Le secteur social doit faire face à une rentrée difficile… Comment mieux s’y préparer ?

Isolement, formations à l’arrêt, violences intrafamiliales, le secteur social, déjà épuisé, doit se préparer à une rentrée difficile nous explique  Yannick Bompart, directeur général adjoint du Conseil départemental du Gers en charge de la Solidarité. Dans son intervention publiée par le journal La Dépêche, ce cadre d’action sociale constate que de nouveaux publics arrivent dans les permanences des travailleurs sociaux.

« On assiste à la dégradation des parcours de vie… Souvent, ce sont des situations qui étaient fragiles, mais qui auraient pu connaître un cours plus heureux, sans l’épidémie. » dit-il. Et tout devient compliqué pour les plus vulnérables.

Tout est devenu compliqué aussi pour les intervenants sociaux. Même si le télétravail a pu parfois permettre de concilier vie familiale et vie professionnelle, c’est surtout la vie professionnelle qui a pris le pas sur la vie personnelle. D’où ce sentiment d’être toujours au travail même si cela ne se voit pas et que l’on est chez soi.

L’été a-t-il permis aux travailleurs sociaux de se ressourcer ? Rien n’est certain. Or il y a bien une autre crise en cours. Elle se caractérise  par un décalage croissant des politiques publiques centrées sur les dispositifs et la réalité de terrain avec toutes ces personnes qui « n’entrent plus dans les cases » pour bénéficier d’une aide voire même d’un accompagnement. Cela contribue à démobiliser beaucoup de professionnels. On parle aujourd’hui d’une baisse d’attractivité des métiers du social. Combien de travailleurs sociaux se questionnent et envisagent de changer de métier ?

« Les travailleurs sociaux expriment des difficultés, voire un réel malaise, du fait de l’importance grandissante de situations qu’ils ont à traiterdans lesquelles la dimension psycho-sociale des problèmes ou le trouble psychique de l’usager sont présents, de façon plus ou moins manifestes » expliquait un rapport en 2005. Une situation toujours d’actualité. Le Covid-19 n’a rien arrangé !

Des résolutions pour mieux repartir sans s’épuiser

Vous le savez, la rentrée est souvent l’occasion de mettre en œuvre les bonnes résolutions que l’on a pu prendre cet été. Il y a ceux qui veulent arrêter de fumer, se remettre au sport ou s’engager dans des activités nouvelles.  Il y a aussi de bonnes résolutions à prendre en tant que travailleur social (ou pas d’ailleurs).

Et si avant de débuter votre journée de rentrée vous inscriviez sur une feuille ce qui est important pour vous pour être heureux(se) au travail ? C’est une façon de prendre soin de soi avant d’entrer dans la cocotte-minute.  Prenez le temps d’inscrire ce que vous souhaitez changer dans votre quotidien professionnel. Choisissez des choses atteignables ! Vous pouvez aussi vous créer des outils vous permettant de « tenir bon ».

Voici quelques exemples de  ce que j’avais tenté d’appliquer pour moi-même. J’avais inscrit sur une feuille mes 5 volontés :

  • Ne pas me laisser déborder (finir au maximum une action avant d’en engager une autre)
  • Savoir dire non…  Simplement en expliquant pourquoi ce refus en proposant une autre solution
  • Chaque jour, poser un acte concret d’humanité gratuit et sans intérêt aussi bien  envers un(e) collègue, le service et une personne issue du public que j’accompagne.
  • En fin de journée, prendre 5 minutes pour un bilan de ma journée en notant ce que j’ai fait, même si ce sont des petites choses…
  • Rester souriant et ne pas réagir dans l’immédiateté autant que faire se peut.

Cela peut paraitre un peu candide de se fixer un tel programme, mais il avait pour avantage de me permettre de « reprendre la main » sur ma propre pratique professionnelle. Je crois en effet que nos actes sont trop souvent conditionnés par des évènements externes et par les autres membres de notre collectif de travail. Finalement on ne s’appartient plus et il reste important sinon essentiel de penser à prendre soin de soi pour pouvoir mieux prendre soin des autres. Et quel plaisir de se rappeler en fin de journée les actes positifs et gratuits que l’on a pu poser. Car bien évidemment quand vous apportez quelque chose de positif à quelqu’un, celui-ci vous le rend (parfois pas, mais ce n’est pas un problème).

Je ne veux surtout pas tomber dans le moralisme ! Je vous dis ça, je ne vous dis rien, à vous d’en juger… En tout cas je ne peux que vous souhaiter une bonne rentrée !

 

Photo créée par ViDIstudio – fr.freepik.com

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2 réponses

  1. Quel plaisir de retrouver « notre » blog, si utile pour échanger sur notre vie au travail!

    Face aux difficultés qui sont devant nous, et qui vont se renforcer dès cette rentrée
    Face au fossé de plus en plus profond entre les politiques publiques et la réalité de terrain
    Face au risques de plus en plus grands de souffrance au travail (pour les travailleurs sociaux, mais pas que…)

    aucune solution miracle, hélas!
    Toutefois, on peut dire que, plus que jamais, ces lieux de parole que l’on appelle généralement entre nous « GAP », Groupe d’analyse des pratiques, seront nécessaires, à développer, à offrir à tous , à renforcer.
    Ici ou là, certains groupes de parole sont facilement accessibles à tous les travailleurs sociaux qui le souhaitent.
    Mais pas partout. dans certaines institutions, soit ils n’existent pas du tout, soit ils sont d’accés restreint.
    Ici ou là, des groupes de parole fonctionnent très bien, et apportent beaucoup aux participants.
    Mais pas partout, certains animateurs de ces groupes de parole ne savent pas bien faire.
    Ici ou là, des groupes de parole reçoivent de leur institution une allocation de temps (par séance: une heure (trop court)? deux heures (c’est mieux) trois heures ( idéal!))
    et une allocation de nombre de séances par an variable. 3 séances: c’est mieux que rien, mais ridicule. 6 séances par an: ce n’est pas assez, mais on fait avec….
    Une séance par mois: vraiment bien.

    Souhaitons que les travailleurs sociaux seront nombreux, et bons négociateurs, pour obtenir de leurs institutions ce soutien indispensable en cette période.
    (en réalité, je pense que ce soutien est toujours indispensable, quelle que soit la période, ne serait ce que pour que les questions éthiques puissent être abordées en plus des « Comités », qui n’existent pas la plupart du temps; pour que les fameuses recommandations sur la bientraitance soient suivies d’effet, etc…, etc….)

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