Assistante sociale… au cœur de la crise sanitaire / La protection de l’enfance tente de s’adapter et a besoin de vous !

Assistante sociale… au cœur de la crise sanitaire

L’ANAS vient de publier le témoignage d’une assistante sociale qui travaille en établissement de santé dans l’Oise. Elle a besoin aujourd’hui de partager avec ses pairs ce qu’elle vit depuis quelques semaines.

« J’ai pris conscience que la crise était là lorsqu’une collègue infirmière dans un autre établissement que le mien m’a envoyé un message «on a déclenché le plan blanc, c’est difficile». Succinct, loin et proche à la fois mais surtout, nous avons la même patientèle, je comprenais que c’était une question d’heures avant que l’on soit impactés ».

Il y a  « les premiers entretiens avec des familles et des patients résidant le premier cluster de France. Les premières mesures d’isolement, et surtout le sentiment que ces personnes me livrent d’être «des pestiférées». écrit-elle. …/… « Le téléphone se met rapidement à sonner, sans cesse. Les familles ont besoin d’être rassurées, passant d’une résolution à l’autre au fil des événements. Elles trouvent en nous l’oreille attentive. Je me vide de recevoir tout cela mais je comprends que notre profession est en fait en première ligne »

 « La question de la charge mentale n’a jamais été aussi palpable pour moi, je refuse d’abandonner ma tâche et de voir sortir les patients dans de mauvaises conditions et en même temps, je m’adapte au fil des informations, des décisions… Et là, je comprends combien la confraternité est une valeur essentielle à mon métier ».

« Merci aux collègues assistants sociaux qui partagent leurs oreilles attentives et bon courage à tous ceux qui sont impactés de près ou de loin par cette crise sanitaire » conclut-elle. (lire le témoignage de CC assistante sociale hospitalière)

Écoles fermées : la protection de l’enfance tente de s’adapter

« Difficile de demander par téléphone, même pour quelques minutes, des professionnels de la protection de l’enfance, en ce lundi 16 mars. « On est sous l’eau ! »« Rappelez la semaine prochaine »… En ce jour de fermeture des établissements scolaires « jusqu’à nouvel ordre », il faut en effet revoir bien des organisations, dans les hébergements aussi bien que dans les services de milieu ouvert, ainsi qu’auprès des assistants familiaux ou en prévention spécialisée ».

Le Média Social a fait le tour de la question : les personnels de la protection de l’enfance, jusque-là, ne bénéficient pas du service de garde d’enfant, désormais proposé à leurs collègues médico-sociaux ou sanitaires.

Les porte-parole des services d’intervention à domicile et des assistants familiaux doivent être réunis jeudi 19 mars précise Olivier Bonnin qui a aussi interrogé le ministère de la Santé et des Solidarités «Si des difficultés sont remontées à l’occasion de ce premier bilan, tout sera mis en œuvre pour apporter au cas par cas le soutien adéquat en lien avec les préfets, les agences régionales de santé et les départements concernés» indique le ministère.

Olivier Bonnin est aussi allé enquêter du coté de la PJJ et du ministère de la Justice qui a précisé le dimanche 15 mars que « l’accueil des mineurs confiés à la protection judiciaire de la jeunesse », notamment, doit pouvoir être maintenu …/… « avec des mesures de précaution (suspension des activités collectives à l’extérieur des établissements et contrôle sanitaire étroit des activités collectives à l’intérieur des établissements) » (lire l’article du Média Social)

L’appel du GEPSO

Le Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (Gepso) dans un communiqué publié le 16 mars indique que « les établissements publics sociaux et médico-sociaux s’organisent pour assurer la continuité de service et limiter l’impact de la crise sur les personnes accompagnées. Il est en effet vital que la crise sanitaire n’affecte le devoir de protection des plus vulnérables. » écrit le  GEPSo qui représente près de 250 établissements du secteur public social et médicosocial.

« Les enfants placés relèvent de dispositifs d’accueil et d’hébergement comparables au champ du handicap, avec un accueil en internat 365j/365j et sont, pour 30% d’entre eux, les mêmes enfants que ceux accueillis en établissement médico-social (I.M.E, ITEP etc.). Il y a donc lieu de s’étonner que les professionnels des établissements publics de protection de l’enfance ne soient pas à ce jour prioritaires de ce système de garde » s’inquiète le groupement qui participera au temps de travail proposé par le Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien TAQUET ce mardi.

Il existe néanmoins un certain nombre de leviers à activer pour permettre aux établissements d’assurer une organisation viable dans la durée. Le GEPSo les énumère  avec :

  • La possibilité d’une mobilisation des étudiants des écoles de formation (type IRTS) permettrait d’étoffer les équipes
  • Un appel large aux professionnels compétents de l’animation
  • L’appui des professionnels de la territoriale
  • Le développement de dispositifs de coopération renforcés entre le social, le médico-social et l’éducation nationale

(lire le communiqué du GEPSo)

La protection de l’enfance a besoin de vous.

L’Association Départementale d’Entraide des Personnes Accueillies en Protection de l’Enfance (ADEPAPE13) vient de lancer un appel à bénévolat pour soutenir les travailleurs sociaux.

« La crise sanitaire nationale que vit la France amène toutes les instances sociales à s’adapter. Au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, ces derniers ne vont plus à l’école. Nous le savons les protéger est la priorité » indique l’association. « Cependant, les travailleurs sociaux en exercices ne sont pas suffisamment nombreux pour s’occuper et prendre soin de plusieurs têtes en même temps. Ne pas aller à l’école est un fait, que les enfants ne s’ennuient pas en est un autre.

Le constat étant que les éducateurs vont très rapidement être débordés. De même pour les assistants maternels et familiaux. L’ADEPAPE 13 lance un appel à vous, à vos compétences, vos connaissances et vos capacités mais surtout à votre altruisme, celui de venir bénévolement en renfort dans la structure la plus proche de chez vous.

Un questionnaire en ligne à remplir suit cette proposition d’engagement bénévole (aller sur le communiqué et formulaire de l’ADEPAPE)

Ces informations n’aborde pas ou peu la nécessité de protéger du virus les professionnels de la protection de l’enfance en leur fournissant du matériel adéquat.  Il semble que cela ne soit pas le cas dans de nombreux établissements. A défaut de moyens de protection certains envisagent de faire appel au « Droit de retrait » comme le demandent les chauffeurs de la RATP.

 

photo :  Designed by Freepik – www.freepik.com

Note :  cette revue de presse a été rédigée le 16 mars à 17h30

Revue de presse réalisée avec le concours de Michelle Verrier Flandre  Merci pour sa veille informative…

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3 réponses

  1. Bonjour
    Je suis Assistante sociale diplômée d’Etat et je suis actuellement au chomage donc, disponible.
    Comment puis-je vous être utile?
    J’ai déjà travaillé à la protection de l’enfance
    Je suis à votre service

  2. Les Educs, AF,TS… se trouvent confrontés à des détresses qui nécessitent beaucoup de compassion, d’amour… qu’il faut témoigner à 2 m de distance. Une cruauté qui demande beaucoup d’accompagnement pour ces personnes…alors que les services se désertifient. La crise actuelle est une caisse de résonance hurlante pour ces enfants…du drame de leur vie…qui fait écho chez les professionnels de ces services…

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