici une synthèse de ce rapport intitulé « Nés sous la même étoile ? Origine sociale et niveau de vie« .  Ce qui fait dire aussi aux auteurs de ce rapport que « L’inégalité des chances en France est d’abord une inégalité des chances éducatives »
  • Mais alors de quoi les personnes pauvres ont-elles besoin ? Pour réduire la pauvreté, il faut d’abord en finir avec le misérabilisme. Il faut à la fois prévenir et soutenir : augmenter les prestations et agir sur le long terme, notamment par l’éducation. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. « …le président de la République a tout à fait raison de souligner qu’en France, nombreux sont ceux qui se complaisent à « documenter le sinistre » comme il dit [1] et idéalisent le passé. La critique sociale peut aussi servir le conservatisme. Dénoncer est une chose, construire une politique en est une autre. Pourtant, ceux qui ont fait des propositions pour lutter contre la pauvreté sont nombreux, ils sont surtout rarement écoutés par le pouvoir. Dans ce registre, on peut citer le travail réalisé par Denis Clerc et Michel Dollé dans Réduire la pauvreté. Un défi à notre portée, paru en 2016 (Ed. Les Petits Matins). Ou l’ouvrage de Julien Damon Éliminer la pauvreté, publié en 2010 (PUF). Quinze années de travail de l’Observatoire des inégalités donnent également quelques idées sur le sujet. (lire la suite sur e site de l’observatoire de la pauvreté)
  • Pour sortir de la pauvreté : « la question financière est incontournable» précise le journal La Croix . le sujet a été abordé mardi 17 juillet lors d’une rencontre entre Emmanuel Macron et les dirigeants syndicaux et patronaux. Or les moyens financiers vont être réduits selon le discours même du président Macron devant le Congrès réuni  Versailles le 13 juin dernier  : « ’aussi vrai que la réponse à la pauvreté ne saurait être monétaire, les solutions que nous devons apporter au problème ne sauraient être budgétaires ». C’est l’accompagnement qui sera mis en avant. Or l’accompagnement ne peut remplacer le besoin de disposer de revenus pour sortir de la pauvreté. Les travailleurs sociaux sont bien placés pour le savoir.
  • Pourtant la France fait mieux que ses voisins européens sur ce sujet. Le syndicat Force Ouvrière le reconnait. Pour autant ce syndicat ne décolère pas et insiste : « Pas d’argent pour les pauvres » « Avec plus d’accompagnement et… moins d’argent, Emmanuel Macron prône une politique sociale qui transforme les pauvres et les chômeurs en responsables de leurs difficultés ». conclut le syndicat.
  • Les « partenaires sociaux » (entendez par là les syndicats) ont été reçu mardi dernier à l’Elysée. Le gouvernement souhaite qu’ils réfléchissent à une nouvelle allocation pour les chômeurs de longue durée, qui bénéficient aujourd’hui, lorsqu’ils arrivent en fin de droits, d’une allocation versée par l’État (ASS). Mais les syndicats ont réclamé à l’unisson que la lettre de cadrage de la négociation soit large et leur laisse les coudées franches…

Photo : extrait de l’émission 28′ sur Arte

Revue de presse réalisée avec le concours de Michelle Verrier Flandre

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