Le travail social en Europe s’adapte aux défis posés par les migrations et l’exclusion…

La société européenne change et, avec elle, la nature même du travail social. Des nouvelles façons d’agir peuvent-elles être mises en place pour répondre aux besoins des réfugiés et des communautés déplacées? C’est l’une des questions que se sont posés les délégués des associations professionnelles des pays européens qui se sont réunis ce week-end à Reykjavík, en Islande, dans le cadre de la  conférence européenne de la Fédération internationale des travailleurs sociaux (IFSW). Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour : la protection de l’enfance dans le contexte de nouveaux défis impliquant l’exclusion sociale, le numérique et la circulation d’un grand nombre de personnes dans le nord de l’Europe à la recherche d‘asile, de paix et d’une vie meilleure.
Lire la suite

La double peine : Une des conséquences des violences intrafamiliales…

Aux Etats-Unis comme en Europe, Les femmes sont l’écrasante majorité des victimes de violences conjugales.  (85 pour cent  sont des femmes, tandis que 15 pour cent sont des hommes). Selon le Centre for American Progress, plus de 38 millions de femmes ont subi des violences physiques de leur partenaire à un moment donné dans leur vie, et tous les jours trois femmes sont assassinées par leur partenaire actuel ou précédent. Ce phénomène est tellement fréquent que chaque minute 20 personnes sont victimes de violence conjugale.  Une étude canadienne nous révèle que les violences domestiques augmentent de façon importante les risques pour les victimes de développer des troubles psychiatriques tels la dépression et la schizophrénie. Une « double peine » qu’il faut traiter et prendre en considération.

Lire la suite

les travailleurs sociaux britanniques « en marche » contre l’austérité

L’Association britannique des travailleurs sociaux (BASW), ainsi que les personnes qui utilisent des services sociaux, ont organisé une marche de Birmingham à Liverpool pour appeler à la fin des politiques d’austérité du gouvernement britannique. Elle débute aujourd’hui 19 avril et durera un peu plus de sept jours. Les travailleurs sociaux, les usagers, les soignants et d’autres personnes marcheront à près de 100 miles (160 kms), visitant le long de la route les banques alimentaires et les établissements de soins et services sociaux menacés par des coupes budgétaires. elle permettra aussi d’entendre  celles et ceux dont les vies ont été dévastées par les mesures d’austérité.

Les travailleurs sociaux qui manifestent en marchant dans les rues n’en sont pas à leur première action. Les protestations et les campagnes font depuis longtemps partie des tentatives que la profession engage afin de plaider en faveur d’un monde socialement plus juste et plus équitable pour tous. Même dans les pays où les manifestations publiques sont interdites, des travailleurs sociaux facilitent de multiples façons l’organisation de manifestations pour que  les communautés travaillent ensemble pour le changement.

Au cours des dernières années, cependant, nous avons commencé à assister à des actions internationales pour un  travail social plus fort, plus coordonné, et plus audible. Les messages essentiels portent sur les politiques sociales et la possibilité  pour les communautés et les gouvernements d’agir pour un développement durable.

Ainsi par exemple la Journée mondiale du travail social le mois dernier a vu des travailleurs sociaux porter des pancartes et des revendications sous forme de propositions, en participant à des réunions communautaires et en participant à des délégations permettant de rencontrer des ministres et des responsables de l’ONU. En Autriche, au Bangladesh, au Nigéria, en Espagne et dans plus de 100 autres pays du monde, les travailleurs sociaux ont porté les mêmes messages dans la plus grande action de masse que la profession ait jamais connue.

Il peut paraître incongru pour les personnes qui ne sont pas familières avec le travail social, que des travailleurs sociaux soutiennent de cette façon, avec une marche des familles qui ont à faire avec des souffrances, des douleurs et des traumatismes tout en restant dignes. Ce n’est pas un problème au contraire. En effet ce qui distingue le travail social de nombreuses autres professions, c’est que les travailleurs sociaux reconnaissent et considèrent comme normal la nécessité d’agir pour transformer les structures sociales pour aider ces familles – et leurs communautés dans leur ensemble – afin qu’elles puissent grandir et  prospérer.

Du point de vue du travail social, les actes de solidarité et de protestation pacifique sont nécessaires pour pour que puissent à court terme se mettre en place des réformes sociales. L’action collective brise les barrières de l’isolement social, l’impuissance et la dépendance. Cela permet de démontrer aux personnes qui vivent l’exclusion qu’elles ne sont pas seules et que chaque voix compte pour ouvrir des  perspectives. Les actions de protestations rappellent à tous que ce ne sont pas les personnes qui sont responsables de leurs malheurs, mais les systèmes sociaux qui  les mettent en échec.

La marche organisée par l’association des travailleurs sociaux britannique BASW n’est qu’un exemple de l’ambition d’un travail social plus large qui vise à transformer notre société pour l’améliorer. Sur cette marche, les professionnels et les personnes qui utilisent les services sociaux partageront un message essentiel: construire des services sociaux autour des besoins réels et des aspirations des communautés qu’ils servent et ne pas refuser l’assistance à ceux qui sont désespérés.

