Des « gilets jaunes » aux Noëls solidaires, comment vivre la solidarité aujourd’hui ?

Pas besoin d’être Gilet Jaune pour vivre la solidarité. Malgré les excès de violence qu’il faut condamner sans réserve tout comme l’antisémitisme de certains qui, à Paris, ne peuvent qu’apporter la honte et le mépris, et qui seront, on l’espère poursuivis, de nombreux « Gilets Jaunes » sur tout le territoire ont fait l’expérience de la solidarité et de l’entraide mutuelle. Cela ne veut pas dire pour autant que la solidarité n’existe pas ailleurs. Les travailleurs sociaux sont bien placés pour en parler. Ils vivent la solidarité quotidiennement et cela de façon professionnelle. Agir de façon solidaire  peut être spontané mais au final, à bien y réfléchir, cela ne s’improvise pas.

Le terme solidarité vient du latin « solidus », entier, consistant, lien unissant entre eux les débiteurs d’une somme. C’est à l’origine un lien entre personnes obligées. C’est un  lien social d’engagement et de dépendance réciproques entre des personnes ainsi tenues au bien-être des autres, principalement des membres d’un même groupe liés par une communauté de destin.

Il me semble pour ma part que cette façon d’être solidaire est un peu réductrice. Les Gilets Jaunes sont solidaires entre eux certes. Mais les adeptes de l’exclusion tels les amis du Rassemblement National le sont tout autant entre eux ! Les travaux des sociologues Monique et Michel Pinçon Charlot ont monté que les « très riches » sont particulièrement solidaires entre-eux. Qui plus est, ils se nourrissent de la pauvreté. L’entre-soi donne bonne conscience et fait que « l’autre », celui qui est différent n’existe pas. Mieux il serait à détruire et l’on ne peut qu’être inquiet des mécanismes de violence et de déconsidération en jeu aujourd’hui dans le pays. Déconsidération contre ceux qui manifestent certes, mais déconsidération aussi et surtout pour les représentants des plus hautes fonctions de l’État.

le principe de Solidarité nationale

La solidarité c’est ce rapport existant entre des personnes qui, ayant une communauté d’intérêts, sont liées les unes aux autres nous explique le Larousse. Il existe une solidarité entre les membres d’une profession, entre des personnes qui ont les mêmes conditions de vie. Et j’ajouterai qu’il existe aussi une Solidarité nationale mise en œuvre par l’État et sont ministère dédié : Le ministère des Solidarités et de la Santé.

A l’heure où les critiques fusent contre les impôts considérés comme injustes au point qu’il faudrait les supprimer, il est bon de se rappeler que les impôts sont des outils des solidarités. Ils permettent une forme de redistribution qui n’est pas que pécuniaire. Il y a aussi les cotisations solidaires : la Sécurité sociale créée en 1945, garantit un ensemble de droits qui permettent à chacun d’entre nous d’être ­assuré face aux risques sociaux : maladie, incapacité, chômage, vieillesse. Selon le principe d’universalité, l’un de ses fondements considère que l’ensemble de la population doit être couverte. Cette couverture est indépendante du montant des cotisations versées par chaque assuré(e). Chacun cotise en fonction de ses revenus, et reçoit en fonction de ses besoins. C’est un principe de solidarité qu’il faut continuer de défendre et d’expliquer. Si certaines situations sont perçues comme injustes, il ne faudrait pas que la critique de l’impôt injuste ne provoque pas une nouvel argument en vu de le supprimer et par là même supprimer la logique de redistribution qu’il représente.

Vivre la « vraie » solidarité

La solidarité la vraie, est celle que nous portons lorsque nous partageons le temps et le destin de ceux qui n’ont pas les mêmes conditions de vie ni même les mêmes opinions que nous. Car, s’il est aisé d’être solidaire avec nos proches, ceux qui sont de notre milieu social et ont les mêmes idées, il est beaucoup plus difficile de l’être  avec ceux qui ne pensent pas ou n’agissent pas comme nous l’entendons.

La solidarité ce n’est pas non plus la charité : L’acte charitable, n’est pas négatif loin de là. Il a ses lettres de noblesse puisqu’il s’agit de donner sans contrepartie. Ainsi de nombreuses associations font appel à votre sens du don et à votre compassion pour soutenir leur action au point qu’il existe aujourd’hui un comparateur en ligne des associations caritatives pour savoir à qui donner 

La solidarité nationale issue de la révolution d 1789 nous rappelle que l’État est responsable du sort de la population la plus fragile. A ce titre, les services publics sont en quelque sorte l’une des dernières richesses de ceux qui n’ont rien ou très peu. Ils sont pris en considération et bénéficient de services qui se veulent appropriés même s’il y a toujours des améliorations à apporter et des dévoiements à dénoncer. C’est particulièrement vrai dans le champ de la Santé et de la Solidarité. Affaiblir ces services publics là, c’est aussi affaiblir les plus pauvres d’entre nous. Cela nous donne aussi une grande responsabilité.

Enfin pour conclure ce propos rappelons qu’il y a en France de belles initiatives pour des Noël solidaires. « En région parisienne, les occasions ne manquent pas de donner de son temps ou un peu d’argent pour faire que chacun passe des fêtes agréables. Voici quelques idées pour un Noël 2018 solidaire ! » précise le site eVous.fr

En tout cas je ne peux que vous souhaiter un joyeux Noël qu’il soit plus ou moins solidaire d’ailleurs. Je ne peux aussi que vous remercier d’avoir pris le temps de lire cet article !

à Bientôt !

photo : Diner solidaire de Noël © Croix-Rouge française – COM 75 – Jean Richardot Certains droits réservés

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