Turbulences sur la protection de l’enfance.. et aussi « le numérique bouscule les pratiques managériales »..

  • Des marcheurs aux Assises : turbulences sur la protection de l’enfanceA l’occasion des Assises nationales de la protection de l’enfance, des travailleurs sociaux du Maine-et-Loire ont été rejoints par des confrères d’Ile-de-France pour manifester contre la « casse » du secteur. Le contexte angevin, certes, est particulier ; mais il fait écho à un manque de moyens dans d’autres départements… Un peu plus tard, réunis en assemblée générale à la Bourse du travail (place de la République), les manifestants votaient une mobilisation nationale pour la protection de l’enfance pour ce 21 septembre. TSA nous fait le récit d’une longue marche, achevée au pas de course. Reportage signé Olivier Bonnin (article et photos) et Linda Daovannary (vidéo).
  • Dix ans après la réforme, les professionnels jugent sévèrement leur action : Dix ans après la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance, les professionnels estiment que, sur des objectifs clé de cette loi, tels que la prévention et la cohérence du parcours de l’enfant, le dispositif a stagné voire régressé. En dépit de progrès observés sur le repérage et l’évaluation des situations préoccupantes, leur bilan est sévère. (Localtis)
  • Toujours sur ce sujet, ne manquez pas  plus le beau reportage photo de Libération. Il est intitulé « des éducateurs mobilisés contre la dégradation de la protection de l’enfance ». (Photos réalisées par Martin Colombet et Hans Lucas)

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  • Travail social : le numérique bouscule les pratiques managériales. Les nouvelles technologies sont entrés de plain-pied dans les structures sociales. Après avoir planché sur le sujet épineux de la fracture numérique, les adhérents de l’Association nationale des cadres communaux de l’action sociale (Anccas) se sont penchés sur la thématique du management à l’ère 3.0 lors de leurs 40e rencontres, qui se sont déroulées à Cabourg du 28 au 30 juin 2017. « Auparavant, les cadres de l’action sociale accumulaient les dossiers dans leurs armoires. Aujourd’hui, la génération Y switche entre différentes applications mobiles et surfe sur internet. Elle n’utilise plus du tout de papier. Le management s’est dématérialisé ».. (La Gazette des Communes).

La grosse fatigue du travailleur social.. Vous connaissez ?

A la veille de l’été, voici un sujet qui ne peut laisser indifférent. La fatigue au travail ou la fatigue  provoquée par une forme d’hyperactivité est une réalité qui concerne beaucoup de travailleurs sociaux. Les symptômes sont connus des médecins mais nombreux sont aussi ceux qui pensent que la fatigue (de leur collègue) est la petite sœur de la paresse.  Finalement être « fatigué » est plutôt mal vu au travail.  Mais quelles en sont les caractéristiques en travail social et sans doute dans d’autres domaines ? Lire la suite

Numérique et travail social en 4 questions…

J’ai récemment été interrogé par la Gazette des Communes sur les impacts du numérique pour les travailleurs sociaux. Ce fut un long échange avec la journaliste ( plus de 2 heures au téléphone). Au final, elle a sélectionné 4 questions 1. Quels sont aujourd’hui les usages numériques des travailleurs sociaux ? 2. Quelle place occupe l’outil informatique dans les relations avec les usagers ? 3. Les travailleurs sociaux peuvent-ils malgré tout tirer profit de la digitalisation ?4. Les informations des usagers sont de plus en plus numérisées. Est-ce un danger ?  voici les réponses que la journaliste a retenu de cet échange. Je me suis appuyé sur des témoignages récents et réactions des collègues de secteur lors d’une rencontre ANAS à Paris.  Certaines sont un peu « remontées » contre cette numérisation à marche forcée qui les met en difficultés notamment  lorsqu’il s’agit de gérer des dossiers complexes. voici ce dont j’ai pu témoigner… Lire la suite

« Des services qui s’éloignent du public » Débat sur le « live » de Médiapart…

J’ai eu la possibilité de participer mercredi soir à une débat sur Médiapart sur le thème de l’avenir des services publics. J’étais invité au titre d’ancien président de l’ANAS (alors qu’il est indiqué sur les sous-titre que j’en  suis le président ce qui n’est pas exact. La présidente est rappelons le, Anne Brigitte Cosson. Elle n’avait pas pu se libérer pour ce débat, nous l’avions donc préparé ensemble). Il s’agissait pour nous d’apporter le témoignage des collègues assistantes sociales sur les évolutions de leur travail lié entre autres à l’irruption des plates formes numériques pour la gestion des droits sociaux des personnes et des familles. Cela m’a permis aussi de rappeler que les services sociaux sont eux aussi des services publics. De la protection de l’enfance en passant par l’accès à différents droits dont le droit au logement et celui de bénéficier de ressources suffisantes d’existence, notre profession est en première ligne sur la question de la lutte contre les exclusions. Vos pouvez suivre ce débat ici :

Je me permet de mettre en copie ci après le compte rendu qu’en a fait Yves Faucoup que je remercie ici pour ses articles quotidiens qui réagissent aux actualités du travail social. Voici ce qu’il en a écrit sur sa page facebook :

« Mediapart organisait hier soir des débats sur la modernisation des services publics qui se fait au détriment d’une partie de la population.

