Egalité hommes-femmes et lutte contre les violences : quelle place pour les travailleurs sociaux ? Résumé du plan d’action en cours

Les travailleurs sociaux sont-ils vraiment concernés par la lutte contre les violences faites aux femme ? Oui bien sûr mais c’est la question que l’on pourrait se poser à la lecture du discours du président de la république lors du lancement de la grande cause nationale sur l’égalité entre les hommes et les femmes.  Dans son discours, Emmanuel Macron a axé son propos sur les femmes victimes de violences. « le premier pilier de cette cause, c’est bien la lutte pour l’élimination complète des violences faites aux femmes » a-t-il notamment déclaré. Mais il n’a ensuite fait référence qu’au travail des intervenants dans le champ de la santé, l’école ou encore la police. Certes ce n’est qu’un discours mais souvent ce genre d’exercice préfigure les actions qui vont en découler. Or les travailleurs sociaux notamment ceux des Départements ont beaucoup à dire sur ce sujet. Seules semblent concernées les associations militantes qui elles même emploient souvent des travailleurs sociaux qui se sont spécialisés. Ces associations font un énorme travail, mais elles ne sont pas seules à le faire. De nombreuses collègues de secteur sont devenues « expertes » sur ce sujet. Leur connaissance fine des processus de domination, de l’importance d’être à l’écoute de ces femmes afin d’éviter qu’elles entrent dans des processus de victimisation, tout cela me parait trop peu pris en considération et je trouve cela regrettable.

Le journaliste Olivier Bonin nous alerte sur ce sujet avec son article intitulé « Un peu de travail social pour l’égalité des sexes » . Il nous précise que « pour l’heure, les travailleurs sociaux sont à peine appelés à se mobiliser pour cette grande cause ». Seules les assistant(e)s de service social scolaire peuvent espérer être évoquée. Mais quand on parle prévention à l’école, ce sont les infirmières scolaires qui sont mises en avant. Il ne s’agit pas là de mettre en rivalité des professions les unes par rapport aux autres. Mais force est de constater que les assistantes sociales scolaires sont peu citées ni même évoquées dans les discours officiels même lorsque cela les concerne.

Il existe bien déjà un plan d’action qui lui a été validé. Il court sur la période 2017 – 2019. Ce 5ème plan d’action contre toutes les violences faites aux femmes  nous rappelle que chaque année, 223 000 d’entre-elles sont victimes de violences conjugales et que seulement 14% portent plainte. En 2015, 122 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. Chaque année, 84 000 femmes sont victimes de viol. En 2014, 1075 personnes ont été condamnées pour viol.

Le plan d’action élaboré par le précédent gouvernement avait fixé 3 objectifs :

  • Il vise à assurer l’accès aux droits et sécuriser les dispositifs qui ont fait leurs preuves pour améliorer le parcours des femmes victimes de violences (violences conjugales, sexuelles, psychologiques, etc.) :  il s’agira de
    • 1.faciliter davantage la révélation des violences,
    • 2.de pouvoir mettre les victimes à l’abri, même dans l’urgence,
    • 3. permettre la reconnaissance des violences subies et la condamnation auteurs et notamment des conjoints violents,
    • 4. d’accompagner les victimes vers une réelle autonomie.
  • Il s’agit de Renforcer l’action publique là où les besoins sont les plus importants : quels sont-ils ?
    • 1. La protection au mieux des enfants victimes des violences conjugales (Assister aux violences commises par son père sur sa mère a des conséquences sur les enfants ) les travailleurs sociaux devront à ce sujet bénéficier de formations adaptées sur ce sujet.
    • 2. une meilleure prise en compte  des jeunes femmes particulièrement exposées aux violences, dans le couple et sur internet.
    • 3. mieux agir auprès des femmes en milieu rural. ( je connais bien ce sujet ayant rédigé avec des collègues un rapport spécifique qui traite de cette  question )
  • Il est enfin prévu de lutter contre le sexisme, qui banalise la culture des violences et du viol : Qu’il s’agisse de violences sexuelles, de violences physiques ou de meurtres conjugaux, les violences faites aux femmes relèvent d’un continuum provoqué par une seule et même idéologie : le sexisme.

Le  sexisme, justement, est-ce une fatalité ? avant de regarder ce petit film, une question : à votre avis quel est le pourcentage de rues en France qui porte le nom d’une femme ?   le résultat est édifiant.

Ce 5ème plan publié en novembre 2016 ne mâche pas ses mots. Il indiquait un engagement de  125 millions d’euros. Je vous invite, si ce n’est déjà fait,  à prendre connaissance en détail de ce plan d’action qui peut toutefois être re-discuté à plusieurs égards…

Photo : Emmanuel Macron lors de la minute de silence à la mémoire des femmes victimes de violences (extrait du reportage sur LCP)

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