Didier Dubasque
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Les travailleurs sociaux, de futurs acteurs clés dans la lutte contre les effets du réchauffement climatique ?

Dans le contexte actuel, les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et intenses dans certaines régions. Ces phénomènes climatiques extrêmes posent un défi particulier pour les personnes vulnérables et fragiles. C’est là que les travailleurs sociaux entrent en scène. Ils auront à l’avenir un rôle essentiel pour aider les personnes qui ont le moins de moyens de se protéger pour faire face à ces conditions difficiles.

Un exemple récent de cette action se trouve à Phoenix, en Arizona, où les chercheurs ont mis au point un robot humanoïde unique en son genre. Nommé Andi, il est capable de résister à des températures extrêmes. Il est équipé d’un réseau de capteurs qui évaluent la chaleur qui se diffuse dans le corps, ainsi que d’un système de refroidissement interne et de pores pour lui permettre de respirer et de transpirer. En clair, il simule ainsi la réaction d’un être humain confronté à des conditions climatiques extrêmes.

Ce robot est utilisé pour comprendre l’hyperthermie. C’est une menace croissante pour la population  en raison du réchauffement climatique. Les informations recueillies par Andi peuvent aider à concevoir des vêtements contre la chaleur, à repenser l’urbanisme de nos villes et à protéger les plus vulnérables.

À Phoenix, les travailleurs sociaux sont invités à utiliser ces informations pour mieux aider les personnes fragiles. Par exemple, en déterminant là où des « points de fraîcheur » doivent être ouverts chaque été pour les sans-abri. Les conclusions des recherches menées avec Andi peuvent aussi les aider à déterminer combien de temps une personne peut rester exposée à la chaleur sans trop de risques. Elles apportent aussi des éléments permettant de savoir combien de temps il faut pour que la température d’une personne sans abri redescende à un niveau sûr.

Évaluer les risques, informer et aider

Mais il n’y a pas que cela. Aujourd’hui il est nécessaire de penser en amont les risques que courent les personnes vulnérables face à l’ensemble de dérèglements climatiques : orages de forte intensité, tempêtes, inondations, crues et chaleurs intenses. Les travailleurs sociaux vont être de plus en plus en première ligne pour aider les plus fragiles face à ces calamités.

Il leur faut pour cela pouvoir promouvoir des politiques qui protègent les personnes vulnérables du réchauffement climatique. Cela peut inclure des politiques d’aménagement dans les villes qui favorisent l’ombre et la verdure. Ils peuvent aussi rappeler les réglementations sur la qualité de l’air, sans oublier de demander des politiques de logement qui exigent une isolation adéquate et des systèmes de refroidissement pou celles et ceux qui ne peuvent se prémunir de la chaleur ou du froid.

Enfin, les travailleurs sociaux peuvent aider à sensibiliser leurs publics sur les dangers du réchauffement climatique et de la chaleur excessive. Ils peuvent fournir des informations sur les signes et les symptômes liées aux variations de températures, comme les coups de chaleur, et sur la manière de rester au frais pendant les périodes de chaleur intense.

Les CCAS sur la brèche

Actuellement sont surtout les centres communaux d’action sociale qui se préoccupent de ces risques, notamment auprès des personnes âgées qui vivent à domicile. Mais il n’y a pas que les personnes âgées qui souffrent de la chaleur sans pouvoir s’en protéger. Il fat pouvoir agir préventivement.

Un exemple de cette action proactive se trouve à Nice, où le Centre Communal d’Action Sociale a pris des mesures spécifiques pour aider les plus fragiles à traverser les périodes de chaleur intense. Ces mesures varient en fonction des besoins spécifiques de la communauté. Elles peuvent inclure la distribution d’eau, la mise à disposition de lieux climatisés et la mise en place de visites à domicile pour vérifier l’état de santé des personnes âgées ou isolées.

Dans d’autres villes, comme Périgueux, le CCAS fournit des informations et des conseils pour aider les personnes à se protéger contre les risques liés à la chaleur. Les résidents peuvent contacter le centre à tout moment pour obtenir des informations sur la manière de se protéger contre la chaleur et de rester en sécurité pendant les vagues de chaleur.

De nombreux CCAS mettent également en place des plans spécifiques pour les périodes de canicule. Par exemple, à Confolens, le CCAS a mis en place un plan de canicule. Celui-ci inclut le contact périodique avec les personnes vulnérables pour s’assurer de leur bien-être. Ce plan permet de surveiller de près les personnes à risque et de réagir rapidement en cas de problème.

C’est aussi pourquoi certains CCAS encouragent les personnes vulnérables à se faire recenser. Ceci afin de bénéficier d’un suivi particulier pendant les périodes de canicule. À Allauch, par exemple, le CCAS invite les résidents à se faire recenser afin de pouvoir bénéficier d’un suivi et d’un soutien supplémentaires pendant les vagues de chaleur.

Ces actions démontrent l’importance des CCAS dans la protection des personnes vulnérables face aux excès de chaleur. En fournissant des informations, en mettant en place des mesures de soutien et en assurant un suivi des personnes à risque, ils jouent un rôle crucial pour aider ces individus à faire face aux défis posés par le réchauffement climatique. Alors que les températures continuent de grimper, le rôle des CCAS dans la lutte contre les effets de la chaleur devient de plus en plus vital.

Mais il faudra à l’avenir aller au-delà.

Les CCAS ne seront pas en mesure de porter seuls tous ces problèmes. Tous les services sociaux, notamment ceux des services départementaux, auront à prendre cette réalité en compte. Les associations vont être, elles aussi, de plus en plus concernées si ce n’est déjà le cas. Quoi qu’en disent les sceptiques, le changement climatique est bien là et il ne se limitera pas qu’à de simples coups de chaud. Les conséquences sont difficiles à mesurer et, comme ce fut le cas à la Nouvelle-Orléans aux États-Unis avec les inondations, ce sont toujours les quartiers populaires qui sont les premiers touchés.

D’où l’importance de pouvoir décliner des plans canicules ou plus largement des plans « dérèglements climatiques » sur les territoires.  Il s’agit penser les risques en amont des difficultés à l’échelle des communautés de communes et des agglos. Ces plans devront associer tous les acteurs de l’action sociale. On pense aux autorités, aux collectivités territoriales, mais aussi en associant les services sociaux, les pompiers, les services de sécurité, sans oublier tout le secteur associatif qui gère des établissements ou qui agit dans le champ caritatif.

La solidarité sera aussi à ce prix-là.

 

Photo de Freepik

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