Les « faux » services publics sont là / Précarité alimentaire : comme jamais auparavant / Études dans le social : pour qui ?

Et maintenant les faux services publics !

Ne manquez pas cette tribune publiée par le Média Social. Elle est signée par Jean-Luc Gautherot. Cet ingénieur social met en lumière ce que l’on pressentait déjà sans l’expliquer de façon aussi claire : De « France travail » à « France enfance protégée », du service public de l’autonomie à celui de la petite enfance, quelle est la nature de ces nouvelles instances qui émergent les unes après les autres ?

Nous avons vu depuis plusieurs années l’Etat se doter de multiples agences qui avec des intitulés alléchants cachent plusieurs éléments. Il existe désormais des agences nationales de régulation qui renforce le pouvoir de pilotage de l’État. Il y a aussi les instances territoriales de coordination. Jean Luc Gautherot examine plus en détail les missions de ces différentes structures qui sont placées à coté ou dans des ministères dédiés. Il y a France compétences, France protégée, La Direction interministérielle à l’hébergement et au logement, Les SIAO qui voient leurs missions renforcées, le futur service public territorial de l’autonomie sans oublier celui de l’insertion et de l’emploi et France travail.

L’utilisation de l’expression service public et des intitulés France X ou Y renvoie aux services publics que l’on a connus avant la logique de privatisation de l’Union européenne : Électricité de France (EDF), Gaz de France (GDF). Les créations annoncées ne sont en aucun cas des services publics au sens strict. Après nous avoir rappelé ce qu’est réellement un service public, l’auteur nous montre l’entourloupe.  « Dans quelques années, on s’apercevra peut-être qu’en lieu et place de véritables services publics, on aura créé des instances qui n’auront fait qu’ajouter de la complexité à la complexité ».  Et ça la complexité les travailleurs sociaux la connaissent déjà ! (lire l’article de Jean Luc Gauterot dans le Média Social)

 


Précarité alimentaire : « Nous n’avons jamais connu une telle situation », s’alarme le président des Restos du cœur

Depuis le mois d’avril, l’association a accueilli 12% de personnes supplémentaires par rapport à la même période en 2021, annonce Patrice Douret son président. Il est interrogé par Mathilde Goupil de France Info. « La situation des personnes que l’on accueille s’est aggravée » dit-il, « 60% d’entre elles sont en-deça de la moitié du seuil de pauvreté (qui s’établit à 1 102 euros par mois, donc 551 euros), contre 50% lors de notre précédente campagne. Et 30% d’entre elles ne déclarent aucune ressource, contre 20% auparavant. L’arbitrage entre se loger, se chauffer et se nourrir est devenu de plus en plus complexe : parmi les personnes qu’on accueille pour la première fois, 17% n’ont pu faire qu’un seul repas la veille ! »

L’association accueille davantage de familles monoparentales, avec une majorité de mères seules. Plus d’un enfant de moins de 3 ans sur quatre né dans une famille pauvre en France est accueilli aux Restos. Et le nombre de ces très jeunes enfants bénéficiaires est en hausse de 25% depuis le mois d’avril. La petite enfance était déjà l’une des priorités de l’association, mais après six mois d’inflation, « on se rend compte qu’on va devoir aller plus vite et plus loin ».

Quand on pense que la priorité du gouvernement ces dernières années portait sur la lutte contre la pauvreté des enfants ! L’association va agir plus fortement sur l’alimentation des 0-3 ans, en s’assurant qu’elle soit équilibrée, ce qui dégagera de l’argent aux mères pour autre chose. Et, dans le même temps,les familles monoparentales seront accompagnées dans l’accès aux droits, à la formation, à l’emploi, à l’estime de soi, etc. (Face à la situation, les Restos du cœur sont finalement contraints de se substituer à l’action de l’État en charge de la lutte contre la pauvreté et les inégalités). (lire l’article de France Info)

lire aussi

  • La France protège mal ses enfants : le rapport choc de l’Unicef | L’Obs  (Les chiffres sont accablants. Plus de 3 millions d’enfants, soit un sur cinq, vivent sous le seuil de pauvreté en France. 30.000 sont sans domicile, 9.000 habitent des bidonvilles et 140.000 décrochent de l’école chaque année. Le rapport fustige également le système éducatif français, qui « creuse les inégalités », ainsi que les disparités territoriales « de plus en plus marquées, particulièrement criantes en France ultra-marine ».)

 


Pour qui sont faites les études de santé et sociales ?

Il est toujours intéressant de mesurer à travers la presse étudiante les qualités attendues pour travailler dans le domaine du soin qu’il soit médical ou social. Le magazine l’Étudiant ne déroge pas à cet exercice. La journaliste Élodie Auffray a tenté d’identifier les « appétences nécessaires pour exercer dans les métiers du soin ».  La bienveillance et l’écoute sont essentielles dans les métiers de la santé et du social, écrit-elle. Dans le social, il faut « avoir un appétit pour la relation » et être « respectueux » des personnes accompagnées et de leurs particularités, « ne pas vouloir imposer son modèle ». C’est ce qu’indique Marc Rousseau, directeur adjoint du « groupe Askoria », qui est présentée – je cite – comme « la principale école de travail social en France ». (C’est un groupe n’est-ce pas ? Rien à voir avec une vulgaire association apparemment)

Il faut aussi apprendre à faire face aux souffrances. Marc Rousseau précise qu’il faut savoir se protéger, ne pas absorber toutes les émotions, sans perdre la chaleur nécessaire de la relation et son professionnalisme ». Le travail en équipe est aussi incontournable, précise la journaliste. Il est aussi attendu des compétences en communication à l’écrit et à l’oral pour certains métiers du social où vous serez amené à présenter des projets et rédiger des synthèses.

Comment dire ? Pas de qualité liée au croisement des savoirs qu’apporte la formation ? à l’alliance avec les personnes accompagnée ?, à la maitrise de la législation ? à l’envie d’être utile à la société dans des métiers porteurs de sens ? Au souhait de vivre un concept dont on parle peu : la solidarité  ?  Vous pouvez compléter…(lire l’article de l’Étudiant)

 


lire aussi :

 

Bonus sur le Climat :

Voilà une image significative : la carte déplacements des jets privés à l’occasion de la COP 27
« The world’s elite have arrived at #COP27 on hundreds of private jets to lecture you about climate change. Sponsored by Coca-Cola ».

Jet COP27

N’oubliez pas d’éteindre la lumière quand vous quittez une pièce, et éteignez bien le wifi la nuit !

 


Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo créé par wayhomestudio – fr.freepik.com

 

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