Des torchons en guise de masques / Coronavirus : le calvaire des aidants familiaux / La pandémie révèle le besoin de « care »

Peur de rien ! Entre mépris et violence symbolique

Le journal Lien social relaie le témoignage de Paola Dumont, assistante de service social en CHRS qui n’en revient pas. La Direction Départementale de la Cohésion Sociale de Haute Garonne a eu une idée géniale :  adresser des torchons pour que les travailleurs sociaux  fabriquent eux-mêmes des masques!

A charge pour les travailleurs sociaux et leurs cadres de bien vouloir découper des masques dans ces “draps” et de les remettre aux collègues et usagers. «Ces cartons de torchons auraient dû être renvoyés à leur expéditeur ! Quelle image avons-nous de nous-mêmes pour accepter cela ? Quelle perception de l’essentialité de notre profession avons-nous pour accepter ce mépris ? Mal nous considérer, c’est mal considérer nos publics » s’indigne Paola Dumont une information reprise par Médiapart qui va sans doute faire couler de l’encre…

Nous avons bien intégré que nous ne valons pas plus que ça écrit-elle «C’est le social, c’est normal, nous acceptons de bricoler, de faire avec ce que nous avons sous la main, de pallier l’urgence avec le moins que rien, avec pire que le rien, de ramasser les torchons que l’on veut bien nous octroyer et trouver anecdotique qu’il en soit ainsi ». (lire l’article de Lien Social et sur le journal en ligne)

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Coronavirus: le calvaire des aidants familiaux, au chevet de leurs proches

11 millions de Français s’occupent de leurs proches malades. Sans réel statut, les aidants familiaux traversent une période difficile, en pleine épidémie de coronavirus nous explique le Figaro.

C’est en quelque sorte un « confinement dans le confinement » explique la journaliste  Laura Andrieu. Chaque aidant doit prendre des précautions importantes pour ne pas prendre le risque de contaminer le proche dont il s’occupe (conjoint, enfant ou parent lourdement handicapé). Plusieurs témoignages son apportés das cet article.

Pour certains aidants, l’approvisionnement dans les supermarchés est devenu un casse-tête. Brigitte Patin est aidante familiale depuis 42 ans. Elle s’est d’abord occupée de son père, puis de son mari, polyhandicapé, atteint d’une grave maladie neuro-évolutive. Elle ne peut s’absenter bien longtemps et le laisser seul. Or les files d’attente devant les supermarchés sont devenues contraignantes. «La première fois que je suis allée faire les courses, j’ai fait la queue comme tout le monde. Les soignants ont le droit d’avoir des cartes prioritaires mais pas les aidants». (lire l’article du Figaro)

Comment La pandémie a remis La théorie le “Care” dans le débat

Le magazine Forbes (lu surtout par les plus fortunés) donne la parole à Benoît Meyronin docteur en économie, professeur et président de la fondation de l’école de Management de Grenoble. Il est aussi directeur général de la société Care Expérience.

« La logique du prendre soin et de l’attention à l’autre est devenue si prégnante que l’on se demande comment l’on a pu l’ignorer si longtemps dans notre manière d’appréhender notre relation au monde » explique-t-il. Cet économiste met en avant des valeurs et des spécificités humaines que connaissent bien les travailleurs sociaux : la vulnérabilité, le besoin de reconnaissance, le pouvoir d’agir, la nécessité de prendre soin et l’importance de l’écoute.

« La question de la reconnaissance revêt une importance considérable dans les théories du care, dans la mesure où les tâches et les métiers inhérents au care sont généralement peu considérés dans nos sociétés – et ceci n’est pas sans lien avec la question du genre. Dévalorisé voire méprisé, le travail de care a plus que jamais besoin d’être rendu plus visible et d’être mieux reconnu ». Puisse-t-il être entendu ! (lire l’article du magazine Forbes)

et aussi

Témoignage à Marseille : « être confinée dans un logement indigne »

Fuir son conjoint violent, avec valises et deux enfants de moins de 10 ans sous le bras, pour se retrouver dans un 30 m² au loyer de 580€ par mois. Des moisissures, des cafards et des souris, ils y sont confinés depuis deux mois. Selon la Fondation Abbé Pierre, c’est 10% de la population marseillaise qui vivrait dans un taudis, que ce soit un logement indigne ou des immeubles sous arrêté de péril.

Anna a pu enfin créer son dossier et préparer sa demande pour bénéficier d’un logement social Sans savoir combien de temps cela peut prendre. Sans emploi et sans ressource, elle vit grâce à la chaîne de solidarité organisée par l’école de ses enfants et quelques associations du quartier nous explique la journaliste Bénédicte Magnier

Originaire d’une autre région, elle s’est heurtée aux difficultés de créer son dossier à la CAF et de pouvoir rencontrer une assistante sociale, le confinement ayant été promulgué moins d’un mois après son arrivée. De plus, Anna a été infectée par le coronavirus et a dû passer trois semaines strictement enfermée.  (lire l’article du HuffingtonPost)

Photo : Pixabay Image by pourquoi pas

Sélection des articles réalisée avec l’aide de Michelle Verrier Flandre

Cette revue de presse a été rédigée en partie  par mon collègue Tom Léducspé… Merci à lui pour ce coup de main 

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