Didier Dubasque
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Christine Boutin, membre du Haut Conseil du Travail Social ???

L’info n’est pas passée inaperçue. L’ancienne députée (et ministre du logement entre 2007 et 2009) a été nommée dans un arrêté paru le 14 septembre au journal officiel comme étant désigné par l’Association des départements de France (ADF) pour représenter ces collectivités territoriales au sein du tout nouveau Haut Conseil du Travail Social (ancien CSTS).

Madame Boutin n’est pas venue à l’assemblée plénière de jeudi qui s’est tenue à Paris. Elle était sans doute plus occupée à gérer les conséquences d’un tweet ravageur annonçant la mort de l’ancien président de la République, Jacques Chirac. Tweet adressé la veille de l’assemblée plénière le 21 septembre. Cette façon d’agir a été très vivement  fustigée par de nombreux internautes et reprise par l’ensemble des médias. Christine Boutin s’est défendue en tentant de justifier son message. Cette attitude que certains jugent « pitoyable » interroge les pratiques de cette élue qui n’en n’est pas à son coup d’essai.

Déjà en 2014, elle avait repris à son compte sur BFM TV et utilisé une fausse information parue sur un site satirique. Information qu’elle avait prise au premier degré et dont elle n’avait pas vérifiée la réalité. Elle n’en n’avait pas non plus compris l’humour.  

Autre affaire où elle a été prise la main dans le sac même si cela est resté légal, est la surprenante rémunération qu’elle a cumulé en avril 2010 en tant que « collaboratrice de cabinet du ministre du Travail Éric Woerth », avec une rémunération de 9 500 euros par mois, qu’elle cumulait à une retraite mensuelle de députée et conseillère générale de 8 600 euros. Selon Le Canard enchaîné, qui avait publié cette information le 9 juin 2010, cette nomination aurait permis à Nicolas Sarkozy de faire taire les critiques de l’ancienne ministre envers le gouvernement et d’écarter son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2012. Face aux nombreuses réactions politiques et médiatiques, Christine Boutin avait déclaré poursuivre sa mission de « façon gracieuse ».

En 2010, alors qu’elle est ministre, Christine Boutin combat le festival de rock metal Hellfest, en dénonçant dans les médias « l’incitation à la haine » des paroles. Elle va jusqu’à envoyer une lettre au principal sponsor du festival, souhaitant le convaincre de stopper son financement , en écrivant notamment que le festival « promeut et véhicule la culture de la mort » 

Ses prises de position contre l’homosexualité  nous apporte aussi des éléments sur son idéologie et ses valeurs :

Elle s’est vivement opposée à l’adoption d’enfants par des couples LGBT et aux diverses formes de reconnaissance de l’union entre homosexuels, puisqu’elle considère que le mariage a été institué pour qu’un homme et une femme aient les moyens de faire des enfants. Dans son ouvrage Le Mariage des homosexuels (paru en 1998), Christine Boutin se demande : « où placera-t-on la frontière, pour un enfant adopté, entre l’homosexualité et la pédophilie ? ». En février 2014, dans un entretien à la revue trimestrielle Charles, elle déclare que « l’homosexualité est une abomination ». Deux mois plus tard, le 18 décembre, Christine Boutin est condamnée à 5 000 euros d’amende pour incitation à la haine, au-delà des réquisitions du procureur, elle doit en outre payer 2 000 euros de dommages aux deux associations qui s’étaient constituées parties civiles.

Le 17 mai 2014 à Paris, lors d’une procession dédiée à Saint Louis organisée par l’association Oriflammes, Christine Boutin, interrogée par le média royaliste et légitimiste Vexilla Galliae, confie : « Vous savez, je suis une femme politique, la France est républicaine donc je suis obligée, dans mon temps de passage sur Terre, de respecter les codes qui régissent mon pays. Mais moi, je n’ai jamais assumé la mort de Louis XVI et celle de Marie-Antoinette »

Mais elle a aussi des prises de position qui parfois étonnent son propre camp  : Elle milite pour l’établissement d’un « revenu minimum d’existence », garanti à toute personne : le dividende universel. Cette proposition économique permet selon elle à la fois de sortir de la misère, de marquer un nouveau sentiment d’appartenance et de favoriser la recherche d’activité. Mais attention, elle proposait  à l’époque un montant de 330 euros, par mois un revenu  « tout juste suffisant pour survivre » précisera-t-elle. Elle est aussi  la première à déposer une proposition de loi instituant le droit au logement opposable, (DALO)

Enfin en mai 2016, Christine Boutin se désolidarise de 17 anciennes ministres qui avaient dénoncé dans Le Journal du dimanche les comportements déplacés de certains hommes politiques. Ces dénonciations font suite aux accusations de harcèlement sexuel apportées à l’encontre de Denis Baupin. Elle ajoute que tous les hommes ne sont pas des obsédés sexuels, elle défend la « gauloiserie » qui, selon elle, « fait partie de l’identité française » et elle appelle à ne pas tomber dans le puritanisme.

Mais qu’a mérité le HCTS ou encore les conseillers départementaux pour être représentés par une élue qui, avec un tel parcours et de telles prises de position se décrédibilise elle-même à ce point? C’est la question que pourrait se poser les membres de cette assemblée qui porte la parole du travail social auprès du gouvernement.  Comment gérer un telle personnalité d’audience nationale dont les dérapages font le miel des médias ?  Continuera-t-elle de prendre des positions sans nuances et à l’emporte pièce ?  Et que se passera-t-il en cas d’alternance politique ? Le HCTS a besoin de participants sérieux qui mènent un travail de réflexion et s’appuie sur des écrits construits et argumentés à partir de l’expérience du terrain. Les  Départements, déjà bien discrets comme l’assemblée des régions (ARF) sont actuellement aux abonnés absent du HCTS. Pas sûr qu’avec une telle représentation le travail avance de façon positive.

L’essentiel des prises de positions de Christine Boutin est référencé sur wikipédia 

photo : ANFAD  2 février 2014 – Manif pour tous – Christine Boutin

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Une réponse

  1. Je rajoute qu’aujourd’hui elle soutient Mme M. LE PEN pour le 2e tour des présidentielles : j’attends une réaction rapide du Haut Conseil du Travail Social face à ce positionnement.

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