Le secret professionnel permet d’agir / Suicide d’une mère de famillle : le conjoint accuse l’ASE / Strasbourg : maltraitances dans un foyer

Le secret, c’est du silence et le secret professionnel, de l’action !

Voici un article très intéressant signé Laurent Puech, ancien président de l’ANAS et un des animateurs du site secretpro.fr.  Il analyse les différentes formes de secrets des personnes avant d’en venir au secret professionnel qui concerne les travailleurs sociaux et les soignants.

« Ce n’est  pas vraiment le secret de la personne qui est nocif ou protecteur. Ce sont les effets qu’il produit ou renforce qui le qualifient de nocif ou protecteur ». Ce secret là amplifie ou réduit des dégâts. Il y a en effet des secrets qui protègent la personne mais d’autres peuvent tout autant la détruire.  Mais précise Laurent Puech « le secret n’est qu’un des facteurs de la vie d’une personne, et que « nocif » ou « protecteur’, il existe une série d’autres facteurs qui peuvent expliquer une dégradation ou une amélioration d’une situation : état de l’environnement affectif, des conditions matérielles et professionnelles, des relations sociales, etc. »

Quant au secret professionnel, une idée reçue très répandue laisse supposer  que le silence du professionnel équivaut à de la passivité, l’absence de toute action. Cette idée reçue a la vie dure alors que le fait de se confier à un professionnel qui protège l’information permet à la personne d’avancer. Cela « rend possible la production de choix éclairés, c’est aussi de l’action » écrit Laurent Puech. Il nous explique pourquoi et comment (lire l’article de Secretpro.fr)

Hérault : ne supportant plus de ne pas voir ses filles, elle se tue

Une mère de famille s’est donnée la mort à Agde, « ne supportant plus de ne pas assez voir ses filles ». Selon son ex-compagnon, « la justice et les services sociaux de l’aide à l’enfance lui ont mis une pression terrible ». « Lui enlever ses filles aurait contribué à lui mettre la tête sous l’eau. Les services sociaux ont compris ce que nous allions faire. Ils ont prévenu mon ex-femme qui si elle ne respectait pas la décision du juge, cela tournerait mal. Un éducateur a même fait du zèle, il l’a surveillée » a-t-il déclaré à la presse

Les services sociaux du Département n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce dossier qui touche de près l’avenir d’enfants mineurs. explique Jean Pierre Amarger journaliste au Midi Libre. « Ils n’ont pas plus commenté le rôle de l’éducateur » précise-t-il.

Plus surprenant, l’avocat de la famille s’en prend non seulement à l’éducateur mais aussi à la juge des enfants :  « Juridiquement, la juge a fait droit à notre demande, mais humainement, elle ne lui a donné aucune chance ». Cette vision partielle et partiale d’une situation certes dramatique à de quoi nous interroger. (lire l’article du Midi Libre)

Licenciées après un article de Rue89 Strasbourg, 3 éducatrices dénoncent un «management violent»

L’affaire ne va sans doute pas en rester là. Le 15 novembre 2019, Rue89 Strasbourg publiait un reportage dans un foyer pour demandeurs d’asile. Cet article  révélait les conditions de vie des résidents de ce centre. Peu après, trois éducatrices spécialisées étaient licenciées. Elles estiment que leur direction a voulu se venger de cet écrit en pensant qu’elles en étaient responsables. Elles décrivent la gestion du personnel au sein de cette grande association caritative strasbourgeoise.

De début septembre 2019 à fin février 2020, le syndicat CGT a dénombré 24 entretiens disciplinaires, 3 mises à pied, 11 licenciements ou fin de période d’essai et 8 procès devant le tribunal des prud’hommes. Les représentants du personnel écrivent avoir lancé des droits d’alerte, mais « aucun n’a été pris en compte malgré les interventions de la médecine du travail et de l’inspecteur du travail ».

Plus grave encore, une agression au couteau par une jeune résidente a eu lieu lundi 27 juillet dernier. Le bilan est de 5 blessés, dont un habitant gravement atteint au foie. Un travailleur social a aussi été touché. Les trois salariées licenciées avaient alerté leur direction sur de tels risques. Le 3 septembre 2019, dans le compte-rendu d’une réunion d’équipe où sont présents des cheffes de service, on peut lire que « les salariées se sentent en insécurité » à cause du sous-effectif. (lire l’article édifiant de Rue 89 Strasbourg)

lire aussi

 

photo : default 07 cookie_studio  Freepik

 

La sélection des articles a été réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre. Merci à elle

Partager

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

Articles liés :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.