Le coût social de la réforme des retraites / Ce qui donne sens au travail / la résidence alternée et l’intérêt de l’enfant

« Le décalage de l’âge minimum de la retraite aura un coût social important »

Cette tribune signée Michaël Zemmour, maître de conférences en économie à l’université Paris Panthéon Sorbonne, tente d’identifier le coût social de la future réforme des retraites. Il y aura « un lourd bilan social » explique-t-il dans le journal La Croix. En utilisant les travaux de la Drees et de la Dares, « on peut estimer le coût social du décalage de l’âge minimum de la retraite à 64 ans : une hausse de l’ordre de 100.000 du nombre d’allocataires de minima sociaux.

Il faudra aussi compter sur 120.000 pensions d’invalidité supplémentaires. Il est aussi à prévoir une hausse du nombre de chômeurs indemnisés (de l’ordre de 80.000, hors effet de la nouvelle réforme). N’oublions pas non plus les personnes sans emploi, mais n’ayant droit à aucune prestation spécifique ».

La première ministre ne dit pas, que la réforme aurait un bilan social très lourd : elle prolongerait tout aussi « mécaniquement » la situation de précarité des seniors qui sont déjà hors de l’emploi à l’âge de liquider leur retraite, et cette situation est très inégalement répartie : en 2019, à 61 ans, un quart des employés et un tiers des ouvriers n’étaient ainsi ni en emploi ni en retraite. (lire la tribune dans le journal La Croix)

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La recherche de sens au travail est-elle une préoccupation de privilégiés ?

C’est un article intéressant que signe Hélène Bourelle, dans le magazine en ligne Slate. Elle cite entre autres Aude Selly, autrice de Autopsie d’un burn-out.  «Le niveau de rémunération, même s’il est un vecteur important de reconnaissance, ne fait pas tout. On peut être bien payé et se sentir totalement inutile.»​​​​​… et avoir envie de partir.

Marc Loriol, auteur du livre « Les Vies prolongées des usines Japy » explique que la question du sens au travail se pose autant, voire plus, au sein des professions non qualifiées. « Le sens, ce sont ces contreparties qui font qu’on accepte un travail où les horaires sont longs, les corps mis à l’épreuve et la rétribution financière généralement modeste », précise le sociologue  . Or, les difficultés actuelles de recrutement dans ces métiers semblent indiquer que pour beaucoup d’employés, ces contreparties qui, autrefois, rendaient la tâche acceptable, ne suffisent plus.

Mais qu’est-ce qui fait qu’on trouve ou non du sens dans son travail ? « Avant la désindustrialisation, il y avait une valorisation collective du savoir-faire des ouvriers ../… On leur reconnaissait des compétences spécifiques et donc une valeur certaine qui donnait du sens à leur quotidien difficile. Tout cela a été perdu avec la numérisation des tâches, qui a effacé cette identité ».

L’auteure de l’article évoque ces conflits de valeurs qui  » dégoûtent du métier « . Elle cite plusieurs exemples pour ensuite rappeler que l’entraide et solidarité, sont piliers du bien-être au travail. Je trouve à travers cet article bien des points communs qui expliquent la désertion en cours des professions du social, notamment celles qui sont moins bien rémunérées. D’où l’intérêt de lire cet article et de le partager. (lire l’article de Slate.fr)

 


La résidence alternée est-elle toujours dans l’intérêt de l’enfant ?

Voilà une question qui ne manquera pas de soulever des discussions. Lynda Gaudemard enseignante-chercheuse, à Aix-Marseille Université (AMU) pose cette question et tente d’y répondre dans un article publié par The Conversation. Les initiatives populaires en faveur de la résidence alternée se multiplient depuis quelques années, sur Internet et dans l’espace public. Elles sont portées par des associations qui se targuent de s’appuyer sur des arguments scientifiques. Ils démontreraient que ce mode de résidence serait la solution miracle contre la délinquance juvénile, l’échec scolaire, la maltraitance infantile et même l’émancipation des femmes.

Les arguments mis en avant par les associations en faveur de la résidence alternée se retrouvent dans  la dernière proposition de loi tendant à faire de la résidence alternée le mode de résidence par défaut. Selon cette proposition, « 85 % des détenus ont été élevés sans l’un de leurs parents ; 90 % des sans-abri n’ont pas connu un parent et 63 % des mineurs suicidaires ont vécu une enfance monoparentale ». On y lit que « 24 % des enfants en famille monoparentale ont redoublé contre 9 % en résidence alternée (14 % en famille unie) et qu’il y a « 11 fois plus d’actes de violence chez les enfants élevés en l’absence d’un des deux parents. »

Or ce n’est pas parce que 85 % des détenus ont été élevés par un seul parent (statistique dont la source reste introuvable) que 85 % des enfants grandissant en famille monoparentale deviendront des délinquants. La corrélation entre violence, délinquance juvénile et monoparentalité est vivement contestée dans la littérature scientifique.  Autre argument démonté, celui de l’échec scolaire.  « le taux de réussite scolaire des enfants en résidence alternée découlerait plus du bon niveau d’études des parents que du mode de résidence. L’idée que la résidence alternée favoriserait la réussite scolaire et serait davantage favorable à l’enfant n’est donc pas démontrée ».

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a émis une recommandation claire en faveur de la garde alternée (Résolution 2079, art. 5, al. 5). Mais l’autorité parentale conjointe de plein droit, tout comme la résidence alternée sont absentes de la Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). En aucun cas, la CIDE ne suggère que l’enfant devrait avoir le droit de passer un temps égal avec chaque parent ou même que l’autorité parentale devrait être partagée. Il n’est pas établi avec certitude que l’autorité parentale conjointe serait dans l’intérêt de l’enfant lorsque ses parents sont divorcés ou séparés. Des études montrent en effet que l’autorité parentale conjointe après un divorce ou une séparation peut avoir des effets négatifs sur l’enfant. Voilà un article très intéressant pour qui s’intéresse à ce sujet. Ne le manquez pas! (lire l’article de The Conversation)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser 

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