Comment vous préparer et réussir l’oral d’examen d’un diplôme d’État de travail social

Le face-à-face avec un jury est souvent une épreuve stressante. Des étudiants compétents peuvent échouer malgré leurs connaissances, en étant envahis par leurs émotions. Il peut aussi être difficile de gérer l’instant présent tout en se trouvant en position d’être examiné.

Cet article s’adresse en priorité aux étudiant(e)s qui préparent les épreuves orales du diplôme d’État permettant de devenir éducateur (trice), assistant(e) de service social ou encore conseiller(e) en économie sociale et familiale. Ce sont des conseils en vue de vous permettre d’aborder sereinement cette épreuve qui peut être stressante et difficile. Ces conseils ont été expérimentés et font suite à des échanges entre examinateurs et étudiants. Ils peuvent être valables pour d’autres types d’examens oraux où « l’art de convraincre » reste nécessaire. Alors comment vous expliquer cela ?

Que va faire un jury ?

Sachez d’abord que le jury va vérifier non seulement vos connaissances, mais aussi votre façon d’argumenter, d’être cohérent(e) et professionnel(le). Il peut pour cela vous poser des questions qui sont susceptibles de vous déstabiliser ou du moins vous mettre en difficulté. Alors comment vous en sortir par le haut ?

Il s’agit d’abord pour vous d’être convaincu(e) et convaincant(e).

Vous devez y aller en vous mettant dans la peau d’un diplômé et non d’un étudiant. Vous êtes attendu sur votre capacité à réagir tel un professionnel en activité. Aussi, préparez-vous à cela. Dites-vous que vous avez le diplôme en poche, même si ce n’est effectivement pas le cas et que vous êtes là dans un positionnement professionnel.  Vous parlez en tant qu’éducatrice, conseillère E.S.F. ou assistante sociale et non en tant qu’étudiant(e) dont on vérifie les connaissances.

Le jury va aussi vérifier si vous êtes solide face à la contradiction. Car dans le travail, il faut savoir argumenter, être persuasif sans être rigide. Vos réactions sont révélatrices : ne soyez donc pas surpris(e) si des questions tombent au moment où vous ne vous y attendez pas. Ne répondez pas du tac au tac mais « digérez la question » avant de répondre, quitte à la répéter en début de votre réponse.

Les examinateurs vont aussi tenter de mesurer non seulement la justesse de votre positionnement, mais aussi si l’acte posé que vous décrivez a été pensé et construit. Y avait-il une autre façon d’agir ? Si oui l’avez-vous évoqué ? Pourquoi agir de cette façon et non d’une autre ? À vous de prévoir un argumentaire… C’est assez simple quand on connait bien la situation que l’on décrit, lorsqu’on l’a déjà vécue. Restez authentique. Lorsque vous parlez de vous dans la situation, n’hésitez pas à faire part des questions que vous vous êtes posées initialement et des choix que vous avez faits.

Avant l’oral

Le matin du jour de votre « audition » vous allez projeter mentalement votre réussite à cette épreuve. Vous y pensez positivement en déroulant par la pensée tout le processus et vous convaincre que vous allez réussir. Vous évitez ainsi que se déroule dans votre tête un scénario catastrophe où rien ne va. Non, ce scénario n’a pas lieu d’être. Mentalement, vous programmez dans votre esprit l’idée de réussite et de l’occasion de démontrer vos compétences, car soyez-en sûr(e) vous en avez (même si vous ne le croyez pas).

Il vous faut savoir maîtriser vos émotions et notamment celles qui pourraient en quelque sorte vous paralyser. Pour cela, vous devrez « gérer » en quelque sorte votre rythme cardiaque. Inspirez et expirez profondément plusieurs fois juste avant d’y aller quand on vous appelle. L’arrivée de l’oxygène évacue un stress inutile. Ce sera tout de suite plus facile. (c’est aussi un truc de comédien avant de monter sur scène). Si vous savez que vous aurez du stress, quelque doses de Gelsenium peuvent vous aider : c’est, en homéopathie, le remède du trac et de l’anxiété d’anticipation. Et souvent ça fonctionne bien (que ce soit un effet placebo ou pas n’est pas important. L’essentiel est que cela fonctionne pour beaucoup d’entre nous.)

Au début de l’oral

Les toutes premières minutes et « votre arrivée » sont importantes pour ne pas dire essentielles. C’est dans ce moment-là que l’on perçoit son nouvel interlocuteur. Quand vous entrez dans la salle, regardez les personnes qui vous accueillent en passant d’un regard à l’autre sans oublier personne. Soyez souriant(e). On a le droit d’être intimidée. Vous dites bonjour, et du regard ou par un simple question, vous attendez pour vous asseoir que l’on vous y invite.  Ceci fait, vous vous asseyez sur votre chaise en vous calant bien au fond. Le dos droit, les deux pieds à plat, afin de bien pouvoir respirer pendant votre prise de parole.

