Le calvaire de Diafara, éducateur de rue / Fin de la trêve hivernale, que deviennent les expulsé(e)s ? / Clichés sur la précarité…

Gazé, fouillé à nu, menacé : le calvaire d’un éducateur de rue

Le 14 février dernier, Diafara, éducateur de rue, a vécu un véritable calvaire près de Chartres. Il a passé 22 heures en garde à vue sans raison, accusé à tort, fouillé à nu avant d’être relâché sans poursuite. L’événement a choqué et mobilisé le quartier. Street Press diffuse en ligne les conditions de son arrestation et évidemment, c’est très choquant, pour ne pas dire plus.

Le détail d’une arrestation mouvementée de 3 jeunes est raconté par les journalistes de Street Press ( Christophe-Cécil Garnier , Matthieu Bidan , Thomas Porlon ) « Je donne ma carte d’éducateur et d’identité. Il les prend et me dit de dégager, que ce n’est pas mon problème. » Explique Diafara. Malgré sa tentative d’explication un policier sort sa bombe lacrymogène et gaze les 2 éducateurs présents sur place Angèle et Diafara. «J’ai été arrosée trois fois à bout portant, de la tête aux pieds. J’ai eu peur », dira-t-elle. D’autres habitants sont touchés par les coups de gazeuse, dont des mamans et un enfant de sept ans. 

Mais cela ira plus loin encore. L’éducateur sera menotté. Les 2 professionnels seront emmenés au poste de police, « Toi l’éducateur, je vais te faire perdre ton travail » Diafara est accusé de refus d’obtempérer, rébellion et outrage. La préfectuure a pris fait et cause pour les policiers alors que au moins six témoins du contrôle indiquent que Diafara a été « pacifiste ». « À chaque moment, il a gardé son calme ».

Diafara subira une fouille intégrale. « Je cache un peu mes parties génitales, je dis que c’est humiliant », se souvient-il. Il se rappelle des rictus des policiers. « Ils savaient que j’étais éducateur, que je suis là pour aider les gens. C’est un métier difficile, où tu n’es pas bien payé. Ils m’ont dit que c’était la méthode mais moi je n’ai rien fait, je ne suis pas un criminel. Ton mental, il en prend un coup. ». C’est consternant. (lire l’article de Street Press)

 


Fin de la trêve hivernale : que deviennent les ménages après l’expulsion  ?

La Fondation Abbé Pierre et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont mené une enquête sur un sujet peu exploré : que deviennent les ménages après l’expulsion de leur domicile ? Les conséquences sont généralement très douloureuses pour celles et ceux qui la subissent.  L’expulsion représente une rupture personnelle et un évènement traumatique. Un à trois ans plus tard, 32 % des ménages n’ont toujours pas retrouvé un vrai logement et vivent encore à l’hôtel ou chez un tiers. 29 % des personnes interrogées n’ont pas pu poursuivre leur activité professionnelle à cause de l’expulsion.

71 % des personnes interrogées ont des problèmes de santé ou des difficultés psychologiques liés à cette douloureuse expérience. Les enfants en sont les premières victimes : 80 % des familles confient l’impact direct sur leur bien-être, et 43 % ont constaté un effet sur la scolarité de leurs enfants (décrochage scolaire, trouble du comportement, problèmes de concentration). `

Cet article nous apprend que malgré l’extension de la trêve hivernale, le nombre d’expulsions de ces deux dernières années a dépassé les 20 000 ménages (8 156 en 2020, 12 000 environ en 2021). Bref Ces éléments plaident pour un changement de politique sociale : déployer des moyens conséquents, notamment pour renforcer l’accompagnement administratif et juridique, abonder et simplifier les aides au loyer du Fonds de Solidarité Logement et le fonds d’indemnisation des bailleurs. (lire l’article de la Fondation Abbé Pierre)

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« Les clichés sur la précarité que je vis avec mes enfants ne font qu’empirer notre situation »

« Stoppons tout de suite les clichés pensant que tous ces pauvres profitent littéralement du système grâce aux aides » implore Sylvie Longuet, femme seule avec enfants, autrice et créatrice de contenus. « Être précaire en France aujourd’hui, c’est tout sauf une histoire de volonté. Vous pouvez ranger vos formulations toutes faites, dit-elle à ceux qui pensent que tous ces pauvres profitent du système. « Non, il ne suffit plus de le vouloir pour le pouvoir » écrit-elle dans un article publié par le Huffington Post.

Son témoignage est éloquent : « Penser que tous ces pauvres dont je fais partie se réjouissent quotidiennement d’aller manger grâce à des colis d’aides alimentaires, grâce aux épiceries solidaires ou encore grâce à des chèques d’aides alimentaires, c’est n’avoir absolument jamais, mais JAMAIS avoir dû vous retrouver à aller quémander l’une de ces aides et ne même pas être capable juste d’imaginer le poids de la honte et de la culpabilité de vous retrouver à justifier face à quelqu’un l’aide que vous êtes en train de demander.

« L’argent ne tombe pas du ciel parce que vous vivez dans la précarité » rappelle-t-elle. Elle explique aussi les efforts qu’elle engage au quotidien et sa quasi-obligation de mentir à ses enfants pour ne pas les inquiéter. Ce témoignage est un regard cru et poignant sur ce qu’est la précarité vécue de l’intérieur. Merci madame pour votre témoignage (lire l’article publié par le Huffington Post)

 


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Vous êtes allé(e) au bout de cette revue de presse ? Bravo et merci ! Merci aussi à Michelle Flandre qui m’a aidé à la réaliser.

Photo : capture d’écran du reportage vidéo de Street Press intitulé Gazé, fouillé à nu, menacé : le calvaire d’un éducateur de rue.

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