Le sexisme ne recule pas ! / 11 millions de personnes seules en France ? / Pauvres malgré le job

Le sexisme perdure et ses manifestations les plus violentes s’aggravent

Le rapport 2023 sur l’état du sexisme en France publié lundi rend des conclusions affligeantes : en dépit d’une sensibilité toujours plus grande aux inégalités depuis le mouvement Me too, les clichés et les stéréotypes sexistes continuent à se développer. L’opinion est paradoxale : elle reconnaît et déplore l’existence du sexisme, mais ne le rejette pas en pratique, majoritairement chez les hommes. La persistance du sexisme dit « ordinaire » est d’autant plus préoccupante qu’elle peut conduire aux manifestations les plus violentes.

Parmi les hommes de 25 à 34 ans, près d’un quart estime qu’il faut parfois être violent pour se faire respecter. Tous âges confondus, 40% des hommes trouvent normal que les femmes s’arrêtent de travailler pour s’occuper de leurs enfants. En ce qui concerne les femmes, 80% estiment être moins bien traitées que les hommes en raison de leur sexe et 37% disent avoir déjà subi des rapports sexuels non-consentis.

Selon cette enquête, les inégalités femme-homme se renforcent. Malgré des avancées incontestables en matière de droits des femmes, la situation est alarmante, expliquent les membres du Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes. Selon les résultats du baromètre, le manque de confiance à l’égard des institutions et des politiques pour prévenir et lutter contre les actes et violences sexistes est profonde. Les pouvoirs publics ne sont pas jugés à la hauteur des enjeux sur ces questions.  (lire le communiqué du Haut Conseil à l’Égalité)

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En France, 11 millions de personnes se sentent seules

La Fondation de France publie l’étude Solitudes 2022. Elle a été menée en collaboration avec le Crédoc et l’équipe de recherche du Cerlis. Intitulée « Regards sur les fragilités relationnelles », cette étude montre que si l’isolement a reculé en un an, le sentiment de solitude reste élevé, avec 11 millions de personnes touchées en France, soit 20 % de la population de plus de 15 ans. Neuf millions de nos concitoyens déclarent en souffrir. Particularité, cette étude explore, au-delà des chiffres, les chemins d’entrée en solitude et les voies permettant d’en sortir à travers le vécu de personnes concernées par le phénomène.

Cette nouvelle édition révèle le lien toujours tenace entre précarité économique et isolement social. Depuis 2010, les personnes aux revenus modestes comptent toujours une plus forte proportion de personnes isolées que le reste de la population. Elles étaient 15 % en 2022, contre seulement 8 % chez les personnes dotées de hauts revenus.

solitude par revenus

Source : Crédoc, enquêtes Conditions de vie et aspirations, janvier 2020 à janvier 2022 personnes âgées de 15 ans et plus

En 2022, malgré une forte baisse au regard des années précédentes, une personne sur cinq indique se sentir régulièrement seule. Cette proportion reste stable depuis 2019, ceci même pendant la crise sanitaire. Il y a ceux qui « aiment » la solitude : 19 % des individus qui se sentent seuls régulièrement (soit 4 % de la population) n’expriment pas de sentiments négatifs à ce sujet. Ces constats qui intègrent aussi à l’analyse les vécus positifs de vies solitaires ou en retrait du monde social. Pas de souci pour eux, ça leur plait !

Être seul ou isolé, c’est d’abord sentir son réseau relationnel se fragiliser. Ce sont les personnes isolées qui le disent. Celles qui ont été interrogées dans cette étude témoignent d’une diversité d’expériences pour qualifier les maux de leur solitude. La solitude peut aussi renvoyer à des environnements ou des événements qui la favorisent. La fracture numérique, la surconsommation des réseaux sociaux, l’enclavement géographique, les conduites addictives ou les prises médicamenteuses en sont des exemples. (lire l’article de la Fondation de France)

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Pauvres malgré le job : la souffrance des classes moyennes

Ne manquez pas ce documentaire proposé par Arte. En France comme dans le reste de l’Europe,  un tiers des actifs qui travaillent se trouvent en situation de précarité professionnelle. Malgré un emploi, et parfois même plusieurs, les fins de mois se font difficiles et se loger, s’alimenter, se chauffer deviennent des questions délicates. Ces travailleurs forment une nouvelle classe sociale baptisée « précariat » par les économistes, un néologisme né de la contraction de « précarité » et de « prolétariat ».

En France, en Allemagne, mais également en Suède, autrefois considérée comme un paradis social, ce documentaire donne la parole à celles et ceux qui peuvent s’avérer concernés par le précariat. Certains participent à des actions de protestation, d’autres ne croient plus en l’État. Ni en la démocratie. Tous partagent les mêmes angoisses et la même perplexité face à leur situation.

Un reportage signé Katharina Wolff et  Valentin Thurn

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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser

 

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2 réponses

  1. Bonjour,
    Depuis quelques jours je ne reçois plus les articles que je prends plaisir à lire tous les matins . Pouvez vous me réinscrire ? Merci beaucoup

    1. Bonjour,
      Je viens de retrouver la liste d’abonnés par mail j’ai interrogé l’administratrice du site qui m’a informé que suite à une mise à jour les envois via les mails étaient désactivés. C’est rentré dans l’ordre, vous recevrez à nouveau les infos dès demain. Et puis hier matin je me suis trompé dans la programmation de la revue de presse. Elle était restée mode brouillon. Je l’ai mise en ligne en début d’après midi. Donc aucune infos n’est partie à 7h00 hier comme à l’habitude. Cordialement DD

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