C’est aujourd’hui la journée mondiale du travail social !

En 2018 et 2019, la journée mondiale du travail social avait été célébrée par le Haut Conseil du Travail Social qui avait organisé une manifestation publique dans les salons de l’Assemblée Nationale à l’Hôtel de Lassay. Mais depuis, la COVID-19 est passé par là et, comme pour l’année 2020, il n’a pas été possible de mettre en place un rassemblement d’envergure pour l’année 2021. C’est bien dommage.

Cette journée mondiale vise à valoriser les pratiques de travail social. Elle est placée cette année sous le signe d’un concept un peu difficile à expliquer en français. Le slogan « Ubuntu » n’est pas la marque d’un logiciel libre mais bien une idée. Ubuntu veut dire : «Je suis parce que nous sommes». Le mot « ubuntu », issu de langues bantoues du sud de l’Afrique, désigne une notion proche des concepts d’humanité et de fraternité si chère aux travailleurs sociaux. En Afrique du Sud, ce terme a été employé, notamment par les prix Nobel de la paix Nelson Mandela et Desmond Tutu, pour dépeindre un idéal de société opposé à la ségrégation durant l’apartheid, en Afrique du Sud.

Ubuntu est une philosophie qui rappelle  l’interdépendance de tous les peuples et de leurs environnementsIl témoigne de la nécessité d’une solidarité mondiale et met également en lumière les connaissances et la sagesse des peuples autochtones précise le site de la Fédération Internationale du Travail Social. Il est vrai que ce terme correspond bien aux valeurs du travail social qui vise à faire vivre la solidarité

Période de pandémie oblige, nous voyons bien que nous sommes tous reliés. Un vilain virus nous rappelle qu’il n’y a pas de frontière pour l’arrêter. Nous sommes tous interdépendants et c’est ce message qu’il faut bien comprendre. Sommes-nous interdépendants et solidaires ou choisissons-nous une interdépendance égoïste qui prône le chacun pour soi quand tout va mal ? Cette question mérite d’être posée.

On le voit les États mettent en place leurs propres stratégies sans véritablement tenir compte de ce que font leurs voisins. Or disent les travailleurs sociaux il ne devrait pas y avoir de frontières pour soigner protéger et prendre soin. Certains éléments tels les vaccins devraient relever du bien commun et public et ne pas devenir des outils de pression économiques et politiques.

La journée mondiale du travail social invisible des médias ?

En France, il y a très peu de manifestations qui accompagnent cette journée mondiale qui passe assez inaperçue. Seules ou presque l’Association Internationale des Écoles de Service Social et d’éducateurs (IASSW), La Fédération Internationale du Travail Social (IFSW) et l’ANAS en parlent. La section Île-de-France de l’association nationale des assistant(e)s de service social a prévu une soirée d’échanges à l’occasion de cette journée via une rencontre en ligne sur inscription. Cette manifestation, certes modeste, mais qui a le mérite d’exister, est  référencée sur le site de la Fédération Internationale du Travail Social. Mais il fallait s’inscrire avant le 14 mars pour pouvoir y participer. Dommage.

Du côté des médias, c’est aussi un peu pauvre. Notons toutefois l’article d’Anne Simonot qui assure la rédaction du Média Social Emploi. La journée est aussi à l’agenda du magazine Lien Social.

Et du côté des syndicats ?

La CFDT et Sud appellent les travailleurs sociaux à manifester ce 16 mars à Nantes à l’occasion journée internationale du travail social. Les syndicats ont invité (je cite Ouest France) « les éducateurs, aides médico-psychologiques ou autres aides-soignants » à un rassemblement dans le centre-ville. Les travailleurs et travailleuses du secteur social et médico-social et SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) sont toujours exclus du Ségur de la santé, laissés pour compte, oubliés et invisibles, dénonce le communiqué de presse de l’intersyndicale.

De leurs côtés la CGT et la FSU ont publié un communiqué à l’occasion de la réunion de la commission permanente du Haut Conseil du Travail Social qui s’est tenue hier : Vous pouvez le télécharger ici. S’il ne fait pas référence à la journée internationale, il rappelle tout ce qui ne va pas. La liste est longue effectivement.

Pour les syndicats, le secteur social et médico-social, privé comme public, n’a jamais été dans un état aussi dégradé et dramatique. Un inventaire édifiant nous est rappelé avec :

  • La baisse régulière des moyens et des budgets dans les établissements,
  • Les politiques de fusion/absortion des associations,
  • La rationalisation des coûts et mutualisation des moyens,
  • La mise en place des CPOM,
  • L’arrivée de la tarification à l’acte (SERAPHIN/PH),
  • La précarisation exponentielle du salariat dans ce secteur,
  • Les déqualifications massives avec des salaires en perte de vitesse depuis plus de 20 ans avec plus de 30% de perte de pouvoir d’achat sur la période,
  • Un management du personnel de plus en plus agressif et maltraitant,
  • La dégradation constante des conditions de travail qui impacte lourdement la prise en charge des usagers,
  • La souffrance et perte de sens au travail.

.

Enfin, savez-vous que le secteur médico-social est en train de devenir le 1er secteur professionnel en terme de sinistralité (accidents du travail, inaptitudes, arrêts de travail longue maladie…) devançant même le BTP (Bâtiment et travaux publics) !

N’oublions pas pour conclure ce triste tableau le CTI (complément de traitement indiciaire) de 183€ nets dont le secteur a été  écarté suite au Ségur de la Santé.

Les travailleurs sociaux sont les invisibles du gouvernement conclut ce communiqué qui nous montre que oui, les travailleurs sociaux ont besoin de reconnaissance non seulement lors d’une célébration annuelle, mais aussi dans des actes aussi simples de celui de la  reconnaissance salariale qui tarde à venir et provoque aussi des départs de professionnels qui se tournent désormais vers d’autres métiers.

 

Image : IFSW

 

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2 réponses

  1. Je comprends que le HCTS n’organise pas de rassemblement (qui n’était de tout façon pas particulièrement à destination du terrain) mais il pourrait au moins se manifester. Pour cela il faudrait encore qu’il y ait une présidence à cette instance et un réel intérêt du gouvernement pour le travail social.

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