La place des « usagers » au Conseil Supérieur de Travail Social : 8 propositions et constats qui font consensus…

Je vous ai transmis récemment un rapide compte rendu de la dernière session plénière du Conseil Supérieur de Travail Social (CSTS) sans vous faire part des différents rapports qui ont été présentés. En effet il n’y a pas que la réforme des formations qui est abordée dans ces Etats Généraux. Il est aussi question de la place des usagers, du travail social collectif, de la coordination des acteurs… Parlons aujourd’hui de cette place des usagers

C’est Brigitte Bouquet qui a présenté en l’absence de Marcel Jaeger le rapport sur la place des usagers.  Je me permets de reprendre les éléments, (constats et propositions) qu’elle a développé lors de l’assemblée plénière. 

– 1er constat : la loi de 2002 est insuffisamment respectée. Cette loi, réformant l’action médico-sociale,  demande que soit donnée un place aux personnes aidées ou accueillies dans les établissements médico sociaux.  On peut mieux faire dira Brigitte Bouquet. (Et je fais partie de ceux qui pensent la même chose sur ce sujet)

– 2ème proposition : Evitons de nous centrer sur les usagers « cibles » objets de nos attentions et ne limitons pas notre action sur les difficultés qu’ils expriment mais aussi sur leurs potentialités. Il nous faut élargir nos représentations, celles des élus et du public sur les personnes concernées  par l’action sociale

– 3éme point : il nous faut aujourd’hui lutter contre une forme de « déshumanisation du social ». Les procédure qui mettent à distance les personnes et positionnant les situations comme des dossiers sont vraiment à remettre en question. ( qui n’est pas d’accord ?) Nous travaillons avec des « humains et devons agir avec « humanité » en tenant compte de chacun. C’est une évidence enseignée dans les centres de formation et  c’est à mon sens une des demandes des travailleurs sociaux qui font face à des systèmes d’aides informatisés où les critères prédéfinis prennent le pas sur la situation elle même.

– 4ème proposition : le CSTS se doit d’accueillir en son sein dans la prochaine mandature des personnes qui sont accompagnées par des travailleurs sociaux. Comment ? Par exemple en incluant des représentants participants aux Conseils Consultatifs des Personnes Accueillies / Accompagnées (CCPA)

– 5 ème idée : Les usagers revendiquent à raison un savoir au quotidien qui n’est pas reconnu. Ils ont le souhait de ne pas être des « oubliés » dès lors que se travaillent des postures professionnelles des travailleurs sociaux. Ils souhaitent être par exemple acteurs de leurs formations en ayant la possibilité d’exposer leurs points de vue face aux situations qu’ils vivent et parfois subissent. (ce type d’intervention existe notamment avec le concours d’ATD quart monde qui parle de « croisement des savoirs).

– 6ème proposition : il est nécessaire d’interroger la place des encadrements de proximité qui parfois ne sont plus des travailleurs sociaux et  ne maîtrisent pas toujours les pratiques professionnelles limitant leurs engagements à des actions de management. Or pour avancer sur la question de la place des personnes aidées, il reste nécessaire d’accompagner les travailleurs sociaux dans leur quotidien en faisant appel à leurs techniques de travail et au sens des actions menées.

– 7ème proposition : résister aux « urgences » institutionnelles en prenant le temps du dialogue et de l’écoute avec les personnes et en les aidant à se repositionner en tant qu’acteur. Oui, certes mais comment ? Peut-on avoir envie de dire…

– 8ème proposition : Mieux coordonner les actions du CSTS avec celles du CNLE Conseil National de Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Pour autant sur ce dernier point, je me permets de rappeler au cas où nous l’oublierions que le travail social s’adresse à toute la population et non à seulement les personnes exclues ou pauvres économiquement. Ainsi par exemple la protection de l’enfance concerne tous les parents dont certains sont très bien intégrés dans la société, tout comme les familles adoptantes ou encore familles de jeunes handicapés, sans oublier les salariés au sein des entreprises et des administrations. (Nous avons encore trop tendance à ne parler de cohésion sociale qu’à travers la lutte contre les exclusions alors que cette cohésion concerne toute la population ).

Enfin je vous rappelle qu’au sujet de personnes aidées et accompagnées, le récent rapport du CSTS intitulé « Merci de ne pas nous appeler usagers » est en ligne et apporte des précisions sur ces préconisations et bien d’autres…

 photo : extrait du film de la FNARS présentant les CCPA

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0 réponse

  1. l' »usager » est absolument mal adapté au sens humain des prestations à proposer aux familles.
    Les MJIE devraient mettre en lumière les besoins de l’enfant tels que présentés aux familles pour savoir ce qu’elles se sentent aptes à changer pour améliorer le sort des enfants. Ainsi présenté au juge des enfants, nul ne se sentirait trahi ou incompris.

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