La marche contre l’austérité « BASW Boot Out Austerity » a lieu du 19 au 26 avril. Découvrez en plus en cliquant sur ce lien.

Ce texte est une traduction librement adaptée d’une tribune de Rory Truell secrétaire général de la fédération internationale du travail social

Le décret sur la fermeture des frontières aux Etats Unis vivement dénoncés par la Fédération internationale du travail social et l’association internationale des écoles de travail social..

Deux communiqués distincts pour un même sujet. La Fédération Internationale du Travail Social s’en prend aux décisions du président des Etats-Unis Donald Trump qui ferme les frontières et provoque un certain désordre en remettant en cause de nombreux acquis sociaux. De son coté l’Association Internationale des Écoles de Travail Social (IASSW) condamne vivement  la fermeture des frontières  et les discriminations qui vont avec. L’association vous invite à témoigner face aux difficultés posées par ces mesures qui perturbent la libre circulation en direction des États-Unis.  Lire la suite

Vous ne reconnaissez pas cette Amérique? Voici pourquoi vous ne devriez pas vous en détourner.

Cette tribune intitulée « Don’t Recognize This America ? Here’s Why You Shouldn’t Turn Away »est signée Gary Bailey, ancien président de l’association internationale du travail social. Elle est parue récemment dans le Huffington Post et mérite notre attention. En voici l’essentiel :  » La nuit dernière alors que je regardais l’élection se faire, j’ai pensé à la scène de Charles Dickens “A Christmas Carol” où Ebenezer Scrooge est visité par le Père Noël. Quand Scrooge le rencontre, il est choqué quand il voit deux enfants sauvages vêtus de lambeaux qui tombent de la robe du géant. Il pense que ces enfants doivent appartenir au géant, mais celui-ci dit à Scrooge que ce sont des hommes. Le géant explique que le garçon s’appelle Ignorance. “Méfiez-vous des deux, mais surtout  méfiez-vous de ce garçon …” Je ne peux pas m’empêcher de penser à cette scène alors que le résultat de cette élection nous confronte aujourd’hui en tant que nation.

Je me demande comment un homme qui parle explicitement de maltraiter des femmes, qui est ouvertement raciste et un intimidateur, avec un tempérament provocateur, approuvé par le Ku Klux Klan, avec des pratiques commerciales obscures, qui n’a réellement prévu  aucun plan d’actions  politiques autres que l’agressivité, peut devenir un président élu par la nation la plus puissante sur terre ?

Pour d’autres il y a une réalité plus récente – impossible à nier ou à ignorer –  c’est le fait que nous sommes en fait une nation très divisée. Pendant les huit dernières années, nous avons observé que l’Amérique se rapproche de cet abîme. Maintenant au moins beaucoup peuvent voir ce qui a été contesté et rejeté: les questions de race et de classe restent  vraiment importantes dans ce pays. Aujourd’hui, je me souviens d’une de mes citations préférées par Frederick Douglas d’un discours qu’il a donné en 1857 :

« Permettez-moi de dire un mot sur la philosophie de la réforme. Toute l’histoire du progrès de la liberté humaine montre que toutes les concessions obtenues  sont nées d’une lutte sérieuse. Le conflit est fait de passions, il nous agite, il est absorbant, et pour le moment, nous mettons tous les autres tumultes de coté. Il faut le faire sinon cela ne sert à rien. Sans lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui prétendent favoriser la liberté et dédaignent l’agitation sont des hommes qui veulent des récoltes sans labourer le sol ; Ils veulent la pluie sans le tonnerre et les éclairs. Ils veulent l’océan sans le terrible rugissement de ses vagues et de ses courants marins. Cette lutte peut être morale, ou physique, et peut être à la fois morale et physique, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans demande. En Découvrant ce à quoi tout peuple se soumet tranquillement, vous découvrez la mesure exacte de l’injustice et du mal qui leur est imposé, et cela continue jusqu’à ce que mette en place une résistance avec des mots ou des coups, ou avec les deux. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment« .

Ce cycle électoral a tenu lieu de miroir à toute notre nation – il a été pénible pour beaucoup d’entre nous de voir ce qui se reflète. Nous devons regarder honnêtement le mal et la peur qui ont provoqué un tel vote de la part de tant de personnes. Ces sentiments sont aussi très réels. En fin de compte, il ne peut y avoir de réconciliation sans confrontation avec la vérité, aussi dérangeante  et laide qu’elle puisse paraître.

La vérité est que nous sommes une nation profondément divisée. Cela a été mis en évidence par un cycle électoral axé sur les pires aspects de la division raciale et sexuelle dans notre société. Ces thèmes ont été mis au centre du dialogue national. À mon avis, ce n’est que lorsque nous reconnaissons et nous nous confrontons à ces réalités que nous pouvons, en tant que nation, commencer le chemin qui va vers une véritable réconciliation et vers le progrès.

