Le gaz hilarant qui ne fait plus rire / Enfin ! des «territoires zéro non-recours» / L’inquiétude des AESH

« Gaz hilarant » : des usages détournés qui ne font plus rire

Tout le monde (ou presque) a déjà remarqué ces petites cartouches en inox qui jonchent depuis quelque temps certains lieux publics. Avant d’être vidées par leurs utilisateurs, elles contenaient un gaz, le protoxyde d’azote – « proto » pour les intimes – plus connu sous le nom de « gaz hilarant ». Laurent Karila professeur d’Addictologie et de Psychiatrie, à l’Université Paris-Saclay et Amine Benyamina, professeur de psychiatrie et addictologie, président de la Fédération Française d’Addictologie, AP-HP signent tous deux un article particulièrement intéressant. Il est publié par le site « The Conversation »

Le succès grandissant de ces usages détournés du proto n’a rien de drôle : l’augmentation de la consommation s’est en effet accompagnée d’une multiplication des cas directs et indirects de décès, en particulier chez les jeunes. S’il ne faut pas diaboliser ou céder à l’alarmisme, il est néanmoins essentiel d’informer et de sensibiliser aux risques liés à l’inhalation de cette substance. Car sa consommation chez les jeunes semble être en hausse selon l’Observatoire européen des drogues et toxicomanie

En cas de consommation chronique, la toxicité est non négligeable. Elle résulte principalement d’un manque d’oxygène au niveau du cerveau (hypoxie cérébrale) et d’une neurotoxicité par déficit en vitamine B12. Les auteurs de l’article traitent aussi des questions de prévention et apportent des pistes de réflexion utiles pour les personnes et leurs proches confrontés à cette addiction particulière. (lire l’article deThe Conversation)

Pour aller plus loin :
● Karila L. « On n’a qu’une vie », Fayard ;
Podcast Addiktion, saison 1 ;
● Le site de Drogues info service.

 


Près de 20 millions de Français sont concernés par la réforme de la «solidarité à la source», visant à verser des prestations sociales en limitant les démarches des bénéficiaires au minimum. Cette mesure loin d’être effective pour tous, devrait commencer à être expérimentée «début 2023». C’est ce qu’a annoncé Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités, dans un entretien accordé au journal Le Parisien.  Cela va se traduire par des expérimentations sur plusieurs territoires. À l’image des «territoires zéro chômeur» , le dispositif s’appelle  «territoires zéro non-recours».   Cette expérimentation était inscrite dans la loi dite  « 3DS ». Elle prévoit qu’elle se déroule pendant 3 ans, dans 10 territoires maximum.  Un comité local doit encadrer chaque expérimentation et un comité scientifique l’évaluer. L’évaluation au bout de 2 ans aura pour but d’analyser les effets quant au recours réel aux droits sociaux, de mesurer l’intérêt ou non de sa poursuite, mais aussi de son extension.  (lire l’article de Libération)

Cette mesure complexe « implique de lourds travaux techniques pour harmoniser les ressources et permettre la récupération des données auprès des employeurs et des administrations », a précisé le ministre des Solidarités et de la Santé pour justifier la lenteur de sa mise en place.  Le magazine Capital reprend ses propos : il est « complètement anormal que 30 % des personnes qui ont droit à des aides ne les réclament pas ». « Ce taux élevé de non-recours est particulièrement vrai pour le RSA. La digitalisation, c’est bien, mais quand vous ne rentrez pas dans une case cela devient un parcours du combattant déshumanisant. Il faut aussi simplifier, peut-être fusionner certaines prestations — il en existe plus d’une quinzaine ! — et permettre aux agents de mieux accompagner les personnes », a-t-il affirmé.

La journaliste de Capital, ne manque pas de mentionner que le versement automatique des droits sera également un moyen pour l’État de lutter contre la fraude. « Cela va permettre de sécuriser le système et aussi de réduire les coûts des recouvrements des indus en cas d’erreurs de calcul. » (lire l’article de Capital)

 


Effectifs insuffisants, salaires sous le seuil de pauvreté : l’inquiétude des AESH, accompagnants d’élèves en situation de handicap

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap ont, eux aussi, fait leur rentrée. Cette année encore, ils considèrent à juste titre leurs salaires insuffisants et s’inquiètent des effectifs en baisse. Ces situations peuvent menacer la scolarité d’enfants en situation de handicap. Lauriane Nembrot, journaliste à France 3 Aquitaine, a fait le point sur l’académie de Poitiers : 11.906 jeunes sont en situation de handicap, selon les chiffres du rectorat datés du mois d’août 2022. (Il y a 2932 AESH dans l’académie)

La journaliste a interviewé Isabelle Delaplace. Elle est AESH dans la Vienne depuis neuf ans. Elle dénonce la faible rémunération salariale de sa profession. “Chaque année, il y a des AESH qui choisissent de ne pas renouveler leur contrat. Et c’est souvent parce qu’ils ne gagnent pas leur vie. Parce qu’on ne peut pas vivre correctement avec un salaire en dessous du seuil de pauvreté.” Il est vrai qu’en France, le salaire d’un AESH en temps plein est équivalent au SMIC. Lorsque l’on débute, ce sont des contrats de travail de 24h qui sont signés. Le salaire est de 770 euros net par mois dans ces cas-là.

« Chaque année, il y a des AESH qui choisissent de ne pas renouveler leur contrat. Parce qu’on ne peut pas vivre correctement avec un salaire en dessous du seuil de pauvreté ». …/… “On s’occupe de tout, on les accompagne pour tout. Si on n’est pas là, si on n’a pas le temps d’être présent ou qu’on n’est pas remplacé, ça ne marche pas”, dit-elle. “On a eu une réunion de travail au mois de juillet. On a noté onze départs à la retraite et une quarantaine de refus de renouvellement de contrat. Des agents ne veulent pas continuer”. (lire l’article de France 3 Aquitaine)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : Gratisography

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