Didier Dubasque
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La mort d’un bébé empoisonné en crèche : la consternation

Mercredi 22 juin, une petite fille de 11 mois est décédée dans une micro-crèche à Lyon. Elle est morte empoisonnée. Le communiqué du Procureur de la République du 24 juin mentionne que l’unique professionnelle présente “avait aspergé puis lui avait fait ingérer un produit caustique”. Cette employée, qui était seule le matin du drame dans cette crèche du groupe People & Baby, a été mise en examen le 24 juin pour homicide volontaire. Les professionnel(le)s de la petite enfance sont particulièrement choqué(e)s à l’annonce de cette tragédie. Le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance (SNPPE) se déclare même sidéré.

Il rappelle dans un communiqué le cadre réglementaire dérogatoire des micro-crèches. Il permet de ne disposer qu’une d’un(e) seul(e) professionnel(le) à l’ouverture et à la fermeture de la crèche quand il y a moins de 3 enfants accueillis. Le SNPPE est persuadé que ce drame aurait été plus facilement évité si la professionnelle avait pu passer le relais à une collègue.

Cette déréglementation n’a ni résolu le manque de places en crèche, ni amélioré la qualité d’accueil des crèches écrit ce syndicat. « Bien au contraire, le secteur de la petite enfance fait désormais face à une crise sans précédent qui n’a su être anticipée et maîtrisée par les gouvernements successifs : conditions de travail de plus en plus pénibles, salaires de misère, pénurie de professionnel(le)s par absence de réévaluation des effectifs des centres de formation… » La liste est beaucoup trop longue. (lire le communiqué sur le site du SNPPE)

Des salariés exceptionnels.

En réaction à ce drame, Arnaud Deroo lui même éducateur de jeunes enfants,  aujourd’hui consultant en éducation,  psychanalyste, rappelle sur le site les pros de la petite enfance que « 99% des professionnels de la petite enfance sont des salariés exceptionnels, il ne faut pas oublier cela et mettre tout dans le même panier » précise-t-il. Même si leurs tâches deviennent de plus en plus complexes, ils, elles, ont à cœur de bien faire leur travail.

Dans sa tribune, il pose plusieurs questions. Prudent, il emploie le conditionnel : « Il semblerait que cette professionnelle était « fragile » dixit un article de presse ! C’est à dire ? Pourquoi, alors,  était-elle alors en fonction ? Il semblerait, tout comme le permet les normes des micro- crèche, qu’elle était seule avec trois enfants, est-ce bien raisonnable, surtout si elle est « fragile » ? Vous me direz, les assistantes maternelles  aussi sont seules également, c’est vrai ! Mais sur la journée, les conditions ne sont pas vraiment les mêmes …/… Qu’est-il mis en place au sein des structures pour soutenir, accompagner les états émotionnels des salariés ? (lire la tribune sur lesprosdelapetiteenfance.fr )

Pour autant, les langues se délient avec des témoignages édifiants

Sébastien Allec a recueilli des témoignages de salariés et de parents qui ont été publiés par France 3. Ils sont révélateurs d’une situation de gestion de la crèche où s’est déroulé ce drame à Lyon.  Tous les témoignages que le journaliste a pu regrouper évoquent un turn-over incessant dans les équipes. Une des anciennes responsables de la crèche témoigne anonymement : « On recrute des personnes qui ont seulement fait quelques stages. Elles n’ont aucune formation. C’est inacceptable »

Une mère utilisatrice de la crèche explique que le lien de confiance est parfois rompu avec les parents. Chaque semaine, on a le droit à une ou deux nouvelles personnes sur une équipe de 4 ou 5″, témoigne-t-elle. « Ce n’est pas très rassurant de laisser son enfant à quelqu’un que l’on ne connait pas. Quand une personne est là depuis 3 mois, cela devient une référence c’est dire ! »

Plus inquiétant le situation est générale à l’ensemble des accueils de ce type : « La Protection Maternelle Infantile, compétence du Grand Lyon dans l’agglomération, confirme cette situation commune à tous les gestionnaires. « Il n’y pas plus de problème avec ce gestionnaire qu’avec un autre » Psychologiquement, j’étais aux aguets en permanence. J’avais la crainte que cette équipe déraille en mon absence. On travaille quand même avec des humains, des bébés » témoigne une des personnes interrogée.  (lire l’article de France 3 Auvergne Rhône Alpes)

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Photo : Façade d’une crèche people & baby de Lyon prise via Google Map

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