La justice ordonne l’hébergement de migrants / Les dérives des « PRAHDA » privatisés / « Il y a urgence sociale et éthique ».

  • Saône-et-Loire : la justice ordonne au préfet d’héberger des migrants à Mâcon. C’est le second jugement de ce genre en France après l’ordonnance rendue à l’encontre du préfet du Pas-de Calais pour mettre fin à des conditions de vie indignes.  Le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a pris une ordonnance qui enjoint le préfet d’enregistrer les demandes d’asile et de délivrer une attestation aux demandeurs dans un délai de dix jours. Le juge ordonne aussi au préfet de trouver une solution d’hébergement pour ces demandeurs et leurs enfants dans un délai de 48 heures. Enfin, le préfet doit leur garantir un accès au bloc sanitaire situé à proximité, y compris la nuit et mettre à leur disposition d’autres toilettes, ainsi qu’un accès à des douches d’ici 48 heures
  • Le PRAHDA ou les dérives d’un hébergement d’urgence privatisé : Pour tenter de répondre au problème chronique de l’hébergement sur tout le territoire Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur, avait lancé en septembre 2016 avec Emmanuelle Cosse le Prahda (Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile).  Adoma, société d’économie mixte filiale de la SNI, a pour sa part remporté depuis l’appel d’offre en tant qu’opérateur de ce « contrat à impact social » inspiré des « social impact bonds » anglo-saxons. Un document d’ouverture au marché public présentait trois publics éligibles à une prise en charge en PRAHDA. Or dans les faits ce PRADHA vise presque uniquement les demandeurs d’asile sous procédure Dublin qui sont assignés à résidence dans ces hôtels avant expulsion, les autres publics visés étant laissés le plus souvent à la rue. On ne peut en attendant que souscrire à ce que le Mrap précise à ce sujet au niveau national : « Ces PRAHDA ne correspondent pas aux normes d’hébergements collectifs : le manque de matériel empêche de faire la cuisine pour tous et toutes, l’exiguïté des locaux, le manque de personnel et de moyens et l’éloignement des villes s’apparentent à de la maltraitance institutionnelle, tant du point de vue physique que psychologique »…
  • Il y a urgence, urgence sociale, urgence éthique : Le Collectif Avenir Educs  annonce une assemblée générale du travail social le jeudi 19 octobre à 18 heures Bourse du travail de Paris. « Dans les services publics, que se soit à la PJJ, à la CAF, dans la Psychiatrie, à l’Education Nationale, à l’ASE, à Pôle Emploi dans les services territoriaux, les coupes budgétaires, les externalisations, le management par les chiffres deviennent la norme et remettent en question le sens même de nos missions d’entraides et de solidarités ». une manifestation nationale est programmée le 20 novembre prochain pour « briser l’isolement et la fatalité »

et aussi

  • Dans la Drôme, les agents de la Maison départementale de l’Enfance en grève contre la réorganisation de leurs services. Ils ont manifesté à l’occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique, hier mardi. Les agents dénoncent des conditions de travail qui vont en se détériorant, et des décisions du Conseil départemental qui remettent en cause la qualité de l’accueil des enfants. « Le Conseil départemental fait appel parfois à des boîtes d’intérim. Les enfants ont besoin d’une équipe d’adultes qui les encadrent très stable. La multiplication des intervenants, c’est néfaste pour les enfants, et ça rallonge le temps d’observation et d’accueil des mineurs. Finalement, c’est une mauvaise opération pour le Conseil départemental, même financière ». Il y a un gros mal-être chez les éducateurs qui se rendent compte qu’ils ne peuvent pas faire du bon travail avec les enfants. « Le curseur de la maltraitance et de la notion de risque bouge. On classe le dossier des enfants dont on estime que les difficultés ne sont pas si importantes que ça au regard de ceux dont la situation est dramatique. Et ces situations de familles, si elles ne sont pas accompagnées, alors elles deviennent dramatiques. On est très très inquiet de la politique départementale ».

 

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