Didier Dubasque
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Les ASH se réinventent pour faire face aux défis économiques et sociétaux

Les temps changent. Ils sont durs pour la presse professionnelle. Les ASH, tout comme Lien Social, ont été mes compagnons de route pendant de nombreuses années. Lien Social qui parait deux fois par mois en version papier ne parvient plus à équilibrer ses comptes. Le journal, placé en redressement judiciaire a l’espoir de rétablir sa situation grâce à son site internet. Et puis hier, je vous parlais de la grève des pigistes de la Gazette des Communes qui ont bloqué la parution de plus de 70 articles depuis le début de leur mouvement. Aujourd’hui, on apprend que les ASH, en activité depuis 68 ans, passe au format mensuel pour s’adapter aux bouleversements du secteur.

L’hebdo papier devient mensuel

Les ASH, pour les quelques un(e)s qui ne le sauraient pas, est un hebdomadaire historique de référence dédié aux professionnels du secteur social et médico-social. On disait par le passé que les éducateurs lisaient Lien Social et que les assistantes sociales avaient toutes sur leur bureau les ASH. Le journal de référence des « Ass » se voit contraint lui aussi de s’adapter.  Il a déjà, par le passé, traversé de sérieuses turbulences. Des journalistes renommé(e)s avaient quitté le journal suite à une réorganisation drastique de la rédaction.

Les réalités économiques, mais aussi sociétales bouleversent l’ensemble de la presse. Parmi ces défis figurent la hausse du prix du papier et le transfert du lectorat vers les supports numériques. Il y a aussi des attentes qui évoluent avec le renouvellement des lecteurs. Les abonnements papier sont aussi à la baisse. On ne trouve plus que la version numérique dans de nombreux services. Le papier, il faut bien le dire, restait dans les institutions, réservé à quelques privilégié(e)s.

Faudrait-il changer le titre du journal ?

En effet ASH veut dire Actualités Sociales Hebdomadaires. Certains pourraient se dire qu’en toute logique, si l’hebdo devient mensuel, il faudrait qu’il s’appelle à l’avenir les ASM, M voulant dire mensuelles. Je pense qu’il ne faut surtout pas toucher au nom du titre. Cette marque de fabrique est clairement identifiée depuis si longtemps qu’elle est entrée dans le jargon des professionnels. Et puis finalement, comme pour les autres titres, il est possible de lire tous les jours la presse professionnelle. Un journal comme le Média Social l’a rapidement bien compris, n’hésitant pas à carrément abandonner son titre initial (TSA), ce que pour ma part, j’avais à l’époque regretté.

Face à cette situation et aux évolutions nécessaires, les responsables du journal ont décidé de repenser leur modèle. Mais ils n’abandonnent pas complètement la version papier. Dont-acte. Il est vrai que de nombreux lecteurs et lectrices y demeurent attachés. Mais c’est quand même décidé : le rythme de parution du journal passera de l’hebdomadaire au mensuel, avec un contenu enrichi selon les demandes des lecteurs : davantage d’analyses et d’expertises, de retours d’expérience, de juridique et de pratique. C’est ce que nous promet la rédaction.

Le numérique, encore et toujours, bouleversera les pratiques

Entre chaque numéro, les abonnés pourront bénéficier d’une offre numérique étoffée et plus réactive face à l’actualité. Ils auront également accès à des newsletters de nouvelle génération, de véritables minimédias à part entière, traitant des problématiques spécifiques aux différentes filières du secteur social et médico-social. Les petites annonces, quant à elles, resteront hebdomadaires et seront envoyées à tous les abonnés sous forme de newsletter et de fichier PDF. L’aide-mémoire du travailleur social qui recense en quelques pages les montants des prestations et les conditions pour y accéder reste en ligne (menu du dossier juridique).

Pour mener à bien cette transformation, les ASH marqueront une pause. Bon, la rédaction nous assure qu’elle fera moins de 100 jours (!). Il est vrai qu’un retard trop long de parution pourrait interroger son lectorat.  Durant cette période, le site internet restera actif. Il est aussi annoncé la publication d’un hors-série juridique. Les abonnés continueront de recevoir les newsletters habituelles, auxquelles s’ajouteront celles consacrées aux petites annonces à partir de la mi-mai.

Au début de l’été, les lecteurs pourront découvrir la version rénovée des ASH. Après 68 ans d’existence, le journal n’est pas prêt à prendre sa retraite et compte bien vivre une véritable révolution avec ce changement de format et, comme pour ses collègues et concurrents, le recours devenu incontournable au numérique.

Il ne reste plus qu’à espérer que l’irruption de l’intelligence artificielle dans les rédactions ne provoque pas de bouleversements amenant à des réductions d’effectif en leur sein. Sur ce sujet, rien n’est certain. Comme pour les professionnels du travail social, les conditions de travail des journalistes semblent bien se dégrader. C’est pourquoi il est utile de les soutenir et de leur rappeler combien leur travail est utile tant pour les travailleurs sociaux de terrain que pour les encadrements et les directions des services sociaux.

 

Photo en une : capture d’écran du site internet des ASH

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