Un premier débat réunissait Raymond Avrillier, militant écologiste sur Grenoble (qui a fait chuter jadis le système Carignon), Benjamin Coriat économiste, et François Taulelle, géographe à l’Institut Champollion d’Albi, que j’ai eu plaisir à retrouver (je l’avais sollicité dans le passé dans le cadre de la formation des assistants sociaux). Il a effectué récemment avec un collectif de chercheurs une étude sur la RGPP et les transformations quant à la présence de l’État sur les territoires.

Lors d’un second débat, Gaëlle Differ, Sud-PTT, Nicolas Thirion, CGT-Finances publiques et Étienne Lejeune, maire adjoint de la Souterraine ont dénoncé les mesures prises qui mettent à mal le service rendu aux citoyens.

Abondant dans ce sens, Didier Dubasque, ancien président de l’association nationale des assistants sociaux (ANAS), titulaire d’un blog fort bien fait sur le travail social, a montré combien, en milieu rural, l’accès aux droits sociaux est entravé par la quasi-obligation de passer par les procédures numériques. Des permanences (CAF, Sécu, Pôle emploi, la Poste) ferment, et des témoignages rapportent que des gens viennent voir l’assistant social (AS) en disant que le Centre médico-social c’est « le dernier endroit où il y a encore de la lumière ». « Pour les personnes les plus fragiles, leur seule richesse c’est le service public, qui petit à petit s’efface », dit-il. Et on laisse les gens se débrouiller avec l’outil (informatique) : c’est ce qu’il appelle « le syndrome IKEA ». Si la personne ne sait pas s’y prendre, si la plateforme numérique ne répond pas, alors les droits ne vont pas être ouverts. 10 à 15 % de la population, selon le Défenseur des Droits, perdent ainsi l’accès à leurs droits sociaux. Un logiciel ne répond pas à toutes les situations, souvent complexes : un être humain pour expliquer c’est mieux. Les AS sont conduits à imprimer eux-mêmes des formulaires qui ne sont plus disponibles à la CAF. Si la modernité numérique est un mieux pour beaucoup, elle ne permet pas de respecter le principe républicain d’égalité. Même la récupération d’indu sanctionne davantage ceux qui ne sont pas passés par l’ordinateur pour faire leur demande de prestation ! Le Haut Conseil du Travail Social, dont Didier Dubasque est membre, s’est penché sur ces problèmes. Des communes, des départements commenceraient également à en prendre conscience. YF
. Vidéos :
1er débat : https://youtu.be/h2htc9FYLkk
2ème débat : https://youtu.be/abAYURAJ5PQ

N’hésitez pas non plus à visiter le Blog Médiapart d’Yves Faucoup

Enfin je profite de cette occasion pour remercier l’équipe de Médiapart de nous avoir donné a possibilité de parler des services sociaux, du travail de celles et ceux qui les font vivre. De donner à voir des perspectives pour un service public répondant aux besoins des personnes, notamment celles qui sont le plus fragiles et de plus en plus en difficulté pour accéder à leurs droits.

Nous avons été accueillis chaleureusement, accompagnés avec professionnalisme. Un grand merci aux journalistes et à leurs équipes techniques qui savent mettre à l’aise les intervenants et permettent des débats sereins et argumentés où l’on a e temps d’exposer son point de vue sans être pressurés par le temps.

La double peine : Une des conséquences des violences intrafamiliales…

Aux Etats-Unis comme en Europe, Les femmes sont l’écrasante majorité des victimes de violences conjugales.  (85 pour cent  sont des femmes, tandis que 15 pour cent sont des hommes). Selon le Centre for American Progress, plus de 38 millions de femmes ont subi des violences physiques de leur partenaire à un moment donné dans leur vie, et tous les jours trois femmes sont assassinées par leur partenaire actuel ou précédent. Ce phénomène est tellement fréquent que chaque minute 20 personnes sont victimes de violence conjugale.  Une étude canadienne nous révèle que les violences domestiques augmentent de façon importante les risques pour les victimes de développer des troubles psychiatriques tels la dépression et la schizophrénie. Une « double peine » qu’il faut traiter et prendre en considération.

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Pour la création d’un « dictionnaire biographique du service social »

Voila une idée et un projet original. Celui qui consiste à rendre visible toutes les femmes (et les quelques hommes) qui ont contribué à l’émergence du service social dans ses pratiques et dans son organisation en France. Il existe aux États-Unis un site internet dédiés aux pionnières du travail social. Rien de tout cela dans notre pays. Brigitte Bouquet et Henri Pascal sont à l’initiative de ce projet qui mérite quelques  explications… Lire la suite

Auriez vous été un « visiteur du pauvre » si vous aviez vécu en 1820 ?…

Connaissez vous l’ancêtre du travailleur social ? Il est  né en 1820 «Le visiteur du pauvre»(1), c’est son nom, est un ouvrage qui peut être considéré par certains comme la première étude sociologique et économique basée sur des faits. Mais vous même, si vous aviez vécu en 1820,  auriez vous été un visiteur de pauvres ? Comment agissait-on à l’époque et comment voyait on les « indigents » et les exclus ? C’était avant la création du travail social en tant que pratique professionnelle. Mais ce travail sur le social nous éclaire particulièrement et nous rappelle que la question de «bons pauvres» et des «mauvais qui en profitent» a été posée depuis fort longtemps. Il n’est pas certain d’ailleurs que nos aïeuls aient été moins clairvoyants que nous.