Vous allez très vite repérer la personne qu’il va falloir convaincre en priorité et celle qui vous sera plus rapidement acquise.  Il y a souvent celle qui vous pose des questions et celle qui prend des notes. Parfois cela change et les questions sont posées alternativement. Regardez bien la personne qui vous a posé la question et répondez-lui le plus calmement possible et tentez de bien vous mettre dans la peau d’un(e) professionnel(le) en activité. En analyse transactionnelle activez la relation d’adulte à adulte. Ne réveillez pas l’enfant qui peut sommeiller en vous.

Pendant l’oral

Les examinateurs savent bien que l’on ne peut pas tout savoir tant le champ de l’intervention sociale est vaste. Mais il vous faut quand même maîtriser les éléments de base. S’ils vous posent une question dont vous ne connaissez pas la réponse, ne cherchez pas à l’éviter, précisez comment vous vous y prendriez pour aller chercher l’information qui vous manque et reliez là à une autre information que vous maîtrisez pour « ouvrir une porte ».  Par exemple : « Je ne connais pas bien la législation et les prestations aux personnes âgées que j’irais chercher en utilisant le guide familial par contre je me suis plus spécialisée sur ce que peuvent apporter les aides à domicile avec qui j’ai pu travailler… ». Vous suggérez ainsi de façon détournée au jury qu’il vous interroge sur votre expérience avec les aides à domicile (c’est un exemple, il y en a d’autres) vous pouvez tendre des perches en faisant référence aux sujets que vous maîtrisez. Si le jury fait accepte de s’en saisir, vous serez beaucoup plus à l’aise ensuite pour développer.

Attention à ne pas se crisper sur un sujet. Il faut aussi ne pas insister dans l’éventualité où votre interlocuteur est péremptoire et vous affirme que vous vous trompez. La question est de ne pas vous déstabiliser. Pour cela, entraînez-vous à plusieurs : jouez la scène d’une opposition ferme et voyez quel positionnement vous correspond le mieux. Le jury évalue aussi votre manière de vous positionner en tant que professionnel face à une adversité.

Vous avez envie de convaincre et d’argumenter, mais ne vous débarrassez pas à toute vitesse de ce que vous aviez prévu de dire. Au contraire, tentez de parler posément en restant souriant(e). Si vous avez des notes sur papier, mettez les sur une seule feuille avec simplement des mots clés qui vous permet de vous rappeler les sujets que vous souhaitez argumenter. Dans le cas où vous ne comprenez pas bien une question, demandez à ce qu’elle vous soit reformulée en la formulant vous-même :  « excusez-moi, je ne vous ai pas bien compris. Vous me demandez si….  » cela permet à l’examinateur de préciser sa pensée et pendant ce temps-là vous pouvez vous reprendre.

Pensez que votre attitude et votre gestuelle sont importantes. Pas de gestes brusques, des mains qui partent dans tous les sens. Les examinateurs(trices) doivent avoir le sentiment d’avoir en face d’eux un(e) jeune professionnel(le)  en activité et non un(e) étudiant(e) qui part dans tous les sens. C’est pourquoi il est important que vous vous pensiez comme si vous étiez en activité.

Ayez la maîtrise du temps qui passe en regardant votre montre que vous avez posé sur la table afin que vous sachiez d’un rapide regard où vous en êtes. N’hésitez pas à sauter une partie si vous voyez que vous ne pourrez pas dire ce que vous aviez prévu dans le temps imparti.  Si cela est bien fait avec naturel, le jury ne le remarquera pas.

Si des émotions vous envahissent : sachez que cela peut être le tumulte en votre intérieur et que cela ne se voit pas du tout en extérieur. Tout logiquement, vous allez tenter de garder une attitude calme même si cela « bouillonne » en vous.

À la fin de l’entretien

Si les examinateurs échangent avec vous sur le sujet que vous venez de traiter et expriment des idées à partir de ce que vous avez dit, c’est gagné ! Cela veut dire qu’ils ont vu en vous un(e) professionnel(le) en activité. Vous avez su les intéresser. Ils ne voient plus en vous l’étudiant venu passer une épreuve et votre note ou l’appréciation sera plutôt bonne. Bon, ceci dit, le jury peut lui aussi être « fatigué » après avoir mené plusieurs examens. Il est alors plus ou moins attentif, mais cela ne devrait pas jouer énormément.

Essayez de soigner en préparant à l’avance une conclusion positive et qui élargit le propos sur ce que vous souhaiteriez faire ou sur ce que vous a appris la situation que vous avez décrite. Il est sécurisant d’avoir à l’avance une conclusion préparée que vous pourrez adapter si cela s’avère nécessaire. Lancez cette conclusion lorsque le temps arrive à échéance. Ainsi, vous avez une conclusion « carrée » et vous éviterez le désagrément d’une fin d’entretien qui part un peu n’importe comment, ce qui pourrait un effet néfaste sur le final de votre intervention alors que peu de temps après vous êtes noté.

Voilà pour l’essentiel : faites fonctionner votre raison et méfiez-vous de vos émotions. Il faut savoir les maîtriser. Gardez en tête votre désir d’agir de façon professionnelle. Tout va se passer pour le mieux et finalement vous en garderez un bon souvenir.

Enfin j’allais oublier :  « à bientôt avec votre D.E.  ! »

 

 Photo credit: CollegeDegrees360 on VisualHunt / CC BY-SA

 

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