Le plus grand regret des personnes qui meurent dans les services de soins palliatifs

Nous sommes tous confrontés à un moment ou un autre de notre vie à certaines souffrances fondamentales comme celle de la perte d’un être (très) cher. Voir mourir son père ou sa mère à un moment où on ne l’attend pas, assister à la disparition de son enfant, son conjoint provoque  dans la majorité des situations un cataclysme intérieur difficilement descriptible. Vous êtes alors en état de choc.

Comme si la vie devenait iréelle.

Vous vous attendez à croiser l’être qui vous est cher dans tous les coins de la maison, là où il se trouvait habituellement. Tout se rapporte à lui. C’est comme si un très mauvais film se déroulait devant vous. Vous avez l’impression de pouvoir rembobiner le temps et vous pensez même que tout cela n’a pas eu lieu. Mais non, au final rien n’y fait. Il y a un avant et un après. Il faut du temps et il est difficile d’accepter  ce qui est perçu comme insupportable voire insurmontable. Le deuil est un processus lent qui passe par plusieurs phases. Au final, la vie reprend le dessus lentement mais surement, sans que l’on y fasse attention.

Soutenir les personnes en état de choc

Certains travailleurs sociaux qui accompagnent des personnes qui ont vécu de tels traumatismes connaissent bien ces mécanismes et les risques qui y sont liés. Des professionnels visitent dans le cadre de leur travail des personnes qui se savent condamnées notamment celles qui terminent leur vie dans des services de soins palliatifs. L’accompagnement des familles est à ce titre une des priorités fixée par ces unités.

Elles mettent à diposition des espaces de rencontre et permettent aux proches de séjourner auprès de la personne en fin de vie. Les visites sont autorisées 24 heures sur 24… Chaque membre de l’entourage proche a la possibilité d’être suivi par un psychologue, une assistante sociale, mais aussi par un religieux. Des associations de bénévoles visitent aussi les plus isolés…

Des personnes avec une force de vie et une sagesse hors du commun

Pourquoi je vous raconte ça ? Je n’en sais rien. Mais j’ai pu rencontrer dans le cadre de ma pratique professionnelle des personnes qui ont vécu de véritables drames intérieurs. J’en ai accompagné certaines, plus ou moins bien d’ailleurs, tant ce qui se passait me bousculait. J’ai aussi beaucoup appris de ces personnes.

Elles ont une force de vie particulière. Surmonter certaines épreuves vous rendent plus fort, plus sage. Leurs priorités ne sont plus les mêmes. Elles semblent avoir compris ce qui est essentiel dans la vie. Le paraitre n’a plus trop d’importance et quand vous parlez avec elles, elles vont à l’essentiel, souvent sans détour.

Le plus grand regret des personnes qui meurent hospitalisés dans les services de soins palliatifs

Pour conclure je voudrais vous faire connaitre ce que nous dit le blogueur américain James Clear qui rapporte le témoignage d’une soignante qui a passé plus d’une décennie à conseiller des  personnes mourantes. Au cours de cette période, elle a commencé à enregistrer les plus grands regrets  exprimés par ces personnes sur leur lit de mort.

James Clear rapporte que le regret qui est revenu le plus fréquement est qu’elles « auraient aimé avoir le courage de vivre une vie fidèle à elles-même, à leurs désirs profonds, pas la vie que les autres attendaient d’elles. » 

En effet, il faut du courage pour vivre une vie fidèle à ses convictions profondes. Beaucoup d’entre nous ont été en quelque sorte « programmés » dans leur éducation pour répondre  aux désirs des autres et notamment de ses parents. La pression sociale aussi est une réalité qui oblige à un certain courage si on ne veut pas s’y soumettre.

James Clear explique comment il est possible de se retrouver en quelque sorte piégé par la pression sociale. « Si vous ne tracez jamais une ligne dans le sable et ne précisez pas ce qui est vraiment important pour vous, vous finirez par faire ce que l’on attend de vous. Lorsque vous n’avez pas d’objectif précis qui vous fait avancer, vous ne faites que ce que les autres approuvent. Nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons et nous faisons donc ce que nous pensons que les autres veulent ». Il explique aussi qu’il réfléchit souvent à la façon dont il peut améliorer sa vie avec un but. Il réfléchit sur la façon de faire pour vivre une vie importante au lieu d’une vie urgente« .

Les travailleurs sociaux sont  peut-être aussi là pour expliquer ces choses si importantes alors qu’on leur demande d’agir de façon urgente alors que la personne qu’ils reçoivent est à la croisée des chemins de sa propre vie.  Nous rencontrons plus fréquemment qu’on le pense ou le dit, des personnes qui s’interrogent sur le sens de leur vie et leur devenir. Cela n’entre pas dans les référentiels professionnels, (et c’est tant mieux). Cette réalité est à prendre en compte. Il faut en parler entre nous. Comment réagissons nous ? sommes nous prêt(e)s à recevoir cela ? Ce qui nous est confié est parfois si précieux qu’on ne peut ni le partager au risque de l’abimer. Il faudrait aussi écrire un livre sur ces tranches de vies si intenses qui nous sont racontées. Ces expériences ne peuvent que nous faire avancer…

Photo flickr   Certains droits réservés

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Une réponse

  1. Je suis touchée, au cœur et au ventre par ces mots magnifiquement transmis.jexerce ce joli métier d’assistante de service social depuis 35 ans, et les rencontres certes enrichissent ,questionnent,bousculent …je suis frappée ces dernières années par cette nécessité d accompagner les personnes a regarder leurs projets de vie..souvent nous fonctionnons ou disfonctionnons, nous consommons ou sommes empêchés de consommer sans interroger les essentiels de nos choix et garder l’esprit clair …je rejoins ce message de l écoute,recevoir,acceuil,remettre du sens du projet de chacun…merci beaucoup.belles journées …

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