La gifle de Will Smith interroge le modèle éducatif / Prison : valoriser le travail social / Non à l’assistanat, oui à la citoyenneté

La gifle de Will Smith aux Oscars « soulève la question de la gestion des émotions », réagit un éducateur

La gifle sur scène de l’acteur Will Smith sur l’humoriste Chris Rock, après une blague sur son épouse lors de cérémonie des Oscars aux États-Unis a fait le tour de la planète via notamment les réseaux sociaux. Cet acte, médiatisé, ne peut qu’interroger les travailleurs sociaux qui sont témoins au quotidien de multiples violences intra ou extra familiales. Cet acteur est aussi un modèle. Le voir perdre son sang froid et frapper un de ses collègues laisse supposer que la violence est une réponse acceptable face à ce qu’il considère une agression, non pas contre lui mais à l’encontre de sa femme.

Que nous dit cette scène ? La journaliste de France Inter Sonia Princet a interrogé Karim Laidouni, éducateur spécialisé, responsable à Saint-Etienne de l’AGASEF (Association de Gestion de l’Action Sociale des Ensembles Familiaux). « Forcément les jeunes peuvent se projeter sur cet acte en se posant la question de ce qu’ils auraient fait » dit-il « Au quotidien, dans son travail dans l’association, « on apprend aux jeunes à gérer les émotions, mais aussi aux parents, et à travailler sur ce qu’il se passe ». Karim Laidouni concède que parfois, « c’est inévitable », il y a des moments de violences chez certains jeunes.

Mais l’éducateur ajoute : « après l’inévitable, qu’est-ce que l’on fait ? Comment fait-on pour que de nouveau, derrière, on puisse se reparler, pour que de nouveau, derrière, on puisse reconstruire des choses et parvenir à se parler plutôt que se taper dessus. L’éducatif, c’est avoir un accident et faire faire quelque chose derrière pour pouvoir progresser, pour pouvoir faire autrement. » (lire l’article de France Inter)

 


Comment Valoriser le travail social au sein de l’administration pénitentiaire ?

L’association nationale des assistant(e)s de service social (ANAS) avait créé en 2019 un groupe Justice. Celui-ci a produit une réflexion désormais disponible. Il présente  les missions de l’Assist(e) Social(e) au sein de l’administration pénitentiaire, et de manière générale, les interventions pluridisciplinaires à destination des personnes placées sous main de justice (PPSMJ).

Le collectif souhaite, au travers de cette publication, exposer les différents constats tout en présentant un état des lieux actuel des modalités de l’accompagnement social auprès des personnes placées sous main de justice. Le groupe a aussi formulé des suggestions en vue de valoriser le travail social au sein de l’administration pénitentiaire.  Au sommaire : 1. L’ouverture des prisons à la société civile et au travail social, 2.  Exercer comme assistante de service social au sein de l’administration pénitentiaire : un difficile équilibre à atteindre 3.  Les modalités de l’accompagnement social des personnes placées sous main de justice, 4. Les propositions de l’ANAS

Le fascicule coute 5 euros que vous pouvez vous procurer en cliquant sur ce lien

 


« Non à l’assistanat, oui à la citoyenneté ! »

Quelle surprise ! Je suis tombé sur une tribune publiée par Ouest France qui donne la parole à un ancien travailleur social avec qui j’ai longtemps travaillé. Quel plaisir de lire le propos de Gérard Bodinier qui du fond de sa Mayenne fustige les différents  candidats à la présidentielle qui proposent d’obliger les bénéficiaires du RSA à effectuer des heures de bénévolat. Car c’est bien de bénévolat qu’il s’agit finalement derrière le terme d’activité.

« On ne réclame des contreparties qu’aux plus précaires. C’est une discrimination intolérable ! » écrit-il. Combien d’heures de bénévolat demande-t-on à ceux qui ont bénéficié de la suppression de l’impôt sur la fortune ? » « Combien d’heures ai-je dû donner après la suppression de la taxe d’habitation ? » Ah oui Gérard, mais ce n’est pas pareil diront ceux qui estiment qu’on en fait trop pour ceux qui sont pauvres.

« L’État se comporte comme un père protecteur maniant la carotte et le bâton selon son bon vouloir. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un État démocratique. Son rôle est de créer les conditions pour que chaque citoyen puisse accéder à ses droits au logement, au travail, à la santé, à la justice et à la culture. » rappelle-t-il. Non à l’assistanat Oui à l’assistance.  Sacré Gérard ! (lire la tribune de Ouest France)

 


 

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Photo : capture d’écran de la vidéo publiée par le Parisien de l’incident à la cérémonie des Oscars

 

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