Jeunes Migrants : la réalité en face.

Le Magazine de la Loire Atlantique vient de publier un dossier sur l’accueil des jeunes migrants. Même si le sujet n’est pas porteur (les pages de mon blog sur ce sujet sont moins visitées que les autres), cet article a un grand mérite. Il donne des éléments sur cette réalité sociale sans stigmatisation, en nous montrant des aspects positifs d’intégration. Voici en résumé ce que l’on y apprend .. « En cinq ans, le nombre de mineurs isolés étrangers pris en charge par le Département de Loire-Atlantique a été multiplié par 12, passant de 40 en 2012 à près de 500 en 2016. Et ce phénomène prend de l’ampleur. Ils sont mineurs, le Département se doit de les protéger, comme tous les enfants, sans distinction de nationalité » précise l’article qui ne transige pas sur le principe de protection. On y apprend aussi que la Loire Atlantique est le 4ème Département en France en terme d’arrivées de mineurs étrangers après Paris, le Nord et la Seine Saint Denis. Pourquoi cela ? Est-ce parce que ce Département contrairement à d’autres y a alloué un budget significatif en proposant à ceux qui sont reconnus mineurs un parcours éducatif ?

Le budget alloué pour cet accueil est passé de 390.000 euros en 2012 à 10 millions d’euros en 2016. Il est donc  26 fois plus important qu’il y a 5 ans. « Le temps d’évaluer leur âge, des majeurs se déclarant mineurs sont dans le dispositif. C’est pourquoi le budget augmente plus vite que le nombre de mineurs pris en charge ». L’article précise les origines et les raisons de cette migration. Il donne à voir le parcours de plusieurs de ces jeunes qui ont un désir de s’intégrer particulièrement important. Et pour cause quand on sait par quoi et par où ils sont passés. Enfin il est proposé une approche solidaire en complément de ce qui existe déjà avec le foyer

« La sociologue Angelina Etiemble a mené une enquête et dressé une typologie des mineurs non accompagnés :

  • Les mandatés, dont le départ a été incité, voire financé par la famille ou les proches afin qu’ils puissent apprendre un métier puis rembourser le coût de leur voyage.
  • Les exilés, originaires de régions marquées par des conflits.
  • Les exploités, victimes de filières de traite des êtres humains.
  • Les fugueurs, quittant leur foyer en raison de maltraitance. • Les errants, enfants de la rue dans leur pays d’origine.
  • Les rejoignants, dont un membre de la famille plus ou moins proche se trouve déjà en Europe.

Un nombre important d’entre eux correspond davantage à la catégorie des mandatés qu’à celle des exilés ou des errants. »

Mais tout ne va pas pour le mieux loin de là. Cette réalité sociale n’est pas correctement prise en charge par les services de l’Etat : à la question l’Etat assume-t-il son rôle ? le président du Département Philippe Grosvalet répond clairement que non « Le gouvernement doit prendre la mesure de l’urgence de la situation. Les Départements ne peuvent plus faire face seuls à ce flux migratoire qui relève d’une politique nationale et européenne. Comme le statut de mineur est plus protecteur, de nombreux jeunes tentent de se faire passer pour mineurs. Il appartient à l’État de prendre ses responsabilités  » précise-t-il. Pour lui il manque aussi une plus grande solidarité entre Départements pour assumer la charge d’un tel accueil.

Tout cela ne veut pas dire que tout va bien dans le meilleur des monde ni en Loire Atlantique : ainsi la situation de ces jeunes  provoque de nombreuses réactions et polémiques de toutes parts. Une rapide recherche sur des articles de presse parus depuis le 1er octobre dernier nous montre combien ce sujet est sensible et clivant :

Enfin rappelons que la section ANAS 44 à laquelle je participe avait mené une réflexion sur ce sujet en recueillant des témoignages de travailleurs sociaux intervenant sur ce sujet.

Voilà de quoi alimenter votre réflexion et sans doute vous inviter à prendre une part active dans cet accueil même si nous savons que nous ne pourront à terme répondre concrètement à toutes les demandes tant les besoins sont grands. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faut rien faire. Chacun à sa place devrait prendre sa part.

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2 réponses

  1. Je voudrais porter à votre attention un article qui a paru dans Le Monde Afrique daté du 27/07 dernier intitulé : « Une étude bouleverse les idées reçues sur les mineurs africains qui migrent en Europe ». D’après une étude effectuée par le Réseau Reach la majorité des jeunes migrants ont pris leur décision seuls, pour fuir des violences et avec l’objectif initial de rejoindre un pays voisin.
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/07/27/une-etude-bouleverse-les-idees-recues-sur-les-mineurs-africains-qui-migrent-en-europe_5165802_3212.html

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