Alors, malgré la détresse que je ressens personnellement, je me suis levé ce matin, je suis venu travailler et j’ai  remonté mes manches en me rappelant les paroles d’une chanson écrite par Joan Baez en 1976 :

Ne  laisse personne, me dérouter
fais-moi bouger, fais-moi bouger
Ne  laisse personne, me dérouter
Continue à marcher, continue à parler
Va construire un tout nouveau monde. »

gary-baileye

Gary Bailey MSW, ACSW est professeur de travail social à la Simmons School of Social Work  ancien président de la Fédération internationale des travailleurs sociaux. Il est un expert dans les questions liées à l’intersection de la race, le sexe et l’orientation sexuelle. 

 

Photo : Donald Trump: I don’t want David Duke’s endorsement – POLITICO politico.com

 

Lettre ouverte d’un travailleur social américain à Donald Trump futur président des Etats Unis.

Cette lettre a été publiée par le Huffington Post, avant l’élection surprise du milliardaire américain. Elle nous permet de comprendre ce que peut ressentir un  travailleur social « thérapeute » qui intervient aux Etats Unis :

« Cher M. Trump,

J’espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé. Je fais partie d’une profession étrange. Je suis un travailleur social. Ce qui rend étrange dans notre profession, c’est qu’en tant que groupe, nous avons souvent des réponses peu conventionnelles face aux expressions des sentiments des personnes que nous rencontrons. En fait, j’ai connu cela depuis ma prime jeunesse, bien avant que je devienne un travailleur social…. Lire la suite

Pourquoi aux Etats Unis, les grandes compagnies privées font-elles appel aux travailleurs sociaux ?…

La demande de travailleurs sociaux n’a jamais été aussi grande aux Etats Unis. Le Bureau américain des statistiques du travail prévoit une croissance de l’offre d’emploi de 19% plus importante que la croissance moyenne de l’emploi jusqu’en 2022. Lire la suite

Protection sociale au Pays de Galles : « le Brexit pose des risques pour la dotation en personnel des services sociaux »

Dans un entretien donné au journal britannique The Gardian, Neil Ayling, président de l’Association des directeurs des services sociaux, est intervenu au sujet de l’impact du référendum sur l’UE. Pour lui,  « le Brexit est incroyablement risquée tant pour la santé que pour les services sociaux ».  Extraits..
Lire la suite

10 raisons essentielles qui vous font aimer être travailleur social…

Avec tout ce qui se passe aujourd’hui et ce que l’on dit dans les médias actuellement, il  parait bon de rappeler quelques vérités sur ce que nous apporte notre travail. Vous doutez ? prenez connaissance de ce qui vous anime et partagez le avec vos collègues !  Lire la suite

Quel est le rôle du travail social : changer la société ou aider les personnes ?

le travailleurs social est-il prioritairement là pour aider au changement de société et à son évolution ou doit-il limiter son intervention à l’aide aux personnes ? Telle est la question qui a été posée aux travailleurs sociaux de tous pays réunis lors d’une conférence mondiale à Séoul, en Corée du Sud. C’était la semaine dernière Plus de 200 pays y ont participé. Cette conférence internationale du travail social à l’initiative de l’IFSW  a abordé la question de la place et du rôle des travailleurs sociaux  dans un monde en mutation. La réponse penche dans le sens de l’investissement pour un changement social. Cela mérite quelques explications…
Lire la suite

Le travail social, dans quel état ?? Toujours debout ! « Pratiques indignes » dans des hôpitaux psychiatriques. Entretien avec l’AS, il sort un pistolet et les cartouches..

et ailleurs…

  • Genève : « Guillotiner le travail social ne se fera pas sans conséquences ». Au centre des préoccupations mises en avant par les travailleurs sociaux: la logique de tri à laquelle ils doivent se soumettre. Par exemple, un travailleur du service de la protection des mineurs (SPMI) gère, en moyenne, une centaine de cas. «Comment faire un choix entre plusieurs situations précaires en étant humain? Nous refusons d’opérer une sélection et souhaitons accompagner tout le monde»
  • Qui se préoccupe des services sociaux à Québec ? Les services sociaux font de plus en plus office de parent pauvre dans le tandem santé et services sociaux.
  • Suisse : « Les 10 bonnes raisons de voter OUI au Revenu de Base Inconditionnel »Je sais ce que vous vous dites, “ça y est, il est devenu hippie utopiste à fumer des trucs bizarres toute la journée en contemplant sont potager indien…”. Mais non, je suis toujours un entrepreneur “social-capitaliste” et voici les 10 raisons pour lesquelles je pense que le Revenu de Base Inconditionnel est une bonne chose. Ne pensez pas à la somme, ni au comment, essayez juste d’imaginer votre vie à n’importe quel instant avec un revenu non-négligeable en plus de votre salaire.

 

Photo : Devant les locaux du ministère le 23 mai dernier source  : page Facebook de Cla Sylvr

Solidarité : lorsque la France est regardée avec envie aux Etats Unis…

Les mesures prises dans notre pays pour lutter contre le gaspillage et pour aider les plus démunis font le buzz outre Atlantique. Facebook est le vecteur de cette information qui vise à étendre cette pratique dans les autres pays et les différents états des Etats Unis ainsi qu’au Canada. Mais de quoi s’agit il exactement ? Lire la suite