Dry January : « Celui qui (ne) boit (pas) est le héros » !

Le Dry January a commencé ce 1er janvier dernier. Cette pratique nous vient d’Angleterre : elle est devenue un quasi fait de société à Londres : après les excès des fêtes de fin d’année, de plus en plus de Britanniques passent en effet le mois de janvier sans boire une goutte d’alcool. Cette pratique a commencé à dépasser la frontière anglo-saxonne en 2019. Cette année-là, la première opération internationale « dry january » avait vu son financement institutionnel en France annulé après les pressions des lobbies viticoles.  Pourtant, avec 41.000 décès par an, la maladie alcoolique est la deuxième cause de mortalité évitable en France.

Les travailleurs sociaux sont bien placés pour le savoir, sans doute autant que les addictologues. Ils rencontrent ces familles en souffrance quand l’un de ses membres boit plus que raison. L’alcool ne détruit pas seulement la vie de celui qui en est dépendant, elle détruit aussi celle de ses proches qui ne savent plus comment agir. Beaucoup en parlent aux professionnels et aux accompagnants. Certains d’entre eux ont développé des pratiques d’écoute et s’appuient sur la systémie pour tenter d’aider l’entourage de la personne alcoolique à agir. Il y a aussi de nombreux jeunes adeptes du Binge Drinking une façon de boire particulière dans des moments festifs. C’est sympa au début puis le produit prend le pouvoir sur celui qui boit sans qu’il parvienne à s’en dégager.  Dans notre pays comme à l’étranger, cette drogue n’est pas comme les autres. Voici pourquoi :

« Celui qui boit est le héros »

Il y a de quoi être surpris de voir combien, dans les séries, les personnages principaux boivent sans retenue. C’est d’ailleurs sans le moindre effet sur leur comportement. Tant de scènes tournées où ils se versent un verre parait suspect et cela dure depuis longtemps. Les analyses de contenu le confirment. Elles montrent que jusqu’à récemment, près de 90 % des films mettent en scène des évènements impliquant de l’alcool, lequel est en outre souvent introduit de manière flatteuse : les personnages qui boivent (43 %) y sont dépeints comme étant physiquement et socialement attractifs. Vérifiez par vous-même en regardant vos séries préférées.

Tyrionpour

Les séries télés nous incitent à boire nous est-il expliqué chiffres à l’appui sur le site The Conversation. Cet article signé Oulmann Zerhouni Maître de conférences HDR, Université Paris Nanterre, Elisa Sarda Maître de conférence, Université de Nantes et Laurent Bègue-Shankland, Professeur de psychologie sociale, membre de l’Institut universitaire de France (IUF) vaut le détour : de nombreuses données épidémiologiques vont dans le sens d’un lien entre exposition à l’alcool dans les médias et augmentation de la consommation d’alcool.

Une étude menée auprès d’un échantillon de 38.000 adolescents a par exemple conclu voir des acteurs boire peut donner envie d’en faire autant. Ce modèle désinhibe et provoque un changement d’attitude à l’égard de l’alcool selon des expériences menées en laboratoire.

Pensons tout simplement à James Bond, ce héro mythique facétieusement appelé « l’homme au foie d’or » par les auteurs d’une publication médicale.. James Bond est malade de l’alcool, c’est certain, indiquent les chercheurs qui ont comptabilisé dans les ouvrages d’Ian Fleming combien de verres boit le célèbre espion de sa majesté : 92 unités d’alcool en moyenne par semaine, de quoi effectivement se détruire le foie très rapidement. Mais voyez combien il garde la forme malgré la réalité de cette consommation ! Sa consommation dans les films est significative :

James Bond et alcoolisme

Mais il n’y a pas que James Bond qui boit.

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Comment voulez-vous que l’on s’en sorte avec de tels modèles ?

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photos :

Photo extraite du film James Bond 007 contre Dr No (Dr. No) (Sean Connery ) 1963 le héros est présenté sous les traits d’un fin connaisseur en alcools un brin tatillon.

Tyron Lannister (Game of throne) in « I Drink and I Know Things : Peter Dinklage Sure Makes It Sound Like Tyrion Lannister Is Going to … »

Photo ; la consommation de James bond  in « James Bond, un alcoolique mondain »

 

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