Didier Dubasque
Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Aurore Bergé, désormais ministre des Solidarités : le parcours d’une femme de pouvoir.

Aurore Bergé, est une figure politique qui a longtemps été perçue comme une opportuniste prête à tout pour accéder au pouvoir. Elle a réussi à faire taire ses détracteurs au sein de la majorité. Elle a entamé sa vie militante en 2002 lors de la fondation de l’UMP. En 2010, diplômée de Sciences Po Paris, elle tente sans succès de s’emparer de la présidence des « Jeunes Pop' », l’organisation de jeunesse du parti. Son parcours est ensuite marqué par des alliances successives avec Alain Juppé puis Nicolas Sarkozy et enfin François Fillon. Son parcours sinueux avait en son temps suscité des inquiétudes et des sarcasmes, y compris au sein de la majorité.  Pourtant, elle a su faire oublier ces antécédents en rejoignant énergiquement La République en Marche, défendant farouchement son point de vue dans les médias lorsqu’elle présidait le groupe de la majorité à l’Assemblée Nationale.

Pas de compromis

Aurore Bergé se dit dévouée corps et âme à la cause du Président de la République. « j’ai tout donné à la Macronie  » avait-elle même déclaré. Elle est aussi reconnue pour sa poigne et son absence de compromis. Elle a été par le passé chargée de la cellule « riposte » de LREM, une mission de « snipeuse » qui, selon les journalistes, lui convenait parfaitement. Très présente sur les réseaux sociaux, sa pugnacité s’inscrit dans la logique d’un parcours de communicante dans le privé pour les agences Spintank puis Hopscotch. Cette expérience lui permet de maitriser les codes de la communication et des usages des réseaux sociaux où elle se met en scène.

En tant que présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée Nationale, elle s’est aussi imposée comme une courroie de transmission inflexible du chef de l’État. Ses attaques virulentes contre les députés de la France Insoumise ont été bien accueillies par le président, qui apprécie sa capacité à faire le buzz et à marquer sa présence.

Sa récente nomination au ministère des Solidarités est l’aboutissement d’un long combat pour obtenir un poste clé au sein de la majorité. Après avoir été écartée lors de la nomination du Gouvernement Castex, ce qui fut pour elle incompréhensible (stupéfaite de ne pas avoir été nommée ministre de plein exercice). Aujourd’hui, elle tient aujourd’hui sa revanche.

Une femme politique clivante et offensive

Elle est aussi une redoutable débatteuse qui sait faire passer ses messages à travers les médias quitte à ce que ce soient des approximations. Il faut aussi préciser qu’elle a été la cible de rumeurs inconsidérées et mensongères sur les réseaux sociaux. Ces attaques contre elles sont portées par une partie de l’extrême droite qui n’hésite pas à publier de fausses déclarations qui lui sont attribuées. Mais sur certains sujets, elle n’a pas hésité à faire diversion avec des propos parfois outranciers en dénonçant par exemple une bataille de chiffonniers au sein de l’assemblée en plein débat sur les retraites, en réagissant à un fait divers. Tout cela nous éloigne d’une pratique raisonnée et raisonnable de la politique au sens noble du terme.

Issue de la droite, qui prône la fermeté et les sanctions, elle est désormais ministre des Solidarités. Elle va pouvoir exercer ses talents et sans doute nous expliquer pourquoi il faut sanctionner les allocataires du RSA qui ne respectent pas les contrats qui leur sont imposés ou punir les parents d’enfants délinquants pris en défaut d’éducation.

Cependant, il faut rester circonspect, car elle peut surprendre. Elle garde une capacité à changer de cap maintenant qu’elle a obtenu un ministère de plein exercice. Espérons que, ayant eu ce qu’elle souhaitait depuis longtemps, elle se consacre pleinement aux sujets qui concernent son ministère sans le mal-traiter. Parce que, c’est certain, Aurore Bergé est pour ses admirateurs un exemple de détermination. Une détermination qui ne laisse pas de place au doute. C’est aussi une libérale déclarée qui se revendique féministe.

Son parcours, bien que controversé, témoigne d’une volonté de fer de se hisser au sommet du pouvoir. Reste à voir comment Aurore Bergé utilisera cette position pour faire avancer – ou pas – les causes de la Solidarité. Et là, rien n’est certain. Notre secteur n’a pas besoin de discours clivants. Il attend des actes et des engagements qui tardent à venir.

Photo : capture d’écran vidéo Youtube – Aurore Bergé : mes vœux pour 2023 !

Partager

Articles liés :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Catégories
Tous les sujets
Rechercher