Les suicides de professionnels se multiplient-ils dans la fonction publique? Il est plus que temps de réagir

La question se pose avec une inflation d’articles de presse qui révèlent des suicides de professionnels sur leurs lieux de travail. Ces récents suicides liés à la détresse de professionnels du soin et de l’éducation mais aussi de la sécurité avec les policiers sont là pour nous rappeler que l’origine des actes posés ne sont pas strictement lié à un état mental personnel mais aussi pour une part à des pratiques et à une forme d’abandon de la personne par les institutions qui les emploient.

Personne au travail n’est à l’abri de souffrir de cette forme de désintérêt des institutions employeurs qui laissent faire et abandonnent littéralement des personnes très investies dans leur travail. Celles-ci donnent souvent le meilleur d’elles-même et tentent à tout prix de mener à bien leurs missions même si elles n’en n’ont plus les moyens.  Leurs appels au secours ne sont pas toujours entendus.

Manque de moyens et puit sans fond

Le manque de moyens et les journées surchargées contribuent à provoquer une détresse liée au « puit sans fond » que représente la mission assignée au fonctionnaire. Les institutions seules ne peuvent répondre à cette détresse même si elles ont, à mon avis, une grande responsabilité notamment face à la faiblesse ou l’absence d’un management attentionné et respectueux des limites de chacun.

Les outils numériques contribuent aussi à « déshumaniser » le travail : décrocher son téléphone devient l’exception et la norme est le courriel. On ne mesure pas parfois combien un mail peut être blessant alors que celui qui l’écrit n’en n’a pas conscience. Décrocher son téléphone, se rencontrer  et se parler restent la meilleure façon de se comprendre mais aussi de mesurer si la personne va mal.

Aidons-nous aussi les uns les autres

Nous avons tous un effort à faire en terme d’écoute de ces situations de collègues qui vont mal et qui parfois nous dérangent. La bienveillance, la présence et le soutien sont nécessaires au quotidien et non pas une fois de temps en temps. La solidarité entre pairs est également essentielle. Un exemple nous est donné chez les policiers où l’entraide s’organise : Groupes Facebook, mobilisation des compagnes et compagnons, travail associatif en faveur de la santé mentale… Certains œuvrent depuis des mois contre la souffrance au travail.

Je vous invite à lire ce que j’avais écrit en février dernier  à ce sujet sur la place des travailleurs sociaux dans la prévention du suicide

En appui de ce post voici une sélection d’articles parus depuis unedizaine de jours seulement sur ce sujet

« 70% des personnes qui tentent de se tuer ne sont pas des malades mentaux » nous explique  Viviane Janouin Benanti auteur de « Suicide : mode de prévention » néanmoins il est sûr que la crise suicidaire s’inscrit souvent dans une période de dépression.

Les travailleurs sociaux sont bien placés pour connaitre dans les situations qu’ils accompagnent des personnes « tentées » par le suicide, seul moyen qu’elles ont trouvé pour abréger leurs souffrances. Ils agissent dans la prévention en étant à l’écoute et en sachant passer le relai lorsque cela est nécessaire.

Pour autant rappelons que le suicide est une conséquence d’un mal de vivre qui a pris des proportions inquiétantes dans le monde du travail. Il y a tout lieu de s’en préoccuper et de réagir sans attendre que les employeurs qui sont tout autant concernés mettent en place des mesures efficaces. Certaines d’entre-elles ne le sont pas et souvent  ne sont que des contre feux face à la mise en cause de leurs responsabilités.

 

photo : Pixabay 

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