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Protection de l’enfance : jusqu’où travailler avec les parents ?

De nombreux cadres et gestionnaires des politiques sociales (re)découvrent une réalité qui existe déjà depuis fort longtemps. Il demandent aux travailleurs sociaux d’être dans l’écoute, d’accompagner et «d’aller avec» les personnes qu’ils rencontrent, comme si cette pratique n’existait plus. Les référentiels de compétences rappellent cette nécessité. En protection de l’enfance, jusqu’où aller avec l’adhésion du (des) parent(s) ? C’est une question que l’on peut légitimement se poser. Elle a fait l’objet d’un échange entre des assistants sociaux réunis à Nantes le 15 décembre dernier à l’initiative de l’ANAS. Nous avions centré ce débat en réaction de l’émission polémique intitulée les enfants volés d’Angleterre. En voici quelques éléments… Lire la suite

Gare à la CAF si vous n’avez pas Internet..

Les allocataires de la CAF qui ne maitrisent pas leur messagerie ou Internet ont des soucis à se faire. C’est ce que j’en ai compris  après avoir entendu le témoignage de plusieurs assistantes sociales sur les conséquences très concrètes de cette évolution « tout numérique » engagée au sein des Caisses d’Allocations Familiales. Certains de ses agents n’y vont pas par quatre chemins. Suite à un échange de messages entre la CAF et le service social, j’ai interrogé plusieurs assistantes sociales qui me confirment bien que la numérisation des données produit des effets particulièrement négatifs à l’encontre du public le plus fragile, celui qui n’utilise pas Internet. La « fracture numérique » est bien là et elle est en train de provoquer de nouvelles exclusions Lire la suite

La grosse fatigue au travail, Vous connaissez ?

La fatigue au travail ou la fatigue  provoquée par une forme d’hyperactivité est une réalité qui concerne beaucoup de travailleurs sociaux. En, fait cela concerne beaucoup de personnes bien au delà nos professions d’aide. Les symptômes sont connus des médecins. Nombreux sont aussi ceux qui pensent que la fatigue de leur collègue est la petite sœur de la paresse.  Finalement être « fatigué » est plutôt mal vu au travail.  Mais quelles en sont les caractéristiques en travail social et sans doute dans d’autres domaines ? Lire la suite

La région PACA coupe les vivres à 14 structures d’insertion.. Violences et témoignage au Foyer de l’enfance d’Albi.. Lycéenne le jour, sans-abri la nuit

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Photo : Aurélie Grollet lors du reportage par France 3 Midi Pyrénées (Sylvain Duchampt – Xavier Marchand) (2 vidéos en bas de page)

Hommage à ces enseignants qui appliquent le principe de fraternité avec et pour leurs élèves…

Hommage en ce début d’année à ces enseignants qui déclinent et mettent en oeuvre avec et pour leurs élèves les principes de fraternité et de solidarité. En voici 3 exemples récents qui sont significatifs et porteurs d’espoir. 

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  • Education : clap de fin pour la fesséeLe Parlement vient d’interdire les châtiments corporels, auxquels ont recours 85 % des parents. L’objectif est de provoquer une prise de conscience.

 

 

Photo credit: Palladius via Visualhunt / CC BY-NC-SA

L’insertion sociale, « mal aimée » des Départements ? Et pourtant.. Visite guidée à l’UFCV de Pornichet…

Avec le RSA, les Départements, ont mis en place des actions qui visent l’insertion sociale et professionnelle des allocataires. C’est la loi. Si l’insertion professionnelle reste très souvent valorisée et subventionnée, il n’en n’est pas toujours de même pour l’insertion sociale. Certains financeurs ont parfois tendance à « mettre la pression » sur les associations qui interviennent dans le champ de l’insertion sociale. Les raisons sont explicites : La rigueur budgétaire, les attentes de résultats et une participation significatives des personnes accueillies sont les 3 principaux ingrédients qui entrent en ligne de compte dans les décisions de subventionner des structures spécialisées qui rendent compte tous les ans de leurs activités. Certaines d’entre-elles sont désormais confrontées à de fortes diminutions de subventions. Plus radical encore, un Département du Sud de la France a cessé de financer les associations issues de l’éducation populaire, souhaitant réintégrer au sein de son offre de service la totalité de l’insertion sociale. Cela peut donner des idées à d’autres Départements. C’est à mon sens une erreur et voici pourquoi.  Lire la suite