Les 3 nouveaux groupes de travail du Haut Conseil du Travail Social (HCTS) rendront leurs travaux avant le 4 juillet 2021

Le Haut Conseil du travail Social s’est réuni en assemblée plénière le 10 février dernier et a validé les différents axes de travail qui vont être engagés au cours de cette courte mandature. (Pour des raisons techniques, elle s’achèvera le 4 juillet 2021).

3 groupes de travail vont se réunir pour traiter des sujets suivants : 1.L’articulation entre les travailleurs sociaux et les intervenants sociaux dans l’accompagnement des personnes, 2. Les pratiques professionnelles émergentes dans le champ du travail social, 3. Le développement des « pratiques réflexives » des travailleurs sociaux

Ces 3 sujets méritent quelques explications

1. L’articulation entre les travailleurs sociaux et les intervenants sociaux dans l’accompagnement des personnes

Carole Vezard conseillère en politique sociale à la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF) a été nommée coordinatrice de ce groupe. (Elle avait participé aux travaux précédents dans le groupe que j’animais sur les usages des outils numériques et le travail social)

« les intervenants sociaux œuvrent aux côtés des travailleurs sociaux mais pour autant leurs missions et leurs modes d’intervention peuvent apparaître flous voire méconnus  (on pense par exemple aux pair-aidants, aux médiateurs, aux prestataires de services, aux bénévoles, etc.) ». La diversité des profils d’intervenants sociaux sur un territoire implique de créer un système de relations visant à accélérer leur coopération au profit de l’accompagnement des personnes…

Le mandat demande que soient abordés les différents points qui suivent avec :

  • Des définitions des concepts d’intervention sociale et de travail social
  • Une identification des acteurs relevant du périmètre des définitions retenues
  • Une précision sur le sens de la coordination des acteurs au profit d’une personne
  • Un état des lieux avec si possible :
    • La cartographie des acteurs ;
    • Les collaborations existantes ; les portes d’entrée (réseau, partenariat…) ;
    • La place de l’action de chacun (travailleurs sociaux et  intervenants sociaux) à l’égard des personnes accompagnées ;
    • l’identification des freins et des limites ;
    • l’analyse des points de rapprochement entre ces acteurs ;
    • l’analyse des pratiques inspirantes
    • etc.

Dans le cadre d’une approche globale de l’accompagnement des personnes Il est aussi demandé que soient abordés

  • les enjeux de la coopération ;
  • la définition des complémentarités possibles/souhaitables ;
  • les leviers et les freins au développement des complémentarités ;
  • les conditions de réussite (émergence et développement) ;
  • les évolutions possibles…

Bref le programme de ce groupe est copieux

2. Les pratiques professionnelles émergentes

Florence Longépé (CLTS d’Indre et Loire) et Claude Séverac sont en charge de la coordination et de l’animation de ce groupe. Selon le mandat retenu « Deux questions transversales seront étudiées et illustrées par des exemples »

  1. Travailler ensemble : Cela concerne les travailleurs sociaux, les intervenants sociaux et les personnes accompagnées. Comment travailler en réseau et dans une dynamique de co construction, avec un focus sur la participation aux processus de prise de décision des personnes accompagnés (exemple de pratique : les conférences familiales).
  2. Rencontrer l’autre. La relation avec la personne concernée est au cœur de l’accompagnement social. Comment se développent les démarches d’aller vers ? Comment prendre appui sur le pouvoir d’agir des personnes, ainsi que sur la pair aidance et le travail pair ?

2 types de productions sont attendus

  1. Des fiches de présentation de pratiques émergentes (4 à 5 pages pour chacune). Ces pratiques émergentes pourront être repérées de différentes manières notamment en interrogeant le terrain.
  2. Un document général et synthétique présentant :
    1. Des lignes de force communes aux différentes pratiques émergentes.
    2. Une démarche d’évaluation à deux entrées :
      – L’une centrée sur les processus.
      – L’autre ciblée sur les effets/impacts.
    3.  Les conditions de développement de de ces pratiques, les facteurs de réussite, les leviers possibles, les points de vigilance, les écueils à éviter.

Là aussi le programme détaillé par le mandat est ambitieux.

3. L’appui au développement des pratiques réflexives dans l’accompagnement des personnes

Vous le savez en matière de travail social la capacité de réflexion des professionnels est essentielle. Or réfléchir avant d’agir devient de plus en plus difficile dans des systèmes où tout va très vite. Mais comment les travailleurs sociaux développent-ils une pratique réflexive sur leurs accompagnements ?

Gisèle Dambuyant, Personne Qualifiée (elle est sociologue maîtresse de conférence à l’université Paris 13)  va animer ce groupe sur la réflexivité.

Le mandat précise que « …comme pour tous les professionnels amenés à intervenir dans un environnement complexe, cette pratique réflexive se heurte à plusieurs obstacles, de nature diverse : la force de l’habitude, chez les professionnels comme au sein des structures au sein desquelles ils interviennent, l’urgence du quotidien qui ne laisse pas le temps nécessaire pour effectuer ce pas de côté, la difficulté inhérente à
toute prise de recul et qui suppose des compétences complexes à développer »….

Il est demandé à ce groupe de produire des fiches thématiques offrant :

  1. Une définition de la notion et du sens de la réflexivité, intégrant notamment un argumentaire mettant en avant l’ensemble des avantages à attendre du développement de cette démarche en intégrant les bénéfices pour l’ensemble des acteurs considérés (personnes accompagnées au premier chef mais également professionnels, cadres et employeurs),
  2. D’éventuelles préconisations sur des compétences à renforcer dans le cadre des formations initiales et continues, en intégrant les avancées à prévoir pour les réingénieries de diplômes récemment mises en œuvre et celles à venir,
  3. En se fondant sur des exemples concrets, un détail des différentes étapes envisageables pour mettre en place un environnement favorable au développement de telles démarches,
  4. Des exemples de pratiques inspirantes déjà mises en œuvre dépassant le niveau d’une seule organisation et mettant notamment en avant des partenariats intéressants entre employeurs et établissements de recherche.

Ces 3 groupes de travail ont fort à faire mais ils ne sont pas les seuls. Je vous présenterai prochainement les autres actions du HCTS notamment le travail que va engager la Commission Ethique et Déontologie que je co-anime avec Françoise  Delpech. Il y a aussi la préparation de la journée mondiale du travail social qui comme les années passées doit se tenir à l’Hôtel de Lassay à Paris. Enfin n’oublions pas un séminaire à l’intention des comités locaux du travail social. Il devrait se tenir courant janvier 2021….

 

Photo : lors de l’assemblée plénière du HCTS le 10 février dernier Co dd

 

Partager

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Articles liés :

3 réponses

  1. Assistante sociale puis responsable de formation initiale d’As maintenant à la retraite, je souhaite suivre les travaux du Haut Conseil. Cordialement

  2. Bonjour
    Peut on être tenue au courant de l’avancée des travaux ?

    Merci
    Anne-Marie Benoît Musset
    Consultante formatrice en travail social

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :