Le travail social à l’heure du Covid-19 : une saisine interministérielle en direction du Haut Conseil du Travail Social

L’assemblée plénière du Haut Conseil du Travail Social s’est tenue le 5 octobre dernier en visioconférence. Une réunion à distance rendue nécessaire au regard des mesures de protection sanitaire qu’il a fallu mettre en œuvre en cette période de résurgence du virus.

Cela a été l’occasion de faire le point sur l’avancée des travaux en cours. Ils ont été très perturbés de mars à septembre. De nombreuses réunions n’ont pu se tenir comme prévu initialement et il a bien fallu constater que les réunions en ligne qui ont remplacé les rencontres physiques, si elles sont très utiles, restent toutefois limités et ne permettent pas toujours des échanges fluides et soutenus.

Une saisine interministérielle sur l’impact du Covid-19

L’ordre du jour a porté notamment sur le travail à engager en réponse à une saisine ministérielle sur « le travail social face à la crise du COVID 19 ». Elle a été signée par le ministre des solidarités et de la santé  Olivier Véran mais aussi par Emmanuelle Wargon (ministre déléguée au logement) Nadia Hai (en charge de la politique de la Ville), Brigitte Bourguignon (ministre déléguée à l’Autonomie), ainsi que que par les secrétaires d’Etat Sophie Cluzel (en charge des personnes handicapées) et Adrien Taquet (Protection de l’Enfance).

Dans cette saisine les ministres demandent au HCTS  d’explorer « les enseignements de la crise sanitaire sur les organisations et pratiques professionnelles » Il s’agira aussi d’identifier « les réponses innovantes mises en œuvre en portant une attention toute particulière aux initiatives des territoires, à celle des institutions et des acteurs ».

Cet avis doit porter sur l’exercice des travailleurs sociaux dans différents secteurs en s’appuyant notamment sur :

  • « L’expérience des territoires au travers des contacts du HCTS, notamment via les comités locaux du travail social, ou d’enquêtes flash en direction d’acteurs de terrain ;

  • L’expression des personnes concernées et des acteurs du travail social ;

  • Les expériences réussies, notamment en direction des enfants et des familles dans les secteurs de l’accompagnement social et de l’aide éducative en milieu ouvert ou en établissement. »

La commission « éthique et déontologie du travail social » du HCTS doit de son côté apporter « un éclairage sur les choix opérés par les acteurs, à leurs différents niveaux de responsabilité ».

Les groupes de travail  du HCTS sont aussi mis à contribution. Pour rappel il y en a trois : le premier porte les « pratiques réflexives des travailleurs sociaux », le second vise à mettre en relief les pratiques innovantes en travail social  et  enfin le troisième traite des « relations entre travailleurs et intervenants sociaux ». Leurs travaux, déjà engagés, doivent être adaptés pour tenir compte des enseignements de cette période particulière.

Enfin il est aussi demandé une comparaison internationale sur les orientations institutionnelles et les pratiques professionnelles adoptées par certains pays confrontés à la même crise. Cela permettra de fournir des indications utiles et des éléments de compréhension sur les stratégies et actions engagées. C’est Manuel Pelissié qui anime la cellule internationale du HCTS qui est positionné sur cet aspect de la demande ministérielle.

Des délais très rapprochés

Marie Paule Cols qui a beaucoup œuvré pour la mise en place des comités locaux du travail social s’est vue confier une (rude) tâche d’animation et de coordination des travaux. Elle a pour cela constitué avec le bureau des professions sociales de la Direction Générale de la Cohésion Sociale un groupe de pilotage et d’animation. Il va lui  falloir rédiger un rapport visant à répondre à cette saisine dans de courts délais . Très rapidement elle a travaillé avec la  DGCS pour mettre en place des auditions (majoritairement en visio à distance), Les associations professionnelles et les syndicats ont été ou sont en cours d’audition comme de nombreux acteurs institutionnels du travail social.

Le « rétro planning » est serré car il est demandé que ce rapport soit rendu en janvier 2021.  Entre les auditions, la synthèse de ce qui sera dit, la rédaction du rapport et son vote en assemblée plénière, il n’y a pas de temps à perdre. Afin de mener ces travaux à bien, le HCTS  s’appuie non seulement sur les services de la DGCS et mais aussi sur l’ANSA l’agence nationale des solidarités actives, notamment pour la réalisation d’enquêtes en ligne qui viseront à recueillir les avis des professionnels.

 

Photo : une réunion de l’assemblée plénière du HCTS avant la période Covid-19

 